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07/08/2015 03h:51 CET | Actualisé 07/08/2016 06h:12 CET

Élections: les partis en pré-campagne sur les réseaux sociaux

AUDIENCE - Sur les réseaux sociaux, certains partis politiques sont déjà en campagne électorale 2.0: leurs membres s'activent sur Twitter et Facebook pour diffuser leur message électoraux, et accessoirement régler leur compte. Au même moment, à la veille des élections électorales, les internautes commentent, critiquent ou soutiennent les différentes formations politiques. Décryptage.

A l'approche des élections, le rassemblement national des indépendants (RNI) prend d'assaut les réseaux sociaux en lançant une toute nouvelle campagne digitale. L'objectif? Améliorer la visibilité du parti sur les réseaux sociaux, et rattraper le retard cumulé par le RNI par rapport aux autres formations politiques.

Des groupes Facebook influents

Qu'il s'agisse de "Barrons la route au PJD" ou "Al Hadatyoune/Les Modernistes" , qui totalisent, à eux seuls, plus de 16.000 membres, la récente montée en puissance des groupes Facebook traitant de la chose politique et visant à rehausser la participation électorale ne semble pas déplaire aux direction des partis, qui publient, commentent, débattent, et tentent de convaincre les internautes de voter pour une formation plutôt qu'une autre.

Ces groupes étant, pour leur majorité, francophones et promoteurs d'idées politiques de gauche, l'Istiqlal n'y est que peu représenté, et le PJD clairement combattu.

PJD: une machine de com' performante

Malgré le fait que nombre de communautés Facebook influentes se déclarent ouvertement opposés au PJD, le parti de la lampe conserve une influence certaine sur les réseaux sociaux. En privé, un ministre de la majorité gouvernementale ne cache pas sa fascination pour la machine de communication du Parti justice et développement (PJD): "C'est un parti dont la communication sur les réseaux sociaux est très organisée. Dès que leur secrétaire général tient un meeting, ses déclarations fortes, ou parfois même des extraits de vidéo, sont publiées sur le Net, en temps réel."

Sous l'égide du ministre de la Communication Mustapha El Khalfi ou du porte-parole et communicant en chef du parti Souleimane El Amrani, le PJD a pu mettre sur pied un dispositif de com digitale performant et innovant.

Qu'il s'agisse de commenter et de diffuser des actualités liées au parti, de répondre aux twittos ou aux facebookeurs qui critiquent le PJD et certaines de ces décisions, ou de faire (bonne) com' à des personnalités PJD, le parti mène une pré-campagne dont l'efficacité se fait ressentir. Si le parti semble avoir rencontré son public arabophone, il donne l'impression d'avoir délaissé la cible francophone. Malgré la création d'un portail internet francophone, www.pjd.ma/fr est rarement mis à jour. En outre: les ministres PJDistes communiquent, pour leur majorité, exclusivement en langue arabe, et les membres du parti n'interviennent que peu dans les groupes francophones. Fait symptomatique: même la page Facebook du Chef du gouvernement PJDiste Abdelilah Benkirane publie presque exclusivement en arabe.

Où est le PPS

S'il n'est pas aussi présent que le PJD ou le PAM sur les réseaux sociaux, le PPS tente de remédier à cela. Il y a quelques semaines, le secrétaire général du parti Nabil Benabdallah a installé une cellule chargée de moderniser la communication du parti, et, principalement, renforcer sa présence sur les réseaux sociaux.

Pour cela, les membres de cette cellule vont travailler en synergie avec les secrétariats provinciaux et régionaux, dans le but d'établir une charte de communication. "Car, jusqu'à l'instant, ce qui a fait mal à la com' du PPS, c'est sa relative désorganisation, ainsi que l'absence d'une charte d'exigences à respecter pour la com' du parti", confie un haut cadre du parti.

L'USFP et le PAM, com' de gauche

Le parti de la rose connait l'importance de la com' 2.0. Parce qu'il en a fait les frais. Il y a quelques mois, la débandade de l'USFP, et la scission du courant Ouverture et démocratie avaient été largement relayées et commentées sur les réseaux sociaux.

Malgré cela, l'USFP demeure peu présent sur les réseaux sociaux et ne met pas régulièrement en ligne ses actualités. En dépit de cela, ses membres sont très actifs dans des communautés tel que Alyassar Almaghribi.

Relayant et partageant du contenu anti-PJD, médiatisant les prises de position des personnalités de leur parti, et défendant ces derniers dans les débats engagés, les partisans du vote PAM, eux, ont massivement investi les groupes Facebook anti-PJD. Ne se présentant parfois pas comme PAMistes, ils se contentent de suggérer ou d'orienter le débat vers une direction précise.

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