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16/10/2015 12h:13 CET | Actualisé 16/10/2016 06h:12 CET

Mathieu Kérékou, seul "Monsieur Constituante" en Afrique !

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Il laisse un Bénin où la fonction présidentielle est limitée par l'âge et le nombre de mandats ! C'est le seul 'Monsieur Constituante" en Afrique !

Si l'aéroport d'Alger se mettait à citer les noms des chefs d'État qui ont foulé le plus son tarmac et ont transité une multitude de fois par son salon d'honneur, Mathieu Kérékou serait au rang des premiers.

Ex-président du Bénin, "MK" est mort, le mercredi 14 octobre, à Cotonou. L'ex-président Béninois tire sa révérence en laissant l'image d'un exemple rare en Afrique et dans les pays du sud : l'image d'un militaire putschiste dont le nom restera à jamais gravé sur la page -- une page, pas une de plus -- de chefs d'Etats africains (et arabes) qui ne se sont pas accrochés au pouvoir contre vents et marées.

Pour avoir accueilli le président béninois en de multiples circonstances, Bouteflika l'ancien ministre des affaires étrangères, connaît Mathieu Kérékou mieux que quiconque au sein de la classe politique algérienne.

Abdelkader El Mali, ( Abdelaziz Bouteflika), sait tout de cet ancien militaire. Tout chef d'Etat-major (adjoint) qu'il était, MK a restitué le pouvoir aux civils à deux reprises.

Par conviction démocratique et non contraint par la rue. La seule fois où il a cédé à la rue -- encore une fois par conviction -- c'était dans la foulée de la chute du mur de Berlin. En 1990, Mathieu Kérékou avait mis sur pied une Conférence souveraine, une sorte de forum franchement démocratique rassemblant l'opposition, la société civile et le pouvoir.

"Tribune inédite" en Afrique, selon le portrait positif que lui taille Le Monde, la transition démocratique fait de l'ex Dahomey un jalon à part dans la maigre expérience démocratique du continent. Une expérience qui coûte à Mathieu Kérékou son fauteuil présidentiel en 1991.

MK s'incline devant le verdict de l'urne, devient citoyen ordinaire et continue de se livrer à une activité politique. Qui lui déblayera à nouveau le chemin de la Présidence en 1996. MK est démocratiquement élu dans une "élection transparente".

Sans dire "tab djnan'na", sans emprunter à la "profession de foi" de Bouteflika, Mathieu Kérékou quitte le pouvoir en 2006 à 73 ans. Sans avoir tenté de toucher aux fondamentaux de la Constitution. Il laisse un Bénin où l'exercice du pouvoir est codifié par la limite d'âge et où le nombre de mandats n'est pas illimité.