LES BLOGS
31/08/2015 03h:48 CET | Actualisé 31/08/2016 06h:12 CET

Communales 2015: Facebook contre Twitter

ÉDITO - De tweets en likes, de petites phrases en excuses, de photos en clash, la campagne électorale des communales du 4 septembre prochain rebondit sur la Toile. Une première prévisible puisque ce scrutin est placé sous le signe de la 4G, récemment déployée par les opérateurs téléphoniques.

Depuis l'année 2011, son mouvement du 20 février et ses législatives anticipées, le nombre de politiques marocains présents et actifs sur les réseaux sociaux n'a cessé d'augmenter, au point que certains, aujourd'hui, prennent l'écume des posts des candidats pour le nerf de la guerre électorale. Mais il y a encore loin du buzz aux urnes. Cela tient en partie à la nature du scrutin qui multiplie les enjeux et donc les courses.

Mais c'est aussi et surtout à cause de la qualité des acteurs et de leurs prestations. Soyons honnêtes, quels que soient le nombre et les émoluments des spin-doctors et autres conseillers en "communication digitale", l'offre reste peu alléchante. Un chef de parti peut se mettre en scène devant une carriole de "karmouss" de Barbarie, un autre est propulsé à l'improbable rang de messie par ses "Amis" sur Youtube. Bref, on n'a pas encore déniché l'Obama marocain.

Si ce storytelling échoue, c'est aussi parce que ces présentations stéréotypées ne sonnent pas authentiques aux yeux de l'opinion. Quand le désir d'interaction ne dépasse pas les quelques semaines de campagne, le citoyen se sent berné, traité comme du bétail électoral et on peut le comprendre. Selon une étude Smart Owl réalisée par les cabinets CMAIS et Bold Data, et couvrant les 6 premiers mois de 2015, les partis ne publient pas régulièrement sur Facebook, le réseau social n°1.

Seule une poignée de formations produit du contenu sur le site de Mark Zuckerberg. Sans surprise ce sont (dans l'ordre): le PJD, le PAM, le PPS, le RNI, l'USFP et l'Istiqlal. AA la tête du gouvernement, les camarades de Benkirane accaparent 45% des 34.069 publications partisanes recensées par l'étude, et 316.058 likes (ou fans), soit 77% de tous les likes de pages Facebook. C'est aussi le parti qui génère en moyenne le plus de likes et de partages.

Le parler-vrai, le travail de fond soigneusement mis en valeur par une communication sobre et répétée, mais aussi des têtes d'affiche, des visages désormais familiers, voilà les atouts qui résument la stratégie digitale du PJD, pour laquelle une armée de community managers a été formée par le parti. Délaissant Twitter, un médium élitiste et réputé "francophone", Benkirane mise tout sur Facebook, plus simple d'utilisation, populaire et "arabophone". Un vrai choc 2.0.

LIRE AUSSI:

Galerie photoDe A à X : Un abécédaire électoral Voyez les images