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08/09/2014 12h:38 CET | Actualisé 08/11/2014 06h:12 CET

Journal de Pékin: Tout va mieux en terre chaouie

Il est 5 heures du matin dans la capitale Chinoise et j'ai toujours les yeux grands ouverts. Le Jetlag a eu raison de moi en cette première nuit en extrême orient. Après tout il n'est que 22 heures à Alger. J'allume mon ordinateur dans l'espoir de skyper avec mes parents. Rien à faire, l'accès au wifi dans le campus universitaire de la Beijing Normal University (BNU) est sur-contrôlé... C'est le premier jour des inscriptions pour les étudiants internationaux de BNU. Il est 8:15 et la salle est comble.

Il est 5 heures du matin dans la capitale Chinoise et j'ai toujours les yeux grands ouverts. Le Jetlag a eu raison de moi en cette première nuit en extrême orient. Après tout il n'est que 22 heures à Alger.

J'allume mon ordinateur dans l'espoir de skyper avec mes parents. Rien à faire, l'accès au wifi dans le campus universitaire de la Beijing Normal University (BNU) est sur-contrôlé. On me demande plusieurs mots de passe que je n'ai pas. Une politique du parti communiste chinois pour contrôler les mouvements des étudiants? Ce ne serait pas surprenant. Surtout pas à BNU. L'université est connue pour avoir joué un rôle important durant les manifestations pro-démocratie de Tiananmen Square en 1989. Il est 7:30. Je me prépare à sortir.

Tant d'européens et d'américains!

C'est le premier jour des inscriptions pour les étudiants internationaux de BNU. Il est 8:15 et la salle est comble. Le nombre d'étudiants Européens et Américains présents est impressionnant. Le déclin de l'occident se ressent jusqu'ici. Les Japonais et les Coréens sont aussi très nombreux dans la salle. Tous veulent mieux comprendre le géant asiatique. Je note fièrement que le continent Africain est bien représenté. L'étudiant assis à ma gauche vient du Zimbabwe. Il m'explique que dans son pays, venir faire des études en Chine devient de plus en plus une norme. Le gouvernement Chinois distribuerait des bourses d'études assez généreusement aux étudiants de ce pays d'Afrique austral. Il est vrai que Harare et Pékin entretiennent une relation des plus amicales, surtout depuis l'embargo occidental de 2002, qui a vu l'émergence de la Chine comme principale allié du pays de Mugabe. La première dame du Zimbabwe, Grace Mugabe, est même venue pour un cours intensif de Mandarin à Pékin en 2009 pour illustrer la fameuse politique du "Look East" de son mari.

Le passeport algérien fait penser à l'ère maoïste

J'attends mon tour pour m'inscrire. On appelle mon numéro. En arrivant au guichet je tends mon passeport et ma lettre d'admission. La dame au guichet parait confuse. Mon passeport Algérien écrit à la main la renvoie directement à l'ère maoïste. Elle appelle un collègue qui, après avoir analysé que mon document était bien authentique, me sourit en me disant en mandarin que c'était rare de voir des étudiants Algériens en Chine. Je lui réponds que les Algériens se sentent généralement plus à l'aise en Français qu'en mandarin. On me demande ensuite si je suis partie au Liberia, au Nigeria, à la Sierra Leone ou en Guinée durant les quatre derniers mois. Ebola fait peur à l'État Chinois qui perdrait très gros si l'épidémie venait à toucher son territoire, le plus peuplé au monde. Je réponds par un non. Après d'autres formalités, on me remet ma carte d'étudiante.

Un mélange d'arabe et de français? C'est de chez moi

Je me dirige vers The Bank of China la plus proche de mon université pour y ouvrir un compte. Mon passeport artisanal surprend toujours. On me demande d'attendre. J'attends. Je commence à lire le journal que je viens d'acheter mais je réalise vite que je ne comprends pas beaucoup de mots. J'ai encore des progrès à faire en Mandarin avant d'oser me présenter dans une salle d'attente avec pour seule lecture un journal pékinois. Je me mets à scruter les visages des gens, à regarder mon téléphone. Je m'ennuie. C'est à ce moment-là que j'entends un subtil mélange d'arabe et de français. Ça ne peut être que de chez moi. Je lève les yeux et je vois une fille et un garçon qui ont l'air d'avoir la vingtaine. Je demande: "Me'Dzair?". Ils répondent simultanément: "Ih". Je suis aux anges.

Un axe caché Batna-Pékin

Hamada et Yasmine m'expliquent qu'ils sont de Batna et qu'ils ont respectivement obtenu des bourses du gouvernement Chinois et Algériens. Hamada entame sa deuxième année de Master d'Éducation Internationale à BNU. Ses cours sont dispensés en Anglais. Yasmine, quant à elle, a été l'heureuse finaliste d'un concours d'État, ce qui lui permet de venir faire son doctorat en informatique à BNU. Elle compte rester un minimum de quatre ans à Pékin me dit-elle, une année pour apprendre le Mandarin et trois ans pour faire son doctorat...En Mandarin! Son ambition m'impressionne. Elle me dit qu'il y a huit autres étudiants de Batna qui sont dans d'autres universités de la capitale Chinoise. Je découvre ce lien Batno-Pekinois bouche-bée.

Pour le wifi, voir la filière chaouie

J'arrive à ouvrir un compte bancaire. Eux, échangent leurs euros en yuan. On retourne ensemble vers la fac. Sur le chemin, je me plains de la difficulté à accéder au wifi. Hamada, qui connait déjà bien toutes les astuces, me dit qu'il peut m'arranger ça. Effectivement, 10 minutes plus tard, j'ai le wifi sur mon ordinateur. Il est 16:24 à Pékin et en sortant de chez moi ce matin, je n'imaginais pas une seconde que mon problème de wifi serait réglé par un chaoui. Mon séjour en Chine promet d'être plein de surprises.