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01/10/2015 03h:39 CET | Actualisé 01/10/2016 06h:12 CET

L'ère des crises opère: les "mea culpa" ne font plus de miracles!

brandwatch

SOCIÉTÉ - Les crises se suivent et ne se ressemblent pas. Nous vivons une époque où le transfert de crise opère en toute fluidité entre crise sociale, politique, religieuse et économique. Les enjeux et menaces n'épargnent aucune entité. Institutions étatiques, entreprises et gouvernement, s'emmêlent les pinceaux entre maladresse de gestion et mutisme.

C'est ainsi que les scénarios de gestion d'une crise se confondent! Entre ceux qui reconnaissent l'incident en acceptant la crise, ceux qui recourent à un projet littéral (bouc émissaire) pour détourner l'angle de vue de la crise, ou encore ceux qui dénient et optent pour le refus, les stratégies de gestion de vulnérabilité s'avèrent de plus en plus dommageables, tant sur le plan juridique que médiatique.

Malheureusement, la gestion de vulnérabilité en pâtit souvent, et les mea culpa ne font plus de miracles. D'où l'importance des nouveaux métiers de gestion de crise.

Dans un monde devenu complexe et incertain, les institutions peinent à gérer les menaces qui s'amplifient et diffèrent jour après jour. Du simple vol au terrorisme en passant par la corruption, les catastrophes naturelles, les incidents, le piratage informatique ou encore la contrefaçon, les menaces pesant sur les organisations sont nombreuses, variées et souvent enchevêtrées les unes dans les autres. Provenant d'acteurs externes ou internes, les menaces peuvent être classées en fonction de leur nature, de leur origine, de leur cible, de leur auteur etc.

Les menaces externes résultent des manœuvres des concurrents, de l'État, du lobby, des acteurs financiers, des activistes, des cybercriminels ou de la société. En revanche, les menaces internes découlent des manigances des salaries mécontents, des syndicats, des intérimaires malveillants, et des stagiaires malintentionnés

Ces menaces peuvent se développer en constituant des actes licites ou illicites. Elles ont pour cible les personnes, les sites (bâtiments et bien matériels) ou tout simplement, les parties prenantes (sous-traitant, actionnaires, clients, partenaires, gouvernement, fédération etc.)

La vulnérabilité d'une institution résulte souvent d'une atteinte non seulement au patrimoine matériel mais immatériel aussi, à savoir, l'information stratégique, l'image des dirigeants, la réputation du décideur, le capital et le système d'information. D'où l'importance de la protection des données et de l'installation des cellules de gestion de crise au sein des directoires.

Nonobstant, il ne faut pas confondre la protection des organisations avec l'intelligence économique. Leurs points de rencontre sont forts (maîtrise des risques par exemple) mais elles ne se recouvrent pas. Ceci dit, l'intelligence économique s'inscrit dans le management stratégique des entreprises. Elle est inévitablement appelée à devenir une préoccupation essentielle des acteurs économiques et des décideurs, mais ne peut en aucun moment remplacer une stratégie de protection fondée et nourrie par les simulations concrètes.

Et les entreprises?

Il va sans dire que la protection de l'entreprise conditionne non seulement l'évolution de son chiffre d'affaires, mais aussi le développement de ses collaborateurs et de son patrimoine. Perte d'actifs, perte financière, perte d'un marché, perte de production, chute de titre pour les entreprises, disparition d'emplois, perte de compétences-clés, mise en cause de sa responsabilité civile/pénale ou celle des dirigeants... Plusieurs facteurs peuvent affaiblir l'image d'une institution et porter atteinte à sa réputation.

Les années quatre-vingt-dix connurent, à la fin de la guerre froide, une énorme ouverture des marchés. Malheureusement, de profonds bouleversements ont commencé à sévir dans le monde, notamment l'accroissement de l'insécurité internationale, l'invasion brutale des activités criminelles dans l'économie ainsi que l'exaspération de la concurrence et l'accroissement des pratiques déloyales, imputables aux nouvelles formes de la compétition économique: espionnage, terrorisme, déstabilisation, sabotage, pression politique etc.

C'est ainsi que de nos jours, la sûreté devient un enjeu majeur pour toute entreprise. Un management rigoureux des menaces et une stratégie de gestion et de prévention de crise s'imposent. Aussi, l'anticipation et la prévention des malveillances sont de mise, ils occupent de plus en plus une place capitale qui s'articule autour de la communication de crise, de relations publiques stratégiques et de l'intelligence économique... Ces nouvelles disciplines œuvrent pour la consolidation de l'influence et la gestion de réputation.

Galerie photoCes gratte-ciels records qui ont prédit les crises Voyez les images