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21/06/2014 11h:49 CET | Actualisé 21/08/2014 06h:12 CET

Touchez-pas à l'emblème!

Quand j'ai saisi le sens de l'Iliade de Moufdi Zakaria, bien après avoir été amoureux de Pénélope à travers le petit écran dans les années 70, j'ai vite compris... Ma grand-mère Lelloucha (que Dieu ait son âme), avait une magnifique Kh'zana (armoire, dressing) qui regorgeait de plein de bonnes choses: Bonbons, chocolats, kawkaw, guerba3i, karmouss et gâteaux en tous genres.

"Chaghalna l'wara, wa malaena eddouna - Nous avons charmé l'humanité et conquis l'univers.

Bi chi3'rine nouratilouhou ka'ssalat - Avec une poésie que nous récitons comme une prière.

Tassabihou'hou min h'annaya l'Djazayer - Dont les psalmodies fusent des profondeurs de l'Algérie".

Moufdi Zakaria.

Quand j'ai saisi le sens de l'Iliade de Moufdi Zakaria, bien après avoir été amoureux de Pénélope à travers le petit écran dans les années 70, j'ai vite compris. Et définitivement. Entre une mythologie et une vraie histoire, l'on peut se servir de paraboles pour exprimer des sentiments bien plus profonds qu'il peut y en avoir entre un homme et une femme. L''amour de la Patrie... Et de ses Symboles. Entre autres l'Hymne National, et l'Emblème...

Ma grand-mère Lelloucha (que Dieu ait son âme), avait une magnifique Kh'zana (armoire, dressing) qui regorgeait de plein de bonnes choses: Bonbons, chocolats, kawkaw, guerba3i, karmouss et gâteaux en tous genres. Elle nous autorisait à fouiller partout, sauf dans un des tiroirs secrets de l'armoire d'ailleurs subtilement cadenassé.

Que renfermait-il de si précieux pour nous l'interdire?

À la veille de chaque fête nationale, elle nous réunissait pour nous montrer ce qu'elle y cachait religieusement. À l'ouverture de la case, des effluves de bons parfums envahissaient nos narines à partir d'un grand nombre de savonnettes parfumées qu'elle gardait jalousement au fur et à mesure qu'elle en recevait.

Après les avoir dégagées de l'écrin, elle retirait doucement un drap blanc qu'elle dépliait sous nos yeux hagards et étalait avec minutie les objets qu'il recouvrait.

Une gravure représentant Sidna Ali avec son épée à deux pointes trônant la tête de Rass El Ghoul (la tête de l'ogre). Une photo de trois personnages historiques (Si Amirouche, Si L'haouess et Si Lotfi), le tout enveloppé dans un magnifique drapeau national en soie qu'elle déployait avec fierté et des yeux larmoyants.

Et, commençait alors son cours d'histoire. Toujours par: Ah! Si vous saviez mes enfants... Ce qu'il nous a coûté d'avoir un drapeau propre à notre pays. Il faut lui vouer une énorme considération...

J'ai grandi dans cet esprit.

Puis dans les années 80, le nombre d'emblèmes complètement déchiquetés (et noircis par les effets de la pollution et d'indifférence) qui flottaient sur beaucoup d'édifice publics, m'indisposait jusqu'à avoir des urticaires...

Dans les années 90, les ténors de la culture nationale (chanteurs et chanteuses du Raï) s'exhibaient sur scène en dansant, habillés ou presque, du tricolore algérien.

Cela me mettait hors de moi.

En 1996 au Zénith, de Paris, en faisant à une jeune beurette la remarque qu'elle pouvait se draper avec autre chose (que le drapeau national) pour faire bouger son nombril, j'ai été pris à partie par un farouche demandeur d'asile politique qui m'a traité de proche du système et d'être à la solde du D.R.S.!

Aujourd'hui alors que le drapeau national côtoie la banane et se vend partout sous toutes les formes et à tous les prix sous prétexte de supporter l'équipe nationale, je me demande qui est derrière ce business...

Par ailleurs quand j'entends un écrivain en vogue (en langue française) parler du pays en prononçant 'L'ANDJIRI", je ne peux en vouloir à tous ces jeunes qui souffrent d'un grand problème orthophonique quand ils crient à tue-tête dans la rue et sur les ondes de la radio "Wan.Tou.Tré Viva Lanjiré". À quelques heures de ce grand match (vu comme ça), laissez-moi croire à toutes les promesses que nous nous tenons (même de gagner la coupe du monde) depuis toujours, mais de grâce ne narguez pas nos martyrs...

Vendez vos chansons de gradins et vos bananes mais ne touchez pas à notre emblème.