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27/10/2014 19h:13 CET | Actualisé 27/12/2014 06h:12 CET

Le préscolaire doit devenir une priorité pour l'éducation nationale

ÉDUCATION - L'abandon scolaire au primaire reste un des problèmes majeurs du Maroc où près de 350.000 enfants quittent l'école chaque année avant l'âge de 15 ans. Une situation qui devient alors irréversible et qui entraîne l'analphabétisme à vie, la rue et son cortège de délinquance, de drogues, de chômage ou d'envie d'émigrer.

ÉDUCATION - L'abandon scolaire au primaire reste un des problèmes majeurs du Maroc où près de 350.000 enfants quittent l'école chaque année avant l'âge de 15 ans.

Une situation qui devient alors irréversible et qui entraîne l'analphabétisme à vie, la rue et son cortège de délinquance, de drogues, de chômage ou d'envie d'émigrer.

Les causes de ces chiffres alarmants sont évidemment tout aussi complexes que multiples et varient selon les cas. Ainsi, l'une des manières de résoudre ce problème serait la généralisation du préscolaire au niveau national.

Le préscolaire en piteux état

Le préscolaire, et c'est peu de le dire, est dans un état lamentable dans le royaume. Selon une étude du ministère de l'éducation nationale en collaboration avec l'UNICEF, près de 40% des enfants de 4-5 ans, soit 458 000, n'ont fréquenté aucun établissement préscolaire en 2012-2013. Aujourd'hui, le taux national de préscolarisation n'est que de 59,7% et il n'a guère évolué depuis 2005-2006.

Pire, ce dernier a même connu une régression notable de plus de 10%. Le plus consternant dans cette histoire est qu'il n'existe aucun établissement préscolaire public. Les chiffres sont encore plus inquiétants au niveau rural où le taux de préscolarisation n'atteint que 39,4% et ne dépasse pas les 25,5% chez les filles.

"Le préscolaire n'est pas du gardiennage"

Pour l'association Jiwar éducation et développement, qui lutte contre l'abandon et l'échec scolaires, il ne fait aucun doute que cette situation déplorable est à l'origine de l'abandon scolaire. Pour l'Association, le préscolaire n'est pas simplement du gardiennage. C'est le lieu où on inculque à l'enfant des compétences et où on lui apprend à devenir un élève, ce qui le mettra dans les meilleures conditions à son entrée au primaire.

Cela lui permettra également de rattraper son retard par rapport aux autres enfants privilégiés.

Un constat que partage également la représentante de l'Unicef au Maroc, Regina De Dominicis, qui souligne que "l'analyse de la situation nous montre que l'absence d'accès au préscolaire constitue un premier handicap que l'enfant traîne durant toute sa scolarisation par la suite et cause, par effet mécanique, un retard d'accès au primaire".

Lutter contre l'échec scolaire

Par exemple, si l'on prend un enfant berbérophone âgé de 6 ans arrivant dans une classe bondée où on lui parle une langue qu'il ne maîtrise pas, il ne faudra pas s'étonner de le voir quitter cet environnement qu'il considère comme hostile. L'enfant est déjà en échec! Le préscolaire a pour but, entre autres, d'accompagner l'enfant vers la langue d'apprentissage de l'école primaire qui est l'arabe classique.

L'association Jiwar éducation et développement, qui dispose d'une expérience de dix-huit ans dans le domaine, a supervisé 2600 enfants qui sont passés par le préscolaire et qui font partie actuellement des meilleurs enfants de leurs classes. Pas un seul n'a quitté l'école à ce jour.

Les recherches sur les avantages du préscolaire sont nombreuses et arrivent toutes à la même conclusion : les enfants qui ont bénéficié d'une éducation préscolaire ont acquis des compétences qui leur ont permis de mieux réussir en classe. Ainsi, le gouvernement, s'il veut s'atteler sérieusement aux problèmes de l'abandon scolaire, doit faire du préscolaire une priorité nationale.

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