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24/02/2016 05h:57 CET | Actualisé 24/02/2017 06h:12 CET

Il faut continuer le combat contre l'explosion du prix des nouveaux vaccins !

L'Algérie, le Maroc et la Tunisie ont fait partie des plus fervents soutiens en faveur de l'adoption d'une résolution contre le prix élevé des nouveaux vaccins.

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En Mai dernier à Genève, l'Algérie, le Maroc et la Tunisie ont fait partie des plus fervents soutiens en faveur de l'adoption d'une résolution contre le prix élevé des nouveaux vaccins.

Si l'on inclut ces nouveaux vaccins- les vaccins anti-papillomavirus humain, antipneumococciques conjuges et antirotavirus- le cout total de la vaccination d'un enfant a été multiplié par 68 dans les pays les plus pauvres depuis 2001.

Ce chiffre est issu du rapport The Right Shot, publié par Médecins Sans Frontières l'année dernière sur la base de prix "négociés" disponibles uniquement pour les pays plus pauvres via Gavi, l'Alliance du Vaccin.

L'Algérie, le Maroc et la Tunisie, qualifiés de pays à "revenus intermédiaires" n'ont pas accès à ces prix négociés ni à une quelconque subventions.

Face à l'augmentation incontrôlée du prix des nouveaux vaccins, de nombreux pays sont contraints de faire des choix financiers entre les maladies contre lesquelles ils peuvent protéger leurs enfants et celles contre lesquelles ils n'ont pas les moyens d'acheter le vaccin.

Prenons la pneumonie par exemple. Cette maladie respiratoire connue de tous, est la principale cause de mortalité pour les enfants de moins de cinq ans. Chaque année, presque un million d'enfants en succombent à travers le monde. Il existe un vaccin pour protéger les enfants contre la pneumonie, mais son prix est inabordable pour de nombreux parents et gouvernements.

Le vaccin contre la pneumonie, représente aujourd'hui près de la moitié du coût de la vaccination d'un enfant dans les pays les plus pauvres. Les deux seuls fabricants du vaccin contre la pneumonie, les laboratoires Pfizer and GlaxoSmithKline (GSK) en ont vendu pour plus de 30 milliards de dollars.

Médecins Sans Frontières a essayé pendant de nombreuses années de négocier une baisse du prix de ce vaccin, mais les laboratoires pharmaceutiques n'ont pas cédé. En avril dernier nous avons finalement lancé L'Injuste Prix - une campagne publique pour mobiliser la population et les dirigeants politiques et les encourager à accroitre la pression sur Pfizer et GSK pour faire baisser à 5 dollars (pour les trois doses) le prix du vaccin pour les enfants dans les pays en développement.

Une pétition lancée en Novembre a déjà recueillie plus de 150 000 signatures et nous encourageons le plus grand nombre à la signer ici : www.afairshot.org

Cette semaine, se tient à Addis Abeba en Ethiopie, la toute première conférence ministérielle sur la vaccination en Afrique. Le but de cette conférence est d'encourager les nations africaines à mobiliser plus de ressources en faveur de la vaccination.

Ce but est louable, mais il ne faut pas perdre de vue que sans une réduction drastique du prix des nouveaux vaccins, les pays africains n'auront pas les moyens de financer leurs programmes de vaccination à l'avenir.

L'Algérie, le Maroc et la Tunisie ont une nouvelle fois la possibilité de s'exprimer publiquement sur ce fléau et d'encourager d'autres pays a pousser pour des solutions en matière de réduction du prix des nouveaux vaccins et garantir un meilleur avenir à ses enfants.

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