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25/02/2016 07h:17 CET | Actualisé 25/02/2017 06h:12 CET

Quand la jeunesse maghrébine crie sa colère par la musique

CULTURE - S'il n'était pas possible avant la révolution tunisienne de sortir un film sur la répression sous le régime de Ben Ali, il n'est jamais trop tard pour le faire à présent.

CULTURE - S'il n'était pas possible avant la révolution tunisienne de sortir un film sur la répression sous le régime de Ben Ali, il n'est jamais trop tard pour le faire à présent.

Leila Bouzid s'y consacre avec brio dans "A peine j'ouvre les yeux" et peint le portrait d'une jeunesse tunisoise qui a soif de liberté. Elle filme la rébellion inconsciente et l'énergie irascible d'un groupe de rock composé de jeunes de 18 ans dans les rues hautement surveillées d'un Tunis d'avant la révolution du jasmin.

Face à l'énergie que dégage le film, énergie qui prend sa source dans la colère et qui a indéniablement été fondamentale pour la révolution, on ne peut s'empêcher de s'essayer à des rapprochements plus ou moins à propos avec d'autres pays du Maghreb.

Rébellion universelle ou frustration politique?

On en arrive ainsi à se demander si une telle forme d'énergie n'existe pas aussi auprès de la jeunesse marocaine, qui s'exprime musicalement bien souvent à travers des genres plutôt agressifs comme le métal et le rap. Cette forme d'expression est-elle caractéristique d'une rébellion universelle à la jeunesse ou est-elle plutôt symptomatique d'une frustration politique?

C'est très certainement un mélange des deux que l'on retrouve dans le personnage de Farah dans le film de Leila Bouzid. Il semble même d'ailleurs que Farah ne semble pas tout à fait comprendre la portée politique subversive pour l'époque des textes qu'elle chante.

Elle se place, la plupart du temps, dans une désobéissance civile, dans un refus de soumission au pouvoir politique sans comprendre les enjeux d'un tel positionnement. Il s'agit d'une forme de résistance propre à la jeunesse qui s'oppose frontalement à ce qui exerce une force sur elle.

Mais ce qui se joue est évidemment beaucoup plus grave, d'où la rage et le courroux de ces jeunes qui s'expriment sous le regard inquiet de leurs parents qui ne connaissent que trop bien les conséquences de tels actes.

Partant, qui donnera la parole aux jeunes musiciens tels ceux du festival L'Boulevard, et qui cristallisera leur insoumission, timidement esquissée auparavant dans le "Casa Nayda" de Farida Belyazid?

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