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21/07/2014 07h:31 CET | Actualisé 20/09/2014 06h:12 CET

Terrorisme: Ils sont responsables

TERRORISME - Les soldats tunisiens ont été assassinés de sang froid, avec une organisation quasi-parfaite, et des moyens développés. En attendant, la menace pesait sur nous depuis longtemps, la guerre contre le terrorisme était entamée, mais les autorités n'ont pas réagi.

Les soldats tunisiens ont été assassinés de sang froid, avec une organisation quasi-parfaite, et des moyens développés. En attendant, la menace pesait sur nous depuis longtemps, la guerre contre le terrorisme était entamée, mais les autorités n'ont pas réagi. Des responsables politiques, frôlant la lâcheté, ont appelé à ne pas chercher les responsables de ce fléau et de se concentrer sur les moyens de l'anéantir. Toutefois, une logique simple porterait à se concentrer sur les responsables pour justement trouver comment anéantir les mouvements terroristes au sein de notre territoire.

Revenons quelques années en arrière. Alors que le premier gouvernement transitionnel du premier ministre Mohamed Ghannouchi était au pouvoir, le gourou islamiste Rached Ghannouchi a eu le droit de revenir sur le territoire tunisien, après un passé terroriste. Dictature ou démocratie, les criminels doivent être saisis par la justice. Ce laisser-aller de la part d'un pouvoir postrévolutionnaire, qui s'est perpétué quelques semaines après lorsque Béji Caid Essebsi a pris le relais est à la base de tous les maux. Provenait-il d'un accord providentiel avec le chef d'Ennahdha ? Espérons que non.

Par la suite, Ennahdha s'est défait de son passé terroriste, et a abusé de la confiance et de la quête de pureté du peuple pour s'approprier ses votes. Une fois les élections gagnées haut la main, Ennahdha a tenu le pouvoir avec la médiocrité que l'on connaît dans les domaines économiques, sociaux, et politiques. Mais en ce qui concerne le domaine sécuritaire, la Troika - synonyme d'Ennahdha - a été d'un laxisme qu'il est difficile de considérer comme involontaire. Trop d'évènements servent de preuves à une responsabilité aigue dans la montée du terrorisme, son expansion, son impunité, et l'impuissance de nos forces de l'ordre.

Tout d'abord, en ce qui concerne les affaires religieuses, le parti islamiste a laissé se diffuser des théories criminelles - takfiristes, salafistes, et autres djihadistes prônant le retour au califat. Aussi, dans le même secteur, ils ont laissé faire les imams illégaux qui se sont appropriés les mosquées par la force, sous prétexte que les imams précédents étaient de mèche avec Ben Ali. Ces deux éléments ont sans doute contribué à l'embrigadement des jeunes dans les mouvements extrémistes, terroristes, tant au sein du territoire, que vers la Syrie.

En ce qui concerne le ministère de l'Intérieur, une conférence de presse tenue le 30 juillet 2013 par le syndicat de la police a montré de nombreuses failles implantées au sein du ministère. On parle ainsi de police parallèle, de dissimulation et de court-circuitage d'informations, et la responsabilité de la formation des cadres policiers incombée à un proche d'Abou Iyadh. Le même Abou Iyadh, qui aurait donné l'ordre de massacrer nos martyrs, au Mont Chaambi. En septembre 2012, le chef d'Ansar Chariaa aurait pu être arrêté en sortant de la mosquée Al Fath de Tunis, mais la police a reçu l'ordre de le laisser filer.

Le hasard fait bien les choses. Sans oublier les déclarations haineuses et dangereuses que se sont "hasardés" à déclarer de hauts responsables d'Ennahdha, de Sahbi Atig à Sadok Chourou, en passant par Habib Ellouz. Et bien sûr, l'éminent Rached Ghannouchi pour qui les terroristes font éprouver une certaine nostalgie, lui rappelant sa "jeunesse".

Face à tout cela, l'indifférence et l'inaction des autres partis de la Troika montre bien la connivence, et la soumission au parti islamiste.

Ainsi, les responsabilités sont là. Et le réseau d'assistance des terroristes ne peut être démantelé sans l'acceptation de ces vérités, et l'action en conséquence. Maintenant, le mal est fait, et la tragédie est là. Le terrorisme est installé, et les mouvances salafistes ayant fêté les actions de vendredi, n'ont pas encore été inquiétées. Il serait temps d'agir avec vigueur, et intransigeance. Et que les députés transitionnels, au lieu de demander 23 000 dinars de dédommagement, s'activent un peu dans la mise en place de la loi sur le terrorisme, au sein de laquelle les préoccupations humanistes devraient laisser place à la détermination patriotique.

Les responsabilités passées ont été établies. Elles sont claires et nettes. Pour ce qui est de l'avenir, c'est les partis politiques dits "démocrates" qu'il faut surveiller. Ces mouvements politiques, de Nidaa à Afek Tounes, ne cessent de jouer la carte du morcellement, au lieu de l'union. Aujourd'hui, c'est une responsabilité majeure qui leur est échue. Soit, ils laissent tomber leur identité inexistante, leur opportunisme, leur course après la chaise, et s'associent pour mener la Tunisie vers la sécurité. Dans cette condition, peut-être que le peuple se décidera à s'inscrire pour les élections. Sinon, qu'ils se complaisent dans leur lâcheté et perpétuent leurs discordes. Le cas échéant, ils seront tenus responsables de l'immobilisme dans la lutte contre le terrorisme, et la crise tunisienne. Alors qu'ils s'unissent, et qu'ils nous fassent passer le cap des deuils nationaux.

Notre Tunisie souffre d'un mal que seules l'union et l'honnêteté peuvent soigner. Le terrorisme est puissant, et expansif. Il est soutenu de l'étranger, et de l'intérieur du pays. Il est temps donc de faire le ménage avec une rigueur et une sévérité draconiennes. La tolérance zéro face à la trahison de la Nation et aux propos incitant au crime, le démantèlement des mouvances salafistes et takfiristes qui prospèrent et leur sanction, l'interdiction du commerce et de la diffusion de thèses haineuses contraires aux valeurs de la République. La Tunisie est en guerre, les mesures doivent suivre.

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