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18/11/2015 13h:28 CET | Actualisé 18/11/2016 06h:12 CET

Etat "Islamique": Une vraie lutte s'impose

ATTENTATS - Après la consternation et les minutes de silence, la place est à l'analyse. La réaction doit être réfléchie, sans sentimentalisme ni précipitation. Elle doit se faire dans l'unité et la diplomatie, afin de frapper de manière efficace.

Après la consternation et les minutes de silence, la place est à l'analyse. Le meurtre d'un jeune berger tunisien, le crash de l'avion russe, les attentats de Paris et de Beyrouth ont laissé les consciences éveillées, au courant de l'urgence que représente la lutte contre l'Etat dit Islamique.

La réaction doit être réfléchie, sans sentimentalisme ni précipitation. Elle doit se faire dans l'unité et la diplomatie, afin de frapper de manière efficace.

Ne pas frapper n'est pas envisageable

Des voix s'élèvent contre le fait de s'engager militairement contre Daech, rappelant l'invasion américaine de 2003 qui a fait des milliers de victimes, et a sans doute contribué à la montée du fondamentalisme dans la région. Il est vrai que des frappes aériennes imprécises ne manqueraient pas de faire des victimes civiles.

C'est pour cela que la solution doit être revue afin d'être plus efficace. Continuer une stratégie qui n'a jusqu'alors mené nulle part est inenvisageable.

Cependant, une réaction musclée, militaire reste nécessaire. Daech, contrairement à Al Qaida, n'est pas seulement un groupe terroriste épars, dont l'organisation reste obscure. L'Etat dit Islamique est principalement situé dans la région entre la Syrie et l'Irak, il est installé et reçoit ses financements, prépare ses opérations à partir de là.

Plus on attend, plus ses moyens s'élargissent et son organisation s'affine. Il faut donc lutter.

En finir avec l'hypocrisie

S'engager contre Daech, c'est d'abord s'engager contre ses appuis, ses bailleurs de fonds, ses idéologues. L'Arabie Saoudite, le Qatar, la Turquie entre autres ont soutenu la montée de l'Etat Islamique sans qu'aucune réaction des grandes puissances n'ait lieu. Ils ont même été considérés comme des alliés, notamment dans la lutte contre Bachar Al Assad.

En Syrie, des rebelles douteux, certains proches de l'idéologie wahhabite, ont reçu des armes des Etats occidentaux. Il est aussi nécessaire de rappeler le rôle de l'OTAN dans la déstabilisation de la Libye devenue une terre propice à la violence et aux extrémismes, l'invasion de l'Irak au nom de la démocratie, et l'application de politiques étrangères sans nuances qui s'ingèrent dans les affaires des peuples.

Tout cela a permis la naissance, et la montée en puissance de l'Etat Islamique. C'est là que réside la responsabilité des gouvernements occidentaux dans l'expansion du terrorisme, et il importe de le reconnaître afin de revoir une politique qui ne fonctionne pas. Pour affaiblir Daech, il semble inévitable de se soulever réellement contre le rôle des Etats qui le soutiennent d'une manière ou d'une autre.

Un front commun contre un ennemi commun

Lorsqu'on en finit avec l'hypocrisie des alliances et des positions, une vérité se révèle. Daech est l'ennemi du front occidental, mais aussi de la Russie, de l'Iran, de la Syrie de Bachar Al Assad et du Hezbollah. Les divergences entre ces deux camps sont palpables; elles sont idéologiques, économiques, et historiques.

Seulement, la diplomatie appelle à la concertation et à la collaboration de bords divergents, voire opposés, pour régler des problèmes communs. La situation actuelle nécessite cette alliance de contexte, sans corrompre pour autant les positions idéologiques de chacun.

Il importe pour les grandes puissances de se réconcilier, le temps d'une lutte, avec Vladimir Poutine, Bachar Al Assad et Hassan Nasrallah, afin de mener une guerre efficace, qui affaiblira l'Etat Islamique en faisant le moins de victimes civiles possible. Les questions quant à la préservation de Mr Assad au pouvoir, à la transition syrienne, peuvent attendre. Les débats n'auront pas de résultats satisfaisants tant que la menace de Daech persiste.

Finissons-en

Le terrorisme n'a ni religion, ni morale. Il s'exporte à travers les désespoirs et les instabilités. Il corrompt des jeunes sans repères, qu'il déshumanise afin d'en faire des bombes mouvantes, semant la mort aveuglément.

Face à lui, le discernement et l'union sont indispensables, malgré les écarts de points de vue et les dissemblances. Il faut remettre à plus tard les désaccords et combattre efficacement un ennemi commun, afin de rendre aux populations civiles de France, de Syrie et d'ailleurs une vie plus paisible.

Pour en finir, une vraie lutte s'impose.

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