LES BLOGS
01/10/2015 13h:04 CET | Actualisé 01/10/2016 06h:12 CET

Chronique d'une entrepreneuse tunisienne: Demain sera un jour meilleur

Se lancer dans l'entrepreneuriat, c'est avant tout un énorme challenge. Etre à son propre compte, posséder son propre projet, qui n'en rêverait pas? Baignée dans un monde où la créativité et l'audace sont maîtres mot, j'ai moi-même décidé de me lancer dans l'aventure il y a un peu plus d'un an.

Aujourd'hui, à force de travail et de détermination, je réussis à petit à petit à vivre "ce rêve".

Mais la réalité est parfois bien différente...

Ce matin, je n'avais pas envie de me réveiller, je n'avais pas envie de quitter mon lit. Ma seule idée en tête était de prendre mon smartphone et d'envoyer un mail à mon boss pour lui dire que je ne me sentais pas bien, que j'étais malade et que je voulais prendre un jour de repos.

Ma seule envie; me ressourcer, me reposer, ne rien faire pendant 24 heures...

Mais ce mail n'allait pas exaucer mon rêve d'aujourd'hui puisque je suis le patron, puisque je suis celle qui prend les décisions, qui signe les documents, qui encourage l'équipe, qui calme les clients furieux, qui respecte les deadlines, qui veille sur la comptabilité...

Oui je peux, oui je fais tout, je fais tout sauf dormir 7 heures d'affilée dans mon lit que j'aime beaucoup.

Toujours dans mon lit, je me revoyais il y a un an et demi, m'imaginant être mon propre patron. Dans ma vision - plutôt utopique - de la notion de "propre patron", j'allais être libre, je travaillerais à partir de 10 heures du matin tous les jours - puisque pour donner le meilleur de soi-même, il est conseillé de prendre le temps de bien se préparer le matin. Je prendrais mon petit-déjeuner, je me maquillerais, puis je répondrais tranquillement à mes mails à la maison avant d'attaquer la journée.

Mais non, le monde n'appartient pas à ceux qui se réveillent tôt, mais plutôt à ceux qui savent gérer leur temps et travailler intelligemment.

Je m'étais promise que lorsque je serais boss, je ne resterais pas 24 heures sur 24 au bureau, que j'allais sortir travailler dans des endroits qui m'inspirent, à coté de la mer, dans un joli jardin, dans un café ou autre.

Je m'étais dit que je n'allais pas accepter un projet qui ne me plaisait pas, que je serais libre de travailler avec qui je veux, que mon équipe ne se sentirait pas esclave comme je me sentais avant dans des grandes agences de communication, que la créativité ne serait pas un autre outil de marketing seulement, que la créativité resterait un art avant tout.

Aujourd'hui, je ne vais pas tenir ces promesses, ni demain d'ailleurs, ni l'an prochain...

On a beau rêver à vouloir créer nos propres règles, à se dire que tout le monde rêverait d'être à notre place, c'est au final le labyrinthe de responsabilités - impôts à payer, salaires à verser tous les mois, deadlines à respecter, clients à gérer, équipe à inspirer etc. - qui prend le dessus.

"Work is not a job", aimez ce que vous faites et vous n'allez pas travailler un jour de votre vie

J'aime ce proverbe, mais je dirais plutôt de ne pas adapter son rythme à son quotidien et de le créer à votre guise suivant les responsabilités que vous avez.

Je savais ce matin que je n'allais pas quitter mon bureau avant 22 heures, que je n'allais pas sortir avec mes amis, que je n'allais pas regarder un film à l'eau de rose sur mon canapé rouge que j'aime beaucoup mais que je serais tellement fatiguée que j'enverrais juste un dernier mail avant de m'endormir.

Aujourd'hui, je n'ai pas pris ma journée mais je me suis permise de dormir deux heures de plus que d'habitude. J'ai même pris le temps avec mon équipe au café du coin pour prendre un petit déjeuner et parler de la vie. J'ai envoyé mon premier mail à midi, mais j'ai respecté toutes les deadlines prévues.

Il est 19 heures et je m'apprête à quitter mon bureau, non pas parce que j'ai fini mon travail mais parce que l'équipe a fait ce qu'elle avait à faire. Le reste de mes tâches, je les ferai d'où je veux.

Ce matin n'était pas simplement un coup de fatigue, de blues, mais le fait de se réveiller et de se dire "yallah, demain sera un jour meilleur".

Mais bon ce dimanche, c'est sûr, je me valide un congé, je dormirai toute la matinée. Promis à moi-même.

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Facebook.

Galerie photo10 habitudes de travail néfastes pour la santé Voyez les images