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21/09/2015 07h:02 CET | Actualisé 21/09/2016 06h:12 CET

Mon expérience de viol conjugal: Je lui criais non, il entendait oui

Shutterstock / luxorphoto

Sylvie (le prénom a été modifié) a contacté Le Huffington Post suite à un appel à témoins au sujet de la vie de couple. Voici, avec son accord, son témoignage tel qu'elle nous l'a fait parvenir.

Je souhaitais partager l'expérience que je vis avec mon conjoint. Je l'ai rencontré il y a presque dix ans maintenant, sur un site de rencontres. Nous avons vite zappé le côté virtuel et dès le premier soir avons fait l'amour. Il s'est très vite attaché et a voulu s'engager plus sérieusement.

La phase lune de miel a duré plus d'un an où nous faisions l'amour tous les jours voire plusieurs fois par jour. Au bout d'un temps, la routine, le travail ont fait que j'ai commencé à être moins demandeuse et c'est là que je me suis rendue compte que ce n'était pas une option. Il me sollicitait constamment et si je ne cédais pas, cela virait au harcèlement. Le matin à 6h, les 35 minutes de pause déjeuner entre mes 2 boulots, il fallait toujours que je cède. Au départ, vu qu'il était très jaloux, je me persuadais que de me laisser faire était une manière de le rassurer mais c'est devenu pire encore, cela a commencé à devenir une obsession. Il pouvait rester à me harceler des journées entières si je restais ferme, à m'accuser de ne plus l'aimer, de le tromper jusqu'à ce que je pleure et que je le laisse faire. Sa jalousie a pris complètement le dessus et cela s'est terminé en surveillance de mon téléphone, ordinateur, courrier. Je ne pouvais plus avoir d'amis d'hommes, et ça a fini par devenir violent. Alors, je suis partie quelques temps. Mais je l'aimais, suis revenue et dès lors je devais me tenir prête à son signal: "on y va". Quasiment tous les jours après son petit déjeuner, sa clope je devais tout arrêter et aller m'allonger.

Je n'éprouvais plus que de l'angoisse et laissais faire pour avoir la paix. Je lui exprimais tous les jours ma souffrance de vivre comme cela, de ne plus me sentir maîtresse de mon corps.

Le jour où je suis tombée enceinte, il m'a envoyé bouler et m'a "oublié" pendant 9 mois, a priori, je ne l'excitais plus vraiment physiquement. Mais dix jours après mon accouchement il a recommencé et s'est servi de ma bouche pour se satisfaire, le reste n'était pas encore "en état". Mais il était trop excité par mes seins encore gonflés et s'est fini tranquillement en se vidant (première fois depuis le début de notre relation). Puis, il a essayé de me sodomiser et alors que je lui criais non, il entendait oui...

J'ai fini par craquer au bout de plusieurs mois de conversation, pour lui faire comprendre que ça ne pouvait plus durer et ai fini par refuser tout contact. Il a donc fait le choix de se servir de mon corps durant mon sommeil. Attouchements, pénétration avec ses doigts, masturbation contre mes fesses. J'ai tenu huit mois. Huit mois de nuits blanches et d'angoisse avant de quitter notre lit. Je l'ai supplié d'arrêter, lui ai expliqué encore et encore le mal qu'il me faisait, que je l'aimais mais qu'il me faisait peur. Lui me répondait que je le castrais.

J'ai été voir un psy pendant un temps pour retrouver une certaine sérénité et avoir les idées plus claires et cela m'a renforcé. La colère que j'éprouve contre lui mais aussi contre moi, de m'être laissée faire au point qu'il ne se préoccupe même plus de mon consentement, me résumant au rôle de poupée gonflable, me donne la force aujourd'hui de me battre pour retrouver mon intégrité. Un an que nous sommes encore ensemble mais que je ne supporte plus le moindre contact physique, un an que je lui demande de consulter mais qu'il ne fait rien, se contentant de me dire de venir baiser de temps en temps ou de recommencer ses attaques dès que nous partageons un lit. Il estime que son comportement est sain et m'annonce qu'il va me tromper si je ne le "respecte" pas à nouveau. Je ne sais plus quoi faire: le quitter, oui sûrement mais il recommencera avec une autre et est-ce que du coup, je n'en serais pas aussi responsable?

Merci de m'avoir lue.

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