15/03/2016 12h:23 CET | Actualisé 16/03/2017 06h:12 CET

Notions de valeur et de prix: Un risque de confusion élevé!

FINANCES - Selon Warren Buffet, personnage emblématique du monde des affaires et de la finance, "le prix c'est ce que l'on paie, la valeur c'est ce que l'on reçoit". Ces dires mettent en exergue le contraste qui s'articule autour de deux notions fondamentales en finance, à savoir: le prix et la valeur. Cette distinction est d'autant plus accentuée lorsqu'il s'agit d'opérations de fusion-acquisition (M&A).

FINANCES - Selon Warren Buffet, personnage emblématique du monde des affaires et de la finance, "le prix c'est ce que l'on paie, la valeur c'est ce que l'on reçoit". Ces dires mettent en exergue le contraste qui s'articule autour de deux notions fondamentales en finance, à savoir: le prix et la valeur. Cette distinction est d'autant plus accentuée lorsqu'il s'agit d'opérations de fusion-acquisition (M&A).

En effet, le contexte économique actuel laisse entrevoir des transactions dont le prix est souvent déconnecté de la valeur de la société cible et inversement. Les paradigmes économiques du XVIII et XIXème siècles ont longuement débattu sur le sujet, faisant éclore diverses théories sur les interactions entre le prix et la valeur. Cela dit, la fixation du prix, lors d'une transaction, reste une étape ambigüe et cruciale pour les parties prenantes car elle confronte à la fois les motivations de l'acquéreur et du cédant, qui dans certaines situations peuvent être opposées.

En pratique, la détermination du prix est corroborée de travaux de valorisation permettant d'établir une fourchette de prix possibles et servant de base à la négociation. Néanmoins, le prix reste soumis à la loi de l'offre et de la demande, auquel cas il peut varier sans tenir compte de la valorisation de la cible.

Les méthodes d'évaluation d'entreprises permettent à la fois d'estimer la valeur de la société cible (méthode intrinsèque) et un prix possible (méthode comparative) à partir des tendances du marché. A priori, il existera toujours des distorsions entre ces estimations et le prix final du fait de l'existence de divers facteurs faisant varier le prix par rapport à la valeur obtenue lors notamment des travaux de valorisation.

A ce titre, nous pouvons évoquer le cas des entreprises familiales de taille Mid-Caps, dont les actionnaires ont souvent une vision biaisée de la valeur de leurs sociétés, en raison des aspects affectifs et historiques les liant à leurs entités. D'autre part, il est toujours possible de trouver des acquéreurs qui acceptent de payer le prix fort si cela leur permet d'en tirer un avantage stratégique considérable (synergies, taille critique, etc.).

Les rachats d'Instagram et de Whatsapp par Facebook illustrent parfaitement ce cas de figure. Si certains évaluateurs considéraient que les montants "stratosphériques" déboursés par le groupe californien au titre de ces acquisitions résultaient d'une simple frénésie, c'est qu'ils ne voyaient pas plus loin que le bout de leur nez!

En effet, l'acquéreur a pu - au titre de ces transactions - affirmer sa suprématie en matière de "réseautage social" justifiant les prix indécents de ces dernières. Il est donc évident que l'existence d'un différentiel entre le prix et la valeur, lorsqu'il s'agit d'évaluer une entreprise, est indéniable. Néanmoins, l'évaluateur se doit de réduire cet écart dans le but de se forger une opinion pertinente quant à la fixation d'un prix possible.

Bien entendu, le négociateur a tout intérêt à creuser cet écart en fonction de sa position (acquéreur ou cédant) afin d'optimiser sa transaction. Ainsi, nous retiendrons que l'évaluation d'entreprises - dans le cadre d'opérations M&A - est un "travail d'horloger" dont l'ensemble des variables sont à manipuler avec minutie, non pas pour faire converger les intérêts du cédant et de l'acquéreur mais pour justifier un prix pouvant s'éloigner de la valeur intrinsèque de la cible.

La nuance entre les notions de prix et de valeur restera difficile à cerner mais peut être peut-on s'aventurer à dire que dans le cadre de l'évaluation d'entreprise, le prix est une matérialisation tangible de l'intangibilité de la valeur?

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