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24/03/2016 08h:18 CET | Actualisé 25/03/2017 06h:12 CET

Sahara: Ban Ki-moon ou l'incompétence d'un Secrétaire général caduc

DIPLOMATIE - Les propos outrageux tenus par Ban Ki-moon lors de sa visite à Tindouf et à Alger en début du mois constitue un dérapage sans précédant dans les rapports de l'ONU avec le dossier du Sahara. Ces derniers sont d'autant plus indignes venant de celui qui devrait incarner la fonction du premier diplomate de la communauté internationale. Or, Ban Ki-moon a bafoué le principe fondamental d'impartialité imposé par sa mission, portant ainsi atteinte à sa propre crédibilité et à l'organisation qu'il représente, dont la neutralité constitue la clé de voûte de sa charte.

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DIPLOMATIE - Les propos outrageux tenus par Ban Ki-moon lors de sa visite à Tindouf et à Alger en début du mois constitue un dérapage sans précédant dans les rapports de l'ONU avec le dossier du Sahara. Ces derniers sont d'autant plus indignes venant de celui qui devrait incarner la fonction du premier diplomate de la communauté internationale. Or, Ban Ki-moon a bafoué le principe fondamental d'impartialité imposé par sa mission, portant ainsi atteinte à sa propre crédibilité et à l'organisation qu'il représente, dont la neutralité constitue la clé de voûte de sa charte.

Au-delà des propos inacceptables qui ont inclus le terme " occupation " pour qualifier le recouvrement par le Maroc de son intégralité territoriale (terme qui n'apparaît dans aucune résolution de l'ONU), l'ensemble de la posture de Ban Ki-Moon et son comportement lors de sa visite semblaient être réfléchis et émanant d'un parti-pris flagrant sur un dossier aussi sensible. Comment est-il possible que M. Ban Ki-moon se rende à la région de Bir Lahlou sous des airs de visite officielle où on l'a vu passer en revue les "troupes " et s'incliner devant le drapeau d'une pseudo république n'étant reconnue par aucun organe des Nations unies? Cela nous interpelle sérieusement sur les réelles motivations du Secrétaire général de l'ONU, justifiant ainsi l'indignation naturelle et légitime des Marocains, exprimée massivement lors de la marche historique de Rabat le dimanche 13 mars 2016.

Ainsi, en évoquant aujourd'hui le référendum dans la région, Ban Ki-moon renforce non seulement le statu quo mais fait aussi reculer les efforts fournis par le conseil de sécurité pour régler le dossier. Puisque celui-ci a dépassé ce stade et ne fait plus référence au référendum depuis 2004, à cause de la difficulté d'identifier le corps électoral. En outre, l'ONU n'a supervisé depuis 1945 que 6 référendums sur la base de 64 conflits impliquant des territoires non-autonomes ou placés sous tutelle, dont aucun sur la base d'une identification du corps électoral. Tout en sachant qu'aucune disposition de la charte des Nations unies ne fait référence au référendum comme moyen d'autodétermination.

Aujourd'hui, le Maroc avec son plan d'autonomie de ses provinces du sud, est le seul à avoir avancé une solution politique sérieuse, où les populations du Sahara géreront elles-mêmes et démocratiquement leurs affaires à travers des organes législatifs, exécutifs et judiciaires. Toutes les résolutions du Conseil de sécurité ont qualifié cette proposition de crédible et sérieuse, et cette dernière a d'ailleurs reçu le soutien des pays membres permanents du conseil tels que la France, les Etats-Unis ou la Russie, réaffirmés à la suite du dérapage de Ban Ki-moon. En même temps le Maroc s'engage dans un vrai système de gouvernance dans le cadre de la régionalisation avancée qui octroie des pouvoirs considérables aux régions afin qu'elles puissent rationaliser leur développement social et économique.

Nouveau modèle de développement des provinces du sud

C'est dans ce cadre que le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a élaboré en 2013 sous les hautes orientations de Sa Majesté le roi Mohammed VI une plateforme d'analyse et de propositions pour un nouveau modèle de développement des provinces du sud, dont la cérémonie de lancement fut présidée par le souverain lors du 40e anniversaire de la marche verte en novembre dernier à Laâyoune. Ce modèle a mobilisé une enveloppe totale de 77 milliards de dirhams à travers les trois régions du sud, avec à la clé 200 projets lancés et plus de 120.000 postes d'emploi.

Ce modèle comprend quatre secteurs productifs, avec tout d'abord le phosphate en valorisant in situ le site de Phosboucraa avec un investissement qui intègrera toute la chaîne de production, allant du site minier à l'exportation des produits. En deuxième lieu vient l'agriculture au niveau de Dakhla et Boujdour avec un investissement global de près de 2 milliards de dirhams et s'étalant sur 6.000 hectares d'exploitation, en plus de 50 projets d'agriculture solidaire avec un investissement de 1,5 milliard de dirhams et qui profitera à près de 16.800 personnes. Ensuite vient le secteur de la pêche avec des projets de valorisation des captures locales avec un investissement total de 1,2 milliard de dirhams avec à la clé 43.000 emplois directs. En quatrième lieu vient un plan touristique écologique avec la valorisation des atouts naturels de la région avec des offres intégrées (balnéaire, désert, culture et produits de niche), 84 projets sont au menu avec un budget global de 2 milliards de dirhams et à la clé 800 emplois directs.

Et afin d'accompagner ces projets, d'autres investissements d'équipement et d'infrastructure sont au programme, avec des liaisons routières pour assurer la connectivité avec le reste du pays, un hôpital CHU, un technopôle de formation et d'innovation, une station de dessalement à Dakhla pour les besoin d'irrigation agricole et d'eau potable, des projets d'énergies renouvelables et enfin la réalisation d'un grand port à Dakhla afin de transformer la région en une véritable plateforme vers l'Afrique.

En somme, ce modèle a pour objectif de mettre en marche les moteurs de croissance de la région avec une dynamique ambitieuse d'industrialisation, et c'est ainsi que ces projets feront doubler le PIB local et réduiront de moitié le taux de chômage de la région, ce qui améliorera la situation sociale des habitants, d'autant plus que ce modèle vient soutenir l'entrepreneuriat social et solidaire en encourageant les TPE/PME et en mettant l'humain au centre des politiques de développement.

Bref, le plan d'autonomie proposé politiquement et le nouveau modèle de développement des provinces du sud lancé économiquement, représentent ensemble un espoir et une opportunité non seulement pour les habitants des provinces du sud mais aussi pour toute la région et le continent africain. Cette vision doit figurer au cœur de l'agenda du conseil de sécurité pour les prochains mois, afin que ce dérapage ne soit qu'une incompétence d'un Secrétaire général caduc.

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