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07/02/2017 06h:36 CET | Actualisé 08/02/2018 06h:12 CET

Benkirane contre les moulins à vent

Sergio Perez / Reuters

POLITIQUE - Benkirane ne serait-il pas entrain de "se battre contre des moulins à vent"? La réforme ne serait-elle qu'un rêve dont le combat a peu de chance d'aboutir?

Alonso Quijano, pauvre Hidalgo, songeant de gloire et de changement, se fait passer pour un chevalier errant, un pasteur, et un chercheur d'aventures. Des aventures utopiques déchues du moindre sens de proportion.

La quête de la "réforme" serait-elle une des aventures vaines de Benkirane? Oui, puisque le caractère chevaleresque de ses idées symbolise une "renaissance" dont il partage l'optimisme presque aveugle, tandis que le malaise général règne dans les esprits, mais aussi les porte-monnaie de la classe populaire.

Don Quichotte prend les tavernes pour des châteaux, les moulins à vents pour des géants, un troupeau de brebis pour une armée en marche. Au lieu d'aider les "gagne-petit", il attaque les inoffensifs en rendant encore pire le sort des démunis qu'il souhaitait soulager.

Benkirane vit donc dans une illusion perpétuelle, et devient le symbole des utopistes aux idées nobles, exaltées, qui luttent contre la société: Benkirane, Don Quichotte des temps modernes.

Une vraie réforme suscite une vraie action. Une réforme qui distingue entre action, acte, activité. Avec cette question, nous pénétrons dans les arcanes de la philosophie de l'action. Mais aussi dans l'impasse de Benkirane qui se contente de rêver, rêver d'une réforme possible, d'une réforme dont lui seul connaît les allures. Ainsi, son option politique vend des rêves, des rêves à celles et ceux qui veulent rêver...

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