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27/02/2016 12h:45 CET | Actualisé 27/02/2017 06h:12 CET

L'énergéticien Sonelgaz et l'avenir électrique du pays

Le changement de paradigme dans la production et l'offre électrique, accéléré par la chute des cours des hydrocarbures et la convergence énergie/numérique, nécessite un changement de culture chez l'énergéticien public algérien. Son PDG actuel, Noureddine Bouterfa, semble privilégier uniquement l'augmentation des prix de l'électricité. Il n'est pas certain que ce soit la meilleure des stratégies.

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Le changement de paradigme dans la production et l'offre électrique, accéléré par la chute des cours des hydrocarbures et la convergence énergie/numérique, nécessite un changement de culture chez l'énergéticien public algérien. Son PDG actuel, Noureddine Bouterfa, semble privilégier uniquement l'augmentation des prix de l'électricité. Il n'est pas certain que ce soit la meilleure des stratégies.

Longtemps à l'ombre de la Sonatrach, le groupe public d'hydrocarbure qui lui fournissait l'énergie fossile nécessaire à la production électrique du pays, la Sonelgaz se trouve projetée au devant de la scène économique algérienne. Le géant africain bénéficiant du plus puissant ensoleillement au monde, ne peut rester insensible au succès dans les énergies renouvelables de pays minuscules comme le Costa Rica et de régions telle la Bretagne.

Une électricité parmi les moins chères

Alors que les experts s'accordent depuis longtemps sur le fait que c'est la Sonelgaz qui devrait prendre le relais devant la Sonatrach pour offrir à l'Algérie un avenir dans les énergies renouvelables, voilà que Noureddine Bouterfa est dans une posture d'attentisme, voire de démagogie.

Avant même de montrer un cahier de route, une vision à long terme de politique dans les énergies vertes, à l'instar des Marocains et des Espagnols, le PDG pointe d'emblée la responsabilité du peuple algérien d'avoir longtemps vécu avec une électricité parmi les moins chères du monde.

En rejetant la responsabilité sur les politiques et la population algérienne d'avoir permis et bénéficié grâce à la manne pétrolière d'une électricité bon marché, Noureddine Bouterfa et son équipe semble vouloir éviter à la Sonelgaz un bilan, nécessaire à l'aube d'une transition énergétique, qui peut être douloureuse.

Tout d'abord, le manque de relations, au contraire des autres pays du Maghreb, des cadres de la Sonelgaz avec les experts internationaux d'origine algérienne du domaine de la convergence énergie/numérique dont certains font le bonheur de grands groupes occidentaux, sinon d'universités. D'autres part, l'absence de l'énergéticien dans les grands salons parisiens et mondiaux dédiés à l'innovation technologique en matière d'électricité.

Un énergéticien loin de l'industrie productive

Dans le secteur mondial de l'industrie électrique, il est permis de constater que Sonelgaz véhicule plutôt l'image d'un client que celui d'un groupe tourné vers l'innovation. Cette idée d'un énergéticien qui n'est pas axé vers l'industrie productive, mais d'une société qui achète les infrastructures clés en main, perdure depuis les années 70.

Depuis, des experts d'origine algérienne ont été formés dans les différents métiers des filières de l'industrie électrique. Pour certains, ils excellent aujourd'hui dans les énergies renouvelables et à haut niveau.

Dans ses interventions récentes, où il s'exprime qu'en termes de moyens pour s'engager dans une transition verte, Noureddine Bouterfa se trouve en porte-à-faux face au gouvernement qui clame, à qui veut l'entendre, que le salut est dans les énergies renouvelables.

Sonelgaz va-t-elle devoir s'adapter à la volonté du politique ? Pour cela deux actions sont nécessaires. La première est celle du développement d'une vraie pédagogie de l'efficacité énergétique envers le grand public, car, c'est bien de dire qu'il faut augmenter les prix, mais il revient à l'opérateur d'éduquer le consommateur.

La deuxième action, et celle de l'innovation. L'Algérie bénéficie d'un dynamique réseau scientifique dans ses universités et comme à l'étranger, impliqué dans des projets internationaux concernant le futur de l'électricité, comme les villes, réseaux et bâtiments intelligents.

Dans ses déclarations, Noureddine Bouterfa ne semble pas avoir une doctrine sur la convergence énergie/numérique. Dommage, les capacités algériennes sont à portée de mains.

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