LES BLOGS
31/01/2017 04h:55 CET | Actualisé 31/01/2018 06h:12 CET

Le nouveau tsar

Sputnik Photo Agency / Reuters

Vladimir Poutine est incontestablement l'une des principales personnalités politiques du début du 21e siècle. Son influence marquera certainement l'histoire de son pays, mais également celle du monde entier. L'impact de Poutine est d'autant plus intéressant qu'il réussit à séduire à la fois les personnes à droite du spectre politique et celles qui en sont à la gauche. Or, c'est précisément l'analyse de ce double coup de foudre qui sera ici présentée. La mystification commune d'une certaine droite et d'une certaine gauche par ce personnage est un phénomène surprenant et c'est cela qu'il s'agit de comprendre.

Pourquoi une certaine droite l'aime?

À droite, Poutine plaît par son style viril et militariste ainsi que par son attitude face aux environnementalistes, aux militantes féministes et aux personnes LGBT. Sur le plan des relations internationales, sa proximité avec Trump et avec le clan des Le Pen plaît aussi à une certaine droite. En fait, Poutine représente sans doute l'antithèse du «politiquement correct» dans son comportement puisqu'il néglige totalement les groupes qui portent des discours de protection des opprimés et des opprimées. L'exemple de sa politique contre la diversité sexuelle alors même que la pression internationale était forte et que le pays était sous les projecteurs à cause des Jeux olympiques d'hiver démontre cette intransigeance.

Pourquoi une certaine gauche l'aime?

À bâbord, ce qui permet à Poutine d'aller chercher une certaine popularité, c'est son attitude qui tranche avec l'américanisation du monde et son soutien à certains États réputés plus à gauche. La stratégie du nouveau tsar, qui tente d'éviter l'unification du monde sous l'égide de l'oncle Sam, lui permet surtout de s'attirer la sympathie de ceux et celles qui partagent un sentiment anti-impérialiste et qui considèrent, à raison, que les interventions militaires américaines et européennes contiennent une grande part de néocolonialisme. Cette attitude est renforcée par les divers coups d'éclat diplomatiques qui ont ponctué le règne du nouveau tsar.

Pourquoi le nouveau tsar est un homme dangereux

La complaisance à l'égard de Poutine de la part d'une bonne partie de la droite et de segments non négligeables de la gauche a de quoi inquiéter. L'hypnotisant culte de la personnalité qui l'entoure lui permet de s'attirer des sympathies partout sur le spectre politique et masque clairement le fait qu'il dirige son pays avec une main de fer autocratique. Son autoritarisme qui écrase l'opposition et que passe par-delà le respect de nombreux droits fondamentaux semble excusé du simple fait qu'il est considéré comme l'«alternative» à l'américanisation du monde (pour la gauche) et à l'avènement d'une culture qui serait trop «politiquement correcte» en Europe et en Amérique (pour la droite).

Or, cette mystification doit être brisée. Poutine n'est pas un subversif de droite ou de gauche. C'est un homme d'État autoritaire qui utilise un chemin non conventionnel pour arriver aux mêmes fins que de nombreux autres à savoir augmenter son pouvoir personnel.

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Facebook.