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08/12/2017 09h:58 CET | Actualisé 08/12/2017 10h:33 CET

"J'ai été victime d'une tentative d'assassinat au train TGM"

tobi via Getty Images

Dimanche après-midi, je rentre d'une randonnée. Au lieu de prendre un taxi comme d'habitude, je remarque, qu'à la Marsa, il y a encore du monde.

Je décide de prendre le train TGM. Nous les banlieusards, on a l'habitude de le prendre sans tracas et en toute confiance. Je monte. Je mets mon kit et j'écoute tranquillo la radio.

À la Station Salamboo, trois jeunes hommes montent. Ils se dispatchent dans le wagon; Un comportement qui me met la puce à l'oreille.

Ils sont en train de monter un complot, mais comment réagir? Je manque de réactivité. Je ne me suis jamais sentie aussi visée.

Deux d'entre eux se mettent dans des sièges en face de moi et le troisième derrière moi. L'un d'eux orchestre/pilote l'affaire avec ses yeux.

Je le fixe du regard. Je serre mon cartable contre moi. Je mets ma main gauche dans mon blouson en agrippant mon téléphone.

Arrivé à la station du Kram, l'un m'arrache le téléphone et les deux autres le couvrent. Je ne suis pas de nature à me laisser faire. Je l'attrape par la main. Vu mon gabarit j'arrive à le retenir.

Les autres agresseurs révoltés commencent à me donner des coups un peu partout mais je résiste en honneur à ce sang qui coule dans mes veines.

On me frappe alors de derrière à la tête. je perds conscience.

Dans le wagon, il y a une vingtaine d' "hommes", ironiquement indifférents face à tout ce qui se passe sous leurs yeux.

Je suis la seule femme dans ce maudit wagon. L'indifférence et la lâcheté de ces individus sont révoltantes. On continue à me tabasser. On me traîne tout au long du quai. Et au final, on me jette sur les rails du train.

Je reprends conscience entourée d'une foule de personnes. J'ai du sang partout. On appelle la police, le SAMU, et la protection civile.

On me demande de me rappeler d'un numéro. J'appelle maman. Là, on lui explique que j'ai été victime d'un vol de téléphone, sans plus.

Maman pense que je suis en train d'attendre qu'on vienne me chercher à la gare, sans plus.

Elle envoie mon père et mon frère. Ils arrivent. Papa, en voyant cette foule, ce bruit, et ces agents de sécurité et d'aide médicale, ralentit avec des idées pétrifiées et une peur bleue qui lui parcourt le corps. Il n'ose pas avancer. Il craint le pire et s'accorde le bénéficie du doute. Il me pensait déjà morte.

Je réagis avec mon frère. Papa se met contre le mur et remercie les cieux de me voir respirer. On me transporte aux urgences. Aujourd'hui, je me retrouve avec des hématomes, des blessures, des points de suture, entorse des deux chevilles,etc.

Je marche à peine. Je suis en train de suivre l'affaire pour tentative d'assassinat. Je ne lâche pas prise. J'ai de la chance d'être encore en vie. Le taux de criminalité augmente en exponentiel. Le pays se heurte à un état d'insécurité hallucinant. On a mit la lumière sur les droits et libertés, ce qui est bien, mais on a oublié que sans le droit à la sécurité, qui reste tout de même un droit, on risque de perdre ce qui nous est le plus cher: la vie.

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