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23/01/2016 07h:06 CET | Actualisé 23/01/2017 06h:12 CET

Shlomo Sand, La Bataille d'Alger, Ali La Pointe, Israël, Finkielkraut, Éric Zemmour et les désordres du monde !

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Voilà un praticien du savoir et de la réflexion féconde que nous gagnerions à lire au quotidien. Voilà un chercheur académique dont les livres -et ils sont nombreux- mériteraient de meubler nos chevets en permanence.

A défaut d'avoir eu Shlomo Sand au rang des enseignants qui ont jalonné mon parcours scolaire/universitaire, j'ai eu l'immense et intarissable plaisir de le rencontrer.

C'était en 2004 pour les besoins d'une interview autour de son remarquable livre "Le XXe siècle à l'écran" (Paris, Le Seuil). J'ai rencontré Shlomo Sand pendant une heure dans un café du quartier de l'Odéon (Paris).

Au-delà de la thématique globale du livre -comment le septième art à fait écho à l'histoire du XXe siècle-, l'auteur m'a, surtout, parlé du film de l'Italien Gillo Pontecorvo. À coup d'arguments et de postulats finement argumentés, Shlomo Sand m'a expliqué pourquoi "La Bataille d'Alger" occupe une place de choix dans la longue monographie des événements/séquences historiques portés à l'écran.

Vu au miroir de l'Histoire racontée par le septième art, "La Bataille d'Alger" fera date. Et restera un passage obligé pour quiconque vaudrait relire l'Histoire à travers le grand écran.

S'agissant de la narration du XXe siècle et s'agissant, surtout, des "brûlures de l'histoire" du siècle dernier, Shlomo Sand -en spécialiste du rapport du cinéma à l'Histoire- a érigé "La Bataille d'Alger" au rang de corpus idéal. Il l'a classé au rang des films les plus évocateurs du mariage entre Histoire et Cinéma.

Et l'a recensé bien avant des œuvres de Hollywood. Signe qui ne trompe pas, Shlomo Sand a jugé pertinent/utile/révélateur d'illustrer la couverture de son essai d'une scène de "La Bataille d'Alger" et du comédien qui interprète merveilleusement bien le rôle de Ali La Pointe.

Juif, Israélien et produit de l'université israélienne, Shlomo Sand est un de mes auteurs préférés. Tant par son son attachement à la notion d'universitaire/académicien, son objectivité, son courage malgré le travail de sape et la guerre de presse que lui fait le Likoud.

Esprit libre comme le sont les auteurs qui ont laissé leur empreinte dans l'histoire du feuilleton académique, Shlomo Sand ne marchande jamais sa passion pour la déontologie de l'Universitaire digne de ce nom qui ne succombe à d'autres cœurs/sentiments que ceux de l'Objectivité.

Grands donneurs de leçons devant l'éternel, spécialistes du "Nationalisme spectacle", pourfendeurs "cathodiques" d'Israël, les pseudo éditorialistes et les pseudo "dakatiras" arabes devraient adopter un profil bas et lire et relire les travaux de Shlomo.

Ça leur évitera à l'avenir de redire des conneries. De voir derrière chaque juif où chaque israélien un "likoudiste" en chef ! Et de se rendre à l'évidence que juif ne rime pas avec Netanyahu ! De prendre la mesure des travaux de Shlomo dont la pertinence met en difficulté la politique coloniale de l'État hébreu plus que لغة الخشب, celle langue de bois qui, à force d'être servie depuis soixante ans, irrite les oreilles.

Je ne termine pas ce texte sans partager ici la succulente interview accordée par Shlomo Sand au quotidien français L'Humanité. Au coeur de l'actualité, le propos de l'universitaire israélien fait mouche comme d'habitude. Entre autres dires, une charge au vitriol contre les va-t-en guerre idéologiques. Morceau choisi : " quand je lis Finkielkraut ou Zemmour, leur lecture de l'Histoire, je suis effrayé". Un régal d'interview via le lien ci-joint.

Shlomo Sand : "Quand je lis Finkielkraut ou Zemmour, leur lecture de l'Histoire, je suis effrayé"

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