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26/11/2014 07h:41 CET | Actualisé 26/01/2015 06h:12 CET

Tunisie: Rendre à Essebsi ce qui appartient à Essebsi

POLITIQUE - Essebsi n'est pas le président idéal pour bon nombre de tunisiens. Il ne s'agit pas ici d'en faire l'éloge, ni de l'idolâtrer comme une certaine partie de la population qui lui est favorable. Après l'annonce qu'il y aura un deuxième tour, certains "Bajboujiens", et certaines "bajboujettes", ont laissé libre cours à leur mépris des "nouveaux communistes de banlieue", qui auraient empêché l'élection de BCE dès le premier tour à cause de la dispersion des votes, faisant peu de cas d'un Hamma Hammami au parcours pourtant honorable.

Essebsi n'est pas le président idéal pour bon nombre de tunisiens.

Il ne s'agit pas ici d'en faire l'éloge, ni de l'idolâtrer comme une certaine partie de la population qui lui est favorable.

Après l'annonce qu'il y aura un deuxième tour, certains "Bajboujiens", et certaines "bajboujettes", ont laissé libre cours à leur mépris des "nouveaux communistes de banlieue", qui auraient empêché l'élection de BCE dès le premier tour à cause de la dispersion des votes, faisant peu de cas d'un Hamma Hammami au parcours pourtant honorable.

Une arrogance ignorante des faits de la démocratie, et suffisante vis-à-vis du choix populaire. C'est ainsi qu'une partie de la bourgeoisie tunisienne, aveuglée par la peur, n'a pas su être à la hauteur de ce grand rendez-vous avec l'Histoire de notre pays.

Plutôt que de tendre la main vers les électeurs de Hamma Hammami, elle a préféré se délester d'un mépris sévère. Signe d'une immaturité politique présente dans toutes les strates de la société.

Ceci étant dit, le pragmatisme doit reprendre le dessus sur le sentimentalisme et les rancœurs passées afin de mener la Tunisie vers une alternance dont elle a besoin.

Béji Caïd Essebsi n'est pas un candidat idéal, pour bien des raisons, propres à chacun. Son âge, ses antécédents, ses mystères, une certaine partie de ses électeurs.

Tout cela à la fois. Malgré tout, BCE ne représente pas un si grand danger pour la Tunisie. À 88 ans, il ne risque pas d'accumuler 23 ans de mandats. Son parti, à la fin de l'ère BCE, risque de se fragmenter ne laissant que les noyaux durs familiaux, et ex-RCD.

Le peuple décidera alors de ne pas renouveler l'hégémonie de Nida Tounes, et il en sera fini de ce parti s'il se dirige vers la pente RCDiste.

Ainsi, bien que l'on porte des réserves quant à l'avènement de Caïd Essebsi, il faut concéder que son expérience, et sa stature, lui permettront d'être un président à la hauteur de certaines attentes du peuple tunisien.

Le retour à la sécurité, au prestige de l'Etat est nécessaire pour colmater les fondations encore fragiles des acquis de la révolution.

Rivarol, auteur français du XVIIème siècle a écrit: "Quand les peuples cessent d'estimer, ils cessent d'obéir".

La Tunisie en est une démonstration par l'absurde.

Le vote de conviction, de conscience, notamment pour Hamma Hammami, a démontré à Béji Caïd Essebsi, à son parti, et à ses propres électeurs, que les Tunisiens resteront sur leurs gardes, et que leur confiance est conditionnelle.

Alors, il ne faut pas céder à l'angoisse de ceux qui craignent un nouveau Ben Ali. Ben Ali appartient au passé, et c'en est mieux ainsi.

Pour le deuxième tour, comme partout dans le monde, le choix des Tunisiens est restreint.

Il se recoupe en Béji Caïd Essebsi, et le président sortant.

Moncef Marzouki a eu l'opportunité de faire ses preuves, et il a échoué. Sans contribuer au procès acharné, il faut tout de même rappeler quelques faits saillants, tels que la libération de prisonniers qui a participé à l'insécurité ambiante, et l'alliance électorale pour le moins de mauvais goût avec des figures de la Ligue de Protection de la Révolution, ceux là même qui ont menacé d'un "bain de sang" la population tunisienne.

Le vote pour Béji Caid Essebsi n'en est pas un forcément convaincu, forcément rêvé. C'est un vote sanction envers Moncef Marzouki qui, ayant eu sa chance de gouverner le pays sans polémiques et sans violence superflues, ne l'a pas saisie. C'est aussi un vote d'alternance politique, afin de voir où pourrait aller le pays avec un autre président. C'est donc désormais un vote légitime, pour une transition nécessaire.

Tout cela n'a rien d'antidémocratique, au contraire.

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