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29/09/2015 11h:58 CET | Actualisé 29/09/2016 06h:12 CET

L'homosexualité n'est pas un crime (mais dans mon pays c'est le cas!)

Le 6 septembre un jeune homme de 22 ans a été arrêté par la police à Hammam Sousse.

D'après son avocate "Fadwa Braham", la police l'a convoqué pour l'interroger comme témoin après avoir trouvé son numéro de téléphone dans le portable d'un homme assassiné au cours de la semaine. Le jeune homme a subi un interrogatoire concernant ses tendances sexuelles.

"Obligé de subir un test anal"

Le jeune a été obligé de subir un test anal de la part d'un médecin légiste, test qualifié par l'association tunisienne Shams pour la dépénalisation de l'homosexualité, de "test de la honte". Après que le test se soit révélé positif, le jeune homme a été accusé d'homosexualité selon l'article 230 du Code pénal tunisien, et condamné à un an de prison ferme.

De nombreuses ONG et partis politiques ont appelé à retirer l'article 230 du Code Pénal

Yamina Thabet, présidente de l'association tunisienne de soutien des minorités, a appelé les députés, le gouvernement ou le président de la république, à déposer un projet d'amendement du code pénal auprès de la commission de législation générale pour qu'il soit conforme à la constitution.

Vendredi dernier le pôle démocrate progressiste a émis un communiqué dans lequel il qualifie le test anal comme portant atteinte à la dignité.

Dans le même contexte, le comité pour le respect des libertés et des droits de l'homme en Tunisie a qualifié le test anal de violation de la dignité humaine et a demandé que la police n'ai plus recours à ce test que dans le cas d'un viol.

ATFD a appelé à mettre fin à toute discrimination entre les citoyens tunisiens basée sur leurs orientations ou leurs choix sexuels et appelle à la dépénalisation de l'homosexualité en Tunisie.

Le ministre de la Justice a déclaré hier qu'une réflexion devait être menée afin d'abroger l'article 230 du Code Pénal jugé contraire aux libertés individuelles et au respect de la vie privée.

Les forces réactionnaires, nos "Paul Mirguet" tunisiens, s'indignent face à ces réactions.

L'avocat "Ahmed Ben Hassana" a considéré que ce qui se passe est une tentative de nuisance à l'institution familiale dans les pays arabo-musulmans.

Ce dernier a déclaré dans l'émission "Ness Nessma" qui passe sur la chaine "Nessma", que l'homosexualité était une maladie.

Gannouchi, président du parti "Ennahda", a assuré qu'il nous fallait absolument respecter la loi qui prohibe ce genre de pratique sexuelle.

Pour arranger les choses le mufti de la république a appelé au retrait du visa de l'association Shams pour la dépénalisation de l'homosexualité en Tunisie tout en prenant soin de les qualifier de malades...

Finalement le président de l'université Ez Zitouna, Afif Sbabti, s'est déclaré favorable à la défense des droits des gays, au "droit d'accès aux soins qui permettrait leur élévation vers l'état naturel".

Pourquoi toute cette peur?

Est-ce la peur de l'inconnu?

Peu importe les raisons, les forces réactionnaires doivent comprendre que c'est l'oppression, la pénalisation et l'emprisonnement des homosexuels juste pour leur homosexualité qui relèvent de la maladie.

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