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19/10/2015 08h:10 CET | Actualisé 19/10/2016 06h:12 CET

Le 10 décembre: Une célébration populaire pour relancer l'espoir

Quelle belle surprise

Cette journée de travail du 9 octobre n'a pas été interrompue par l'acte d'un ou plusieurs fous attaquant lâchement un homme politique, un groupe de touristes sur une plage ou dans un musée ou des membres des forces de l'ordre. Non cette journée a été interrompue par l'annonce d'une formidable marque de soutien à l'expérience de transition démocratique en Tunisie: l'attribution du prix Nobel de la paix au dialogue national en Tunisie et au quartet, sa cheville ouvrière.

Une consécration largement partagée

Cette reconnaissance dépasse le seul quartet sans vouloir diminuer le rôle majeur joué dans ce processus. Elle concerne également différents types de contributeurs ayant œuvré à la conceptualisation des mécanismes, au rapprochement des points de vue ou simplement à la participation ou non au processus.

Ce prix récompense en effet l'ensemble des acteurs en incluant les parties ayant refusé d'y participer ainsi que celles qui se sont désolidarisées de ses décisions. Il revient également en grande partie aux deux grands-pères de la scène politique tunisienne; le président Beji Caid Essebsi et le cheikh Rached Ghannouchi à l'initiative de l'approche par le consensus dès leur rencontre de l'été 2013 à Paris.

Célébrons ce formidable coup de pouce...

L'académie Nobel joue le rôle dans cette opération de porte-parole de la communauté internationale. Ce message de soutien à l'expérience de transition politique cache en effet d'autres messages d'exaspération voire d'incompréhension liés à la lente avancée des autres chantiers de la transition notamment dans les champs économiques et sociaux.

Ce sentiment d'exaspération est également partagé par la majorité des tunisiens en raison de l'absence d'effets de cette transition sur leur quotidien exacerbée par le sentiment de détérioration de la sécurité et de l'inflation galopante des prix. Il était pourtant clair que cette transition politique ne pouvait se transposer dans le champ économique et social dans le court terme.

L'incapacité des différents gouvernants depuis la révolution de 2011 à mener à bien un quelconque semblant de début de réforme aggrave un peu cette analyse. Cette incapacité à réformer s'est combinée à l'essoufflement de l'espoir liée entre autres à l'absence de célébration populaires des différentes réalisations comme l'adoption de la constitution ou de l'organisation des différentes élections. Cela n'a pas permis d'entretenir le formidable espoir visible pendant les premières semaines suivant la révolution.

...en assimilant le message subliminal de la communauté internationale

La cérémonie de remise du prix représente une formidable occasion de relayer le parti de l'Espoir grand absent de la scène politique tunisienne. Cette responsabilité de relancer le positivisme dans un environnement dominé par le négativisme incombe en premier lieu aux autorités mais également aux autres composantes de la communauté nationale.

L'organisation de grandes festivités en associant une large partie de la population avec une attention particulière pour les jeunes permettrait en effet de ressouder les liens de notre communauté nationale. Le drapeau national demeure probablement le meilleur emblème de ce type de festivités. Une retransmission sur écran géants suivie par des concerts pourrait être organisée sur tout le territoire notamment sur l'avenue Bourguiba. Des artistes tunisiens ou étrangers exprimeraient cette joie soutenue par les entreprises pour l'organisation pratique.

Un effort collectif comprenant les entreprises, les écoles, les universités, les associations, les partis politiques ainsi que les organisations syndicales est nécessaire pour réussir cette opération. Ces organisations pourrait mobiliser leurs partenaires au-delà de nos frontières afin d'entretenir cette vague positive oh combien nécessaire à notre Tunisie.

Faire entrer la Tunisie dans le XXIème siècle

Une communauté nationale ressoudée représente une formidable opportunité pour ceux qui gouvernent de mener à bien les différents chantiers de réformes. Le diagnostic largement partagé de la situation et les différentes réflexions menées depuis 2011 constituent une excellente base de départ pour ce faire. Une communication rondement gérée et surtout une forte dose de pédagogie seront essentielles. Cet effort nous permettra de Faire entrer la Tunisie dans le XXIème siècle pour reprendre l'ébauche de vision simple et efficace exprimée par le président Essebsi.

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