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28/10/2015 04h:33 CET | Actualisé 28/10/2016 06h:12 CET

Un "new deal": Les enjeux de la visite royale en Inde

MAP

SOMMET - C'est à la tête d'une nombreuse délégation d'affaires que Mohammed VI s'est rendu en Inde. Accueilli à sa descente de l'avion par le ministre d'Etat à l'Agriculture, M. Sanjeev Balyan, il était le premier chef d'Etat africain à arriver, dimanche 25 octobre, jour de lancement du sommet du Forum Inde-Afrique.

Cette année, la capitale indienne attend un nombre important de présidents ou chefs de gouvernement africains, parmi lesquels Buhari et Zuma, du Nigéria et d'Afrique du Sud, les deux plus grandes économies à l'échelle continentale. Aux côtés d'autres chefs d'Etat dont il est proche, y compris les présidents Sall (Sénégal), Bongo (Gabon) et Condé (Guinée), le souverain marocain apparaît comme l'une des têtes d'affiche du Forum.

Mohammed VI s'était déjà rendu, dès 2001, en visite officielle en Inde. Les deux pays ont renforcé leurs liens depuis le retrait par Delhi, en 2000, de sa reconnaissance de la République arabe sahraouie démocratique.

Pour le Premier ministre Narendra Modi, ancien ministre en chef de l'Etat industrieux du Gudjarat, les potentialités économiques du continent africain justifient pleinement les attentions particulières faites aux hôtes de l'Inde. Le chef de l'exécutif indien n'ignore pas que le partenariat indo-marocain a été placé dès les années 1950 sous les auspices de Mohammed V et de Nehru, chevilles ouvrières du mouvement des non-alignés.

Même si le royaume est moins emphatique sur ce sujet que certains de ses voisins, ses efforts diplomatiques en faveur du rééquilibrage des rapports Nord-Sud résonne agréablement aux oreilles des dirigeants indiens.

Depuis Nehru, qui était proche de Mohammed V, l'Inde considère donc l'Afrique comme un voisin proche et les grands groupes locaux s'y sont installés très tôt, dès les années 1960 pour le conglomérat géant Tata. Ce sommet Inde-Afrique affiche de grandes ambitions. Longtemps à la traîne des deux autres poids lourds asiatiques (Chine et Japon), le pays de Gandhi déploie une diplomatie à 360°: aide au développement, agriculture, échanges commerciaux et industriels, mais aussi coopération sécuritaire. C'est aussi l'occasion de fêter le cinquantenaire de l'Itec: l'Indian technical and Economic cooperation, souvent cité en exemple de coopération sud-sud.

Si l'on met de côté les différences de taille - l'Inde avec un milliard 250 millions d'habitants est le deuxième pays le plus peuplé au monde -, Rabat et New Delhi partagent un même activisme économique sur le continent et, avec ses accords de libre-échange effectifs (plus de 50) et à venir (y compris avec la CEDEAO/UEMOA), le Maroc se positionne comme un partenaire majeur. Vu de Rabat, l'Inde est le 4ème client du royaume, surtout importateur de phosphate et d'acide phosphorique. Avec un taux de couverture de 171%, le Maroc enregistre un excédent commercial d'environ 3 milliards de dirhams avec l'Inde (7,2 milliards de dirhams d'exportation pour 4,2 milliards d'importations).

Sur le plan agricole, l'Inde a très tôt fait le pari de l'usage intensif des engrais phosphatés pour assurer sa sécurité alimentaire. Et son premier fournisseur en minerai de phosphate n'est autre que l'OCP. L'Inde est un des plus gros clients de l'OCP: premier importateur d'acide phosphorique (avec plus de 40% des exportations), deuxième importateur de phosphate brut. Et ce, alors que le pays est lui-même un gros producteur. Tata Chemicals est d'ailleurs en joint-venture avec l'OCP dans IMACID qui produit de l'acide phosphorique à Jorf Lasfar.

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