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12/10/2015 14h:24 CET | Actualisé 13/10/2015 13h:05 CET

Omar al-Bashir: Quand les commanditaires de génocide deviennent invités d'honneur à Alger

AFP

Le président soudanais, Omar Hasan al-Bachir est à Alger pour une visite officielle de 3 jours, à l'invitation du président de la République, Abdelaziz Bouteflika. Ce dictateur sanguinaire, au pouvoir depuis 1989 s'est recueilli, dimanche au sanctuaire des martyrs à Alger, à la mémoire des martyrs de la guerre de libération nationale.

Omar al-Bashir qui est poursuivi par la CPI (Cour pénale internationale) pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité depuis 2009 est responsable de la mort de plus de 300 000 personnes pendant la guerre du Darfour.

Durant ce génocide, le leader africain a encouragé et sponsorisé une milice armée 'arabe'(les Janjaweed) qui intimidait, torturait, tuait et violait les habitants 'noirs' du Darfour, région du Soudan qui fait la taille de la France. Les campagnes de violences orchestrées par le gouvernement soudanais ont forcé le déplacement de plus de 2.5 millions de personnes.

Ces chiffres ne gênent apparemment pas l'Algérie, qui a été le premier pays du monde arabe à s'opposer au mandat d'arrêt international à l'encontre du militaire.

Les représentants des deux nations ont déclaré lundi à Alger que l'Algérie et le Soudan "sont liés par des relations fortes que nous veillerons à appuyer", tournant la page de l'épisode de 1989 à 1993 durant lequel les autorités algériennes avaient accusé le régime soudanais d'avoir soutenu les groupes islamiques armes (GIA) en le finançant et en mettant en place des camps d'entraînement.

La Ligue arabe et l'Union africaine ont également indiqué qu'ils ne donneraient pas suite au mandat. Depuis que la CPI a émis le mandat, al-Bashir a visité des pays comme la Libye, l'Égypte, le Qatar, le Djibouti, le Tchad, le Kenya et la Chine sans être arrêté.

La visite qui a cependant été la plus critiquée est celle effectuée en juin 2015 en Afrique du Sud, pays membre de la CPI. Le président soudanais s'était rendu dans le pays pour assister à un sommet de l'Union Africaine, Alors que les Nations Unies, la CPI et les associations de défense des droits de l'homme s'attendaient à se que al-Bashir soit arrêté, le président soudanais à réussi à ressortir du pays incognito.

D'après un ancien conseiller aux Nations Unies, la décision du gouvernement Sud Africain de ne pas arrêter al- Bashir est une trahison à la légende de Nelson Mandela.

L'Union Africaine; union des dictateurs?

La visite d'al-Bashir à Alger rappelle les efforts qui restent à faire au niveau de l'union africaine pour le respect des droits de l'homme et la pénalisation des génocides et crimes contre l'humanité.

En 2002 l'Union africaine avait adopté l'article 4 (h) qui défend le droit de l'Union d'intervenir dans un État membre dans certaines circonstances graves et a condamné les responsables des crimes de guerre, de génocide et de crimes contre l'humanité.

Cependant, les crimes du Darfour qui ont survenu après l'adoption de l'article 4 (h) sont restés impunis et les commanditaires de ces crimes voyagent librement dans d'autres pays africains où les droits de l'homme sont bafoués.

Même si l'institution régionale a joué un rôle important dans l'annulation récente du coup d'État au Burkina Faso, l'organisation a toujours du mal à appliquer ses principes quand il s'agit d'état membre important comme l'Égypte, ce qui endommage sérieusement la crédibilité de l'institution.

Rappelons au passage que l'Union Africaine est actuellement présidée par Robert Mugabe, président du Zimbabwe depuis l'indépendance en 1980. Âgé de 91 ans, Mugabe est responsable de plusieurs violations des droits de l'homme.

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