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09/01/2016 04h:14 CET | Actualisé 09/01/2017 06h:12 CET

Jean-Daniel salue la mémoire du "grand Ait-Ahmed" et dit adieu au "dernier gentilhomme berbère de la révolution algérienne"

Sauf à commettre un "ratage" ou un "oubli" impardonnable, Jean-Daniel ne pouvait "pondre" son éditorial hebdomadaire sans dire quelques mots sur le départ définitif de Hocine Ait-Ahmed. Le co-fondateur du Nouvel Observateur a profité de l'opportunité du dernier numéro - en kiosque ce week-end - pour souhaiter un adieu aux accents d'hommage à l'endroit du leader historique.

L'oreille toujours tendue vers l'Algérie de son enfance, le Blidéen a eu des échos sur l'émotion et les clameurs populaires sur fond desquelles Da L'Ho a tiré sa révérence. Sans être surpris, Jean Daniel a été frappé par les réactions posthumes et le nombre impressionnant des gens qui ont accompagné le défunt à sa dernière demeure.

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L'un des derniers survivants des journalistes qui ont couvert la Guerre d'indépendance algérienne parle d'une "solennité rurale avec laquelle les Algériens ont organisé les funérailles du dernier gentilhomme berbère de la Révolution algérienne".

Quand Jean-Daniel parle de Hocine Ait-Ahmed, il en parle en connaissance de cause. Et pour cause. Entre l'écrivain-journaliste et l'ex-chef de l'Organisation spéciale (OS), c'est une relation vieille d'une soixantaine d'années.

Da L'Ho et l'écrivain-journaliste se sont rencontrés, une première fois, à l'aube de la guerre d'indépendance algérienne. Jean Daniel était à cette époque en charge de la couverture des "événements d'Algérie" pour le compte de L'Express, l'hebdomadaire cher à Jean-Jacques Servan Schreiber.

À l'image de Robert Barrat, Pierre Mandouze, Francis Jeanson, Jean Lacouture, Jacques Duquesne, Henri Alleg, Philippe Herreman, etc, Jean Daniel a passé l'essentiel de ses années cinquante et début des années soixante entre l'Algérie, la Tunisie et l'Egypte et d'autres escales en relation avec les "événements" pour en couvrir l'actualité. Pour l'histoire, il restera comme l'un des premiers journalistes français à avoir parlé de "guerre d'Algérie" et avoir qualifié la situation en tant que telle.

Jean Daniel a rencontré Hocine Ait-Ahmed à sa libération en compagnie des quatre autres victimes du rapt aérien (Boudiaf, Ben Bella, Khider et Lacheraf). Leurs chemins se sont croisés plusieurs fois que ce soit à l'heure de la crise de l'été 1962 ou plus tard lorsque Da L'Ho a basculé dans l'opposition au régime né de l'offensive des blindés flambant neuf de Ghardimaou et du groupe de Oujda.

"Hocine Ait-Ahmed est presque une légende mais lourde de signification", témoigne Jean Daniel dans son éditorial. Et l'écrivain-journaliste de voir dans Da L'Ho un homme "à la fois redoutable et hautain, pittoresque et intello, profondément rebelle et passionnément respecté".

Parce que Ait-Ahmed a tiré sa révérence dans un contexte national et international pesant où les désordres locaux, régionaux et internationaux sont nombreux, ses funérailles prennent une dimension testamentaire. Jean Daniel le souligne à grand trait dans le titre de l'édito "Le testament d'un gentilhomme berbère".

Hocine Ait-Ahmed, note-t-il, "quitte la vie dans des circonstances conflictuelles". La conjoncture "donne à son départ des dimensions testamentaires". Et le journaliste - les yeux rivés vers l'impasse algérienne - de rappeler : "une grande partie des Algériens voudraient retrouver les rêves de liberté et de démocratie qui étaient préconisés par le leader kabyle".

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