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31/01/2015 14h:20 CET | Actualisé 02/04/2015 06h:12 CET

Changer le système et les mentalités avec

On entend souvent parler de systèmes liberticides qui privent les peuples de leurs droits les moindres. Mais la masse n'a-t-elle pas aussi sa part de responsabilité de l'obscurantisme dans lequel elle baigne?

On entend souvent parler de systèmes liberticides qui privent les peuples de leurs droits les moindres. Mais la masse n'a-t-elle pas aussi sa part de responsabilité de l'obscurantisme dans lequel elle baigne?

Évidemment, chez la plus part des êtres vivants c'est toujours la faute à l'autre et personne n'ose se remettre en question. Mais parfois, on doit mettre au clair les conséquences de ses propres agissements et faire son autocritique en sachant que souvent on récolte ce qu'on sème.

Certes, le système Algérien a contribué à créer des individus oisifs et anarchiques en privant le peuple de certains de ses droits primordiaux, mais beaucoup d'entre eux sont aussi coupables avec leurs actes isolés car dans chaque maison Algérienne il y a une dictature. Il faut d'abord régler ces mini-dictatures pour qu'on mérite un gouvernement démocratique. Un petit survol de la société Algérienne et il ne faut pas être un génie pour s'apercevoir que l'injustice sociale se pratique dans chaque foyer, notre gouvernement n'est-il pas à notre image ou sommes-nous tout simplement à l'image de nos dirigeants?

Nos leaders religieux prêchent les directives de l'islam dans les mosquées sans être à cheval sur le savoir vivre et le respect de l'autre. Ils apprennent aux gens la prière sans leur inculquer la bonne attitude musulmane, l'amour de l'autre.

Notre attitude envers la femme et l'enfant est pathétique: La femme est mise de côté lésée dans ses droits, les enfants sont éduqués dehors à défaut d'être encadrés par leurs parents, sans oublier notre laxisme et manque de zèle au travail.

Hélas, tout cela a engendré cette tragédie algérienne qui consiste en cette décadence et léthargie où l'on sombre depuis des années. La médiocrité générale prime sur tout dans notre société, sous toutes ses formes que ça soit dans notre comportement individuel dans nos foyers où en masse dans la rue.

Comment pourrons-nous monter sur les podiums de la civilisation alors qu'on nettoie nos maisons avec zèle et on ne se soucie pas de la propreté des places publiques?

Quand nos hommes veillent à la pureté (chasteté) de leurs femmes, filles, sœurs et abusent des filles d'autrui?

Quand on garde soigneusement notre argent dans des banques et on se permet de voler l'argent publique?

Notre honorable prophète n'a-t-il pas dit que l'on doit souhaiter aux autres ce qu'on souhaite à soi-même!

Tout comme il a dit que la situation d'un peuple ne pourra changer sans qu'ils fassent un changement dans leur fonds intrinsèques.

Le système doit changer certes, mais par l'intérieur et que chaque personne en Algérie doit changer. Le pot de vin que demande le petit citoyen dans une mairie ou toute autre institution n'est pas générée juste par le système qui alimente la bureaucratie à lui seul c'est aussi le sens des valeurs, de la morale et la notion de citoyenneté qui ne vont pas. Ce qui est ironique! C'est que cette même personne, va critiquer le système et dénoncer la corruption en oubliant qu'elle-même la pratique. Alors, il faut que le travail de fond et d'autocritique commence en chaque individu, un changement qui s'étale aux membres de la famille puis à la société toute entière.

Une prise de conscience collective car il n'y a pas que le système qui va mal, nous aussi on n'est pas parfaits, ou sont nos valeurs éthiques, notre conscience de cohabiter ensemble en tant que peuple? Travaillons nous chacun sur nous-même? Refusons nous certains privilèges qui se présentent à nous si c'est contraire aux valeurs et au règlement? Le respect des lois dénote une prise de conscience objective, quand tu es contre quelque chose il faut se l'interdire d'abord à soi avant d'attaquer l'autre. Il y'a trop de divergences d'opinions qui sont prises comme personnelles et qui créent des discordes. Chacun de nous se donne raison, tu ne peux pas construire quelque chose quand tu n'as pas d'abord réglé les comptes avec toi-même.

D'autres part, il faut surtout régler nos différents sur le plan identitaire, et ça il ne faut pas attendre que ce soit l'état ou ceux qui nous font des leçons sur la démocratie (France ou Usa) qui le fassent c'est chacun de nous qui doit le faire par un mouvement à but purement sociale, une révolution qui commencera à l'intérieur de chaque individu. C'est un travail difficile et de longue haleine mais qui apportera sûrement ses fruits. Soyons à l'image de l'américain qui vient de partout pour construire une nation qui s'appelle USA et œuvrons ensemble pour intégrer et adopter cette notion de "citoyen Algérien" issue de toutes les civilisations qui ont transité par ce pays à fin de former une identité Algérienne qui intègre l'amazigh, le chaoui, le turque, l'arabe, le m'zab, le sahraoui avec toutes les différences qui s'y rattachent et prendre cela comme richesse. Dépassons le débat sur l'identité et les querelles qui n'ont rien de constructif et surtout ne nous greffons à aucune autre nation.

Toutefois, faisons attention à la manipulation et aux loups féroces de l'extérieur et leurs collaborateurs de l'intérieur, qui n'attendent que le moment opportun pour attaquer et ce n'est sûrement pas au peuple que ça profitera.

Finalement, on n'a que le gouvernement qu'on mérite. Changeons la base de chaque individu et ça atteindra le sommet. Voilà le genre de mouvement qui doit être entamé en Algérie et non des regroupements qui nous séparent comme celui de Barakat. Cependant, commençons par un travail d'autocritique profond individuel qui s'étendra sur le collectif qui aboutira à un résultat prospère.

Des études ont révélé que quand 5% d'une population adopte un comportement, toutes la population suit ce même comportement. Alors adoptons le bon comportement et tout coulera de source.

Au fond, personne n'est plus responsable de notre tragédie internationale que notre ego, même si c'est difficile de l'admettre on est les victimes de nos propres erreurs. Aucune excuse au monde ne pourra justifier et porter le poids de notre déchéance. Car on a vraiment failli à la mission de prendre la relève d'une civilisation que nos ancêtres ont bâtie avec ardeur. Une gloire pour laquelle Larbi M'hidi et autres ont été pendus.

Toutefois, les rênes du pouvoir reviennent aux peuples qui apprennent des erreurs des autres. On doit tirer une leçon de la tragédie printemps arabe en optant pour le réformisme et non la révolution pour éviter ainsi le chaos et l'anarchie.

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