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19/08/2015 04h:04 CET | Actualisé 19/08/2016 06h:12 CET

Elections: Le défi de la participation

ABSTENTION - Jamais les initiatives en faveur de la participation aux prochaines élections ne se sont autant multipliées. Micro-trottoirs, sondages, appels à participation, création de groupes Facebook et hashtags sur Twitter, plaident pour une plus grande participation aux prochaines élections. Cet activisme portera-t-il ses fruits? Si la réponse définitive à cette question sera apportée par les taux de participation aux élections, certains manquements et défaillances dans la com' autour de l'événement électoral peuvent être, dès maintenant, relevées.

Du ministère de l'Intérieur aux partis politiques, en passant par les ONG et les acteurs associatifs indépendants, l'activisme en faveur d'une plus grande participation aux élections bat son plein.

Si la révision des listes électorales par le ministère de l'Intérieur, et la campagne d'inscriptions qui l'a suivie, ont permis d'atteindre, en avril 2015, la barre des 14.303.140 inscrits (dont 55% d'hommes et 45% de femmes), contre 13.360.219 inscrits en 2009, ce chiffre est, au fond, assez dérisoire, comparé aux attentes des partis politiques: "le spectre de l'abstention tend à disparaître, mais, malgré les très louables campagnes du ministère de l'Intérieur, des partis politiques, dont le nôtre, et des associations, les résultats ont été en-deça des attentes: nous nous attendions à voir bien plus de nouveaux inscrits", confie un député PJD.

A qui ou à quoi imputer ce succès en demi-teinte? L'argumentaire déployé par les partisans de l'inscription aux listes a visé, certes, là où il fallait: "Si tu ne votes pas, un autre le fera à ta place", peut-on lire sur les réseaux sociaux.

Néanmoins, un autre aspect, non moins important, a été oublié: le scepticisme des citoyens vis-à-vis de la sphère politique. Dans un micro-trottoir mené par l'ONG Tariq Ibnou Ziyad Initiative (TIZI), on voit un citoyen déclarant, de but en blanc: "pour qui voter? Tous les partis sont mauvais, et le président de notre commune n'est jamais présent".

Cette pensée pourrait résumer celle d'un nombre considérable de citoyens, dont l'un d'entre eux témoigne: "voilà, je veux voter. Je jette un coup d'oeil sur les listes de candidatures: ce sont les mêmes vieilles têtes, à une ou deux exceptions près. Je choisis de voter pour l'un de ces candidats nouveaux et prometteurs. Or, le mode de scrutin ne le permet pas: il y a une liste, que je dois prendre avec tout ce qu'elle comporte comme noms".

Entre 2007 et 2015, une communication moins ciblée

L'effort de communication et de promotion des élections qui a précédé les législatives de 2007 reste, à ce jour, exemplaire: "le ministère de l'Intérieur a oeuvré pour l'adaptation de la communication aux différentes cibles (Jeunes/séniors, scolarisés/non scolarisés...)", note un article de la revue Economia, qui poursuit que pour "répondre à l'hétérogénéité des cibles et d'avoir plus d'impact par rapport aux trois objectifs précités, le plan médias (adopté par l'intérieur, ndlr) est composé d'un mix de supports très diversifiés: capsules pédagogiques, messages radio, bannières Web, affiches urbaines et urnes géantes dans les principales villes du royaume".

Si le département de Hassad a, certes, investi dans autant de supports, pour la communication relative aux communales et aux régionales de 2015, l'adaptation de la communication aux différentes cibles ne s'est pas fait.

Des partis politiques qui ne communiquent qu'à l'approche des élections

Un autre aspect, qui contribue à décourager les potentiels électeurs, est imputable aux partis politiques. En l'absence d'une stratégie de com' et d'une connaissance des subtilités du marketing politiques, les formations improvisent ou adoptent des tactiques "artisanales", qui ont fait long feu, et qui se révèlent, en fin de compte, contre-productives.

L'une des plus fréquentes consiste en la multiplication des actions et des initiatives à l'approche des élections, en se claquemurant dans le silence pendant le restant de l'année. Or, une communication efficace nécessite régularité, et la com' purement conjoncturelle, qui n'éclôt que pendant les campagnes, est à l'origine de cette bonne vieille accusation d'opportunisme qu'on accole aux partis.

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