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20/01/2015 10h:37 CET | Actualisé 22/03/2015 06h:12 CET

Et toi... Oserais-tu faire un don d'organe après ta mort?

SANTÉ - N'est-il pas merveilleux de penser que nous pouvons tous, si volonté y est, œuvrer pour la création d'un monde meilleur? N'est-il pas judicieux d'amener les responsables, les décideurs, les scientifiques... à se concerter pour lancer un débat national sur le don et la greffe d'organes après la mort?

Gotama2.0/Flickr

SANTÉ - N'est-il pas merveilleux de penser que nous pouvons tous, si volonté y est, œuvrer pour la création d'un monde meilleur?

Voici quelques jours, mon amie le professeur Amal Bourquia m'a fait part d'une pétition qu'elle avait lancée au mois de novembre dernier, dans l'espoir de faire évoluer le don et la greffe d'organes dans notre pays. Si je viens vous en parler aujourd'hui, ce n'est nullement au gré d'une humeur frustrée devant le nombre de signatures qui n'a pas dépassé les 523...

Non, c'est parce que le ministère de la santé a rendu publique il y a quelques jours un communiqué de presse porteur d'espoir. Celui d'un jeune patient de 32 ans qui avait subi une greffe du foie le 17 novembre dernier et qui vient de quitter l'hôpital Ibn Rochd de Casablanca.

A présent, l'organe greffé remplit l'intégralité de ses fonctions vitales, et l'état de santé général du greffé est bon, permettant la sortie de l'hôpital du jeune homme. Le ministère avait également fait publier un précédent communiqué faisant état d'autres greffes qui se sont soldées aussi par des succès, à Casablanca et à Rabat.

De quoi se réjouir, et espérer qu'un débat national sur le don et la greffe d'organes pourrait être bientôt lancé. La volonté des décideurs est à applaudir, certes, mais beaucoup de travail reste à faire du côté des donneurs. Le citoyen marocain est effrayé, réticent et surtout peu informé. Un tel débat serait à saluer dans le sens où, non seulement il conduirait le donneur à méditer de tels gestes de solidarité mais il permettrait aussi d'engager une véritable culture du don et de la solidarité.

Selon la loi marocaine (1-99-208 portant promulgation de la loi 16-98 relative au don, au prélèvement et à la transplantation d'organes et de tissus humains), toute personne majeure jouissant de ses pleines capacités peut, de son vivant, et selon les formes et conditions prévues à la présente section, faire connaître sa volonté d'autoriser ou d'interdire des prélèvements d'organes, ou de certains d'entre eux seulement, sur sa personne, après son décès.

La loi exige néanmoins la gratuité de l'acte, l'anonymat et le consentement. Pour ce faire, ce dernier doit, de son vivant, s'inscrire sur le registre des acceptations auprès du président du tribunal de première instance de sa région. Une carte de donneur lui sera donc remise afin de faciliter la tâche à sa famille et aux médecins.

Ceci dit, tout citoyen peut s'inscrire dans le registre des refus. Car lorsqu'un individu décède dans des conditions qui permettent le prélèvement d'organes, les médecins commencent toujours par vérifier que le sujet n'est pas inscrit audit registre. D'où l'importance de signifier son souhait auprès des autorités et des membres proches de la famille.

En revanche, le corps humain ne peut être sujet de transactions financières. On entend souvent parler, dans des sociétés frôlant la famine, de cas de kidnapping d'enfants, volés et tués pour alimenter un marché de trafic d'organes. Mais passons sur cette abjection...

Le Maroc est à l'abri de cela car la législation exige le lien de parenté entre le donneur et le receveur: descendants, frères, sœurs, oncles, tantes ou leurs enfants, et dans certains cas, conjoint après une année de mariage.

Tout cela est fort louable, et l'heure est très certainement venue de mettre les bouchées doubles et synchroniser les efforts des différents acteurs, en vue de développer un registre national du don d'organes en facilitant les modalités d'inscription aux registres. N'est-il pas judicieux d'amener les responsables, les décideurs, les scientifiques... à se concerter pour lancer un débat national sur le don et la greffe d'organes après la mort?

La mort, me disait un ami philosophe, n'est qu'un non-état, un non-être, une finitude et un repos éternel. La mort n'est qu'une longue quiétude qui prône la religion et l'amour, celui de donner sans rien attendre au retour, celui d'aider et d'aimer son prochain comme on s'aime soi-même!

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