LES BLOGS
04/02/2017 07h:36 CET | Actualisé 05/02/2018 06h:12 CET

Benkirane 3... L'acte le plus long d'une tragédie politique

POLITIQUE - Time goes by... Nous sommes à 4 mois des élections du 7 octobre 2016, le "citoyen" marocain semble oublier ou presque qu'il vit sans gouvernement. Un droit à part entière, mais qui s'estompe derrière une succession d'événements amnésiants.

Susana Vera / Reuters

POLITIQUE - Time goes by... Nous sommes à quatre mois des élections du 7 octobre 2016, le citoyen marocain semble oublier ou presque qu'il vit sans gouvernement. Un droit à part entière, mais qui s'estompe derrière une succession d'événements amnésiants.

Alors que voter est un devoir civique comme le stipule la constitution, le droit à un gouvernement reste en suspens, bien qu'il soit le garant d'une certaine stabilité sociale, politique et économique, d'un État de droit.

Le désintérêt et l'insouciance envers la politique ne seraient que l'effet mais aussi la conséquence de ce ralentissement inhabituel dans la vie politique au Maroc. COP22, interdiction de la vente de la burqa, fermeture des établissements "Mohammed El Fatih", batailles entre politiques, dépressions footballistiques et débat sur la grêle et la neige... Le gouvernement Benkirane 3 semble être l'acte le plus long de cette tragédie.

Insouciants, les citoyens cèdent au jeu et participent à leur tour à la théâtralisation de la vie politique, à travers les réseaux sociaux, les tweets, les snaps, les guignols mais aussi les trolls, convaincus que la realpolitik au Maroc est un artefact.

Ce statu quo ne gêne en rien les Marocains, qui parfois se mesurent à l'Espagne, qui elle aussi a vécu le plus long blocus politique de son histoire, un peu plus de cent quatre-vingts jours après le précédent scrutin parlementaire qui n'a pu dégager aucune majorité claire au Congrès des députés.

Cette manie de regarder chez le voisin pour vérifier que l'herbe n'est pas plus verte ailleurs... Autrement dit, le Marocain compare et jauge son malheur en fonction de celui d'autrui.

Sur la toile, les Marocains reprennent les hashtags des répliques signées Benkirane, se partagent les communiqués des partis d'un ton satirique et font leurs propres analyses, manifestent leur désinvolture et concoctent leurs propres passe-temps... Encore quelque grain pour subsister jusqu'à la saison nouvelle.

LIRE AUSSI:De la démocratie, version marocaine