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14/01/2016 01h:11 CET | Actualisé 14/01/2017 06h:12 CET

Article 51 et 73 : Binationaux, héros de Sousse et d'Oum dourman, l'Algérie a encore besoin de vous

Flickr/Mouad b

Lettre adressee a Antar Yahia, Karim Ziani, Majid Bougherra acniens joueurs de l'équipe nationale d'Algérie

Cher Majid, cher Antar, cher Karim et à tous ceux qui ont redonné la fierté au peuple algérien.

Le sujet est grave, mais je serai bref, car ''les ouvrages les plus courts sont toujours les meilleurs'' comme le compte la fable des Lapins, dans les fables de la Fontaine.

Je vous écris en prêtant oreille à la chanson "Ya El Menfi", morceau composé par les déportés algériens en Nouvelle-Calédonie suite à leur rébellion contre les autorités coloniales françaises au cours du 19e siècle. Si on leur avait dit qu'un jour ils seraient considérés comme des sous-citoyens de l'État algérien, pour les sacrifices qu'ils ont consentis sous prétexte que leurs conjointes ne sont pas algériennes, qu'ils ne pourraient pas aspirer, eux et leurs enfants aux plus hautes fonctions de l'État comme le stipule la nouvelle constitution à travers la révision des articles 51 et 73, il est sûr qu'ils se révolteraient plus d'une fois.

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Si je m'adresse à vous c'est pour vous demander d'intercéder auprès du Président de la République pour l'annulation des révisions de l'article 51 et 73 de la nouvelle constitution. Qui mieux que vous pour le faire ?

Alors que l'Algérie ne faisait les unes de la presse mondiale que pour des images d'enfants égorgés, de femmes éventrées, de vieillards crucifiés, vous, les binationaux, vous avez fait relever la tête de tout un peuple par vos exploits. Vous avez aidé ce peuple humilié, terrifié par leurs propres concitoyens, leur propres chairs, à oublier tant soit peu les massacres commis par des gens nés en Algérie, de conjoint algérien, de parents algériens, résidant 10 ans sur le territoire algérien et ne portant aucune autre nationalité comme le stipule la nouvelle constitution.

Oui messieurs, un Abbas El Madani, un repenti , pourrait prétendre aux hautes fonctions, mais pas vous, vous les binationaux qui avaient fait sortir des millions d'Algériens à travers le monde, comme on ne l'avait plus fait depuis l'indépendance du pays en 1962.

Comme vous, je suis issus de la génération de la décennie noire. Cette décennie qui a vu le pays et les Algériens souffrir. Ce qui vous a motivé à jouer et à mouiller le maillot quitte parfois à payer par vos propres moyens, transport et autres frais que tout autre État aurait payé. Votre carrière aurait pu être autre, certainement plus riche aussi bien financièrement que footballistiquement, si vous aviez choisi de ne pas jouer pour l'Algérie dès votre jeune âge, et pourtant c'est ce pays que vous avez choisi.

Comme Larbi Ben M'hidi qui chantait le chant des partisans avant son exécution, vous êtes le symbole que la nationalité est d'abord une question de valeur et non de papier. On peut être Français et Algérien, Américain et Algérien, car dans le fond toutes ces Républiques se rejoignent en terme de valeurs, elles n'ont en théorie qu'un seul but, une seule valeur, le peuple !

Par honnêteté intellectuelle, je ne peux évoquer le fait que j ai toujours été pour une révision du code la nationalité pour délits pénaux commis par les binationaux sociabilités hors de la société algérienne. Une révocation temporaire, pour ne faire grimer l'échec des sociétés d'accueil et faire porter le fardeau au pays d'origine, comme l'Algérie.

Je vous remercie pour tout ce que vous avez fait pour l'Algérie, espérant que vous pourrez encore une fois aider la cause du peuple algérien et sa composante intégrale, les binationaux.

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