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01/04/2015 09h:11 CET | Actualisé 01/06/2015 06h:12 CET

Maroc-Nigeria :Ce que change l'élection de Buhari

DIPLOMATIE - Il est le nouveau président du Nigéria, mais une vieille connaissance des élites du continent, y compris au Maroc. Muhammadu Buhari, l'homme qui a devancé le chef d'État sortant Goodluck Jonathan, a déjà dirigé le pays le plus peuplé d'Afrique de 1983 à 1985, après un putsch militaire.

Ce général à la retraite, musulman du nord du pays, devra rebâtir des relations "normales" avec le Maroc. Une urgence depuis l'incroyable imbroglio diplomatique entre les deux pays, le mois passé.

En rendant publique la demande d'entretien avec le roi Mohammed VI faite par Jonathan, et surtout en la refusant au motif qu'elle était motivée par le désir du président sortant de se montrer proche d'un chef d'État musulman, le palais royal s'était invité de manière surprise dans la campagne électorale.

Le Maroc, qui a noté, dès le debut des années 2000 la formation d'un axe Alger-Abuja-Prétoria dénonce les positions hostiles du Nigéria sur le dossier du Sahara. Le pays siège actuellement comme membre non permanent au Conseil de sécurité, et la passation de pouvoir entre Goodluck Jonathan et Muhammadu Buhari n'est pas prévue avant fin mai, bien après le vote de la résolution onusienne sur le Sahara.

On ne sait pas encore si l'alternance va permettre d'infléchir la position de la diplomatie nigériane sur ce sujet. Rabat a rappelé son ambassadeur pour consultations et attendra certainement de la part du nouveau pouvoir un signe de bonne volonté.

A noter qu'en 2001, le Maroc avait fait une exception à sa doctrine quand la présidence Obasanjo avait ouvert des relations diplomatiques avec la RASD. Rabat n'avait pas alors suspendu ses relations diplomatiques avec Abuja. C'est ce pragmatisme, le Nigéria est le premier PIB du continent, qui devrait guider la coopération bilatérale.

Confronté au radicalisme Boko Haram, le Nigéria avait déjà montré son intérêt pour la politique religieuse du royaume, et notamment la formation des imams.

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