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01/01/2015 08h:49 CET | Actualisé 02/03/2015 06h:12 CET

Votre voix compte, jeune compatriote!

POLITIQUE - On les dit impertinents, avertis et cyniques. Ils rétorquent en se disant déçus par les gouvernements précédents, méfiants face aux fausses promesses et désintéressés des débats politiques. De nos jours, la jeunesse marocaine est timidement politisée, et elle s'exerce de plus en plus à exprimer son opinion et sa déception des politiciens actuels jugés dépassés et peu en phase avec les aspirations d'une génération en pleine modernisation.

POLITIQUE - On les dit impertinents, avertis et cyniques. Ils rétorquent en se disant déçus par les gouvernements précédents, méfiants face aux fausses promesses et désintéressés des débats politiques. De nos jours, la jeunesse marocaine est timidement politisée, et elle s'exerce de plus en plus à exprimer son opinion et sa déception des politiciens actuels jugés dépassés et peu en phase avec les aspirations d'une génération en pleine modernisation.

Perplexes, les jeunes ne savent plus à quel saint se vouer! A leurs ambitions printanières ou aux narrations mémorables d'un parent déçu? Comment les blâmer s'ils désertent les urnes ? Les jeunes vendangent un héritage parental qui ne cesse de transmettre ses précédentes déceptions ô combien chroniques. Un vécu barbare, corrompu et ironique d'une paire de babouches méritée après le passage aux urnes! Résultats? Une jeunesse qui affiche non seulement sa méfiance négative et son scepticisme récurrent envers les institutions, mais aussi sa stigmatisation des administrations.

Le constat est accablant!

Que fait le gouvernement actuel pour rétablir cette confiance partie en fumée? Que font ces élus? Suffit-il de renouveler et rajeunir l'élite politique pour intéresser les jeunes? Quelle stratégie suit le gouvernement actuel pour prendre en compte les exigences et défis socio-économiques des jeunes? L'heure n'a-t-elle pas sonné de s'intéresser plus sérieusement à cette catégorie de population, et susciter en elle un intérêt pour la chose publique?

En 2012, une lueur d'espoir avait vu le jour lors de la création d'un "gouvernement parallèle", un groupement de jeunes qui avait dupliqué un archétype virtuel du gouvernement initial. Malheureusement, les champs d'actions du mini-gouvernement furent assez timides et ses publications se comptaient sur le bout des doigts. Etait-ce juste un buzz médiatique pour calmer les ardeurs? Il faut croire que oui...

Une confiance en perte de vitesse

Les formations politiques au Maroc offrent toute une panoplie d'idéologie, allant du conservatisme au modernisme, passant par le nationalisme, l'islamisme, la social-démocratie, le libéralisme, le progressisme et le socialisme... Ceci dit, malgré la diversité des courants, le fossé ne cesse de se creuser entre l'homme politique et le citoyen. S'agit-il d'une affaire de confiance bafouée? Selon la dernière enquête de World Values Survey*, 37,1 % des Marocains interrogés considèrent la confiance envers les partis politiques comme très faible, 35,2 % la disent plutôt faible, 19,5% plutôt forte et 8,2 % seulement déclarent une très forte confiance!

Pour vérifier cela sur le terrain, il suffit de constater l'engouement pour les campagnes électorales, qui s'est estompée d'une opération électorale ou référendaire à une autre. Le taux de participation affiche une nette régression, régulière, depuis trois décennies: en 1984, le taux de participation était de 67 %, puis il a baissé par la suite à 62 % en 1993, puis 58 % en 1997, 50 % en 2002 et 37 % en 2007.

Le vent du printemps arabe a soufflé sur ce taux, lequel a alors enregistré une légère hausse le 25 novembre 2011, lorsque le baromètre a affiché 45,40 % de participation. Cette hausse observée n'était pas due à un effort de sensibilisation entrepris par les partis politiques (nous savons très bien que les notables des régions et circonscriptions, figurent en tête de listes!).

En effet, en novembre 2011, suite au référendum constitutionnel du 1er juillet portant sur la réforme de la Loi fondamentale, et suite aux protestations observées dans le monde arabe, les élections qui devaient avoir lieu en septembre 2012 avaient été avancées de onze mois. La jeunesse marocaine s'est exprimée, s'étant laissée tenter par les urnes.

Il va sans dire que le citoyen marocain, jeune et moins jeune, a son mot à dire, un mot dont le vecteur principal est la voix! Faisons-la retentir et partons voter "tous" ensemble... N'est-il pas plus judicieux de délaisser ces critiques virtuelles derrières nos claviers, pour parfaire nos opinions par un acte citoyen qui sera une réelle dynamique, fédératrice de nouvelles énergies et d'un militantisme cohérent car engagé? N'avons-nous pas déjà assez testé ce mutisme qui a laissé proliférer le désintérêt pour la chose publique?

Votre voix compte... Compatriote!

*ONG à but lucratif située à Stockholm, Suède. L'enquête s'appuie sur un regroupement mondial de spécialistes des sciences sociales qui explorent les phénomènes socio-culturels et politiques. La base de données est élaborée en vue de comprendre les valeurs et les attitudes dans plus de 90 pays regroupant près de 80% de la population mondiale.

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