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24/01/2017 07h:21 CET | Actualisé 25/01/2018 06h:12 CET

Fernando Pessoa, "l'âme errante"

Apic via Getty Images

Fernando PESSOA, cette "âme errante", écrivain, poète, dramaturge, essayiste, philosophe, aide comptable, traducteur, journaliste... Ce portugais fut tout et son contraire !

Avait-il une machine à écrire ? On ne le sait même pas ! Cet homme a passé sa vie à écrire ! Des centaines de pages sur des sujets variés : la vie, la mort, Dieu, l'humain, le moi, la solitude, la conscience. Et des poèmes ! Des centaines de poèmes ! Trilingue, il a écrit en portugais, en anglais et en français. Il signait ses écrits sous 72 pseudos différents dont seuls 4 sont connus... Alberto Caeiro, Ricardo Reis, Alvaro de Campos, et Bernardo Soares.

Et chacun de ces pseudonymes avait des " identités" qui lui étaient propres et souvent contradictoires. Par exemple, Alberto Caeiro incarnait le sage qui aimait la nature, Ricardo Reis était épicurien, et Alvaro de Campos incarnait la désillusion !

On ne lui connait qu'un seul amour: "Ophélia" dont on a publié 48 lettres qui lui ont été adressées par Pessoa entre 1920 et 1929. Amour platonique et trouble entre un homme et une femme qu'il a rencontrée dans l'entreprise de son cousin où elle a été embauchée comme secrétaire, où lui-même travaillait comme traducteur. La plume de ce génie de l'écriture est telle qu'on dénombre plus d'auteurs qui ont évoqué sa vie et ses œuvres que le nombre réel de ses ouvrages.

"Je me suis créé écho et abîme, en pensant. Je me suis multiplié, en m'approfondissant...

J'ai créé en moi diverses personnalités. Je crée ces personnalités sans arrêt. Chacun de mes rêves se trouve immanquablement, dès qu'il est rêvé, incarné par quelqu'un d'autre qui commence à le rêver, lui, et non plus moi...

Pour me créer, je me suis détruit ; je me suis tellement extériorisé au-dedans de moi-même, qu'à l'intérieur de moi-même je n'existe plus qu'extérieurement. Je suis la scène vivante où passent divers acteurs, jouant diverses pièces..."

L'alcool a eu raison de lui ! Mais pas de son œuvre récupérée presque par hasard dans une malle à l'abandon. Et ce n'est qu'après sa mort qu'on commença à publier ses innombrables écrits dont son journal intime qui reste de très loin l'œuvre majeure de Pessoa baptisé, non sans polémique, "le livre de l'Intranquillité". "Intranquillité", un mot presque inventé pour lui !

Le visiteur de Lisbonne ne peut rater les très nombreuses traces qu'a laissées Pessoa qui vivait dans un périmètre réduit de la capitale portugaise où il avait ses habitudes. Locataire de petits appartement ou chambres meublées, il a vécu une vie d'une simplicité déconcertante.

Ce sont ces lieux que je vous ferai découvrir prochainement de Lisbonne Inchallah !

En vous souhaitant une excellente année avec cette citation de Fernando :

"Je n'ai jamais rien fait que rêver. Cela, et cela seulement, a toujours été le sens de ma vie. Je n'ai jamais eu d'autre souci véritable que celui de ma vie intérieure. Les plus grands chagrins de mon existence se sont estompés dès lors que j'ai pu, ouvrant la fenêtre qui donne sur moi-même, m'oublier en contemplant son perpétuel mouvement. Je n'ai jamais voulu être rien d'autre qu'un rêveur. Si l'on me parlait de vivre, j'écoutais à peine. J'ai toujours appartenu à ce qui n'est pas là où je me trouve, et à ce que je n'ai jamais pu être. Tout ce qui n'est pas moi - si vil que cela puisse être - a toujours eu de la poésie à mes yeux".

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