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27/05/2014 17h:32 CET | Actualisé 27/07/2014 06h:12 CET

Ce que révèle l'autorisation de l'exploitation du Gaz de schiste en Algérie

Ça y est! Lors du dernier conseil des ministres, le 21 mai, César a levé le pouce validant l'exploitation du gaz de schiste en Algérie... Petit rappel des controverses entourant le Gaz de schiste... Étant un gaz non conventionnel, la technique utilisée pour l'extraire est la fracturation hydraulique... Dans un pays aride mettre en danger les nappes phréatiques du Sahara, qui constituent le principal réservoir en eau du pays apparaît comme irresponsable.

Ça y est! Lors du dernier conseil des ministres, le 21 mai, César a levé le pouce validant l'exploitation du gaz de schiste en Algérie. La réforme de la loi sur les hydrocarbures avait engagé des aménagements en ce sens mais notre bon roi a donc donné son feu vert sans aucun réel débat national sur la question. Les français vont donc être autorisés à faire en Algérie, ce qu'ils ne sont pas --encore- autorisés à pratiquer chez eux. Comme au temps de la colonisation, le désert Algérien va donc être encore une fois une terre d'expérimentation pour la France.

Petit rappel des controverses entourant le Gaz de schiste. Étant un gaz non conventionnel, la technique utilisée pour l'extraire est la fracturation hydraulique. Cette technique a pour principale bémol, outre l'usage de quantités énormes d'eau, l'utilisation de produits chimique qui en plus de polluer les terres des lieux d'exploitations constituent des dangers pour les nappes phréatiques.

Dans un pays aride, voir même dans le contexte d'un monde futur où l'on prévoit de plus en plus de conflits tournant autour de l'accès aux ressources en eau, mettre en danger les nappes phréatiques du Sahara, qui constituent le principal réservoir en eau du pays apparaît comme irresponsable.

Néanmoins, les dirigeants de ce pays nous ont habitués à prendre des décisions court-termistes, négligeant complètement l'état dans lequel ils laisseront ce pays aux générations futures.

De plus, nécessitant d'innombrables forages, l'exploitation du gaz de schiste rend également inexploitable les terres usités pour toute autre pratique tel que l'agriculture, secteur ô combien sinistré en Algérie.

Cela dit, cette décision est symptomatique de deux états de fait. Tout d'abord, la sclérose dans laquelle se trouve la scène politique Algérienne, avec par exemple aucune opposition crédible qui demande des comptes aux décideurs, probablement plus occupés à quémander les conseils en matière de démocratie aux anciens cadres du FIS encore en liberté. De plus, là où en France ou au Royaume-Uni, les débats aux Parlements font rage au sujet du bien fait d'une telle exploitation avec tout ce qui s'en suit d'enquêtes parlementaires pour appuyer les arguments d'un camp ou de l'autre.

Les parlementaires algériens ne semblent bon qu'à diviser leurs temps entre lever périodiquement le

bras pour s'octroyer des privilèges et profiter de ces mêmes privilèges. Le seul combat qui vaille pour eux est celui de l'obtention du passeport diplomatique pour eux et leurs familles.

D'autre part, dans un point de vue plus économique cette fois-ci .Là où l'horizon de l'épuisement des ressources en hydrocarbure pouvait constituer l'opportunité d'enfin amorcer le virage tant attendu d'une diversification de l'économie algérienne, du passage d'une économie de rente à une économie de création de richesses, les décideurs ont donc choisi de traiter l'Algérie en junkie qui doit trouver irrémédiablement une nouvelle drogue pour substituer l'ancienne, désormais en passe d'être révolue.

C'est donc encore une fois le statu-quo qui l'emporte, l'objectif est donc de pouvoir continuer à avoir un moyen de pression et un moyen de clienteliser de large pans de la population, en passant par les milieux d'affaires. Ce qui n'est d'ailleurs cependant pas complètement acquit, l'Algérie détient les troisièmes réserves mondiales en Gaz de schiste, qui, étant non conventionnelle permettra seulement de couvrir la demande intérieure toujours grandissante d'énergie, et qui n'étant rentable qu'à moyen terme, ne permettra pas de doter l'Algérie d'une large marge de manœuvre financière comme peuvent le faire les hydrocarbures. Si l'Algérie désire se pérenniser, elle doit en urgence mettre en œuvre les réformes nécessaires pour sortir de cette logique de rente qu'elle ne pourra maintenir, sous peine, d'être obligée de recommencer à emprunter à l'horizon 2024 selon les chiffres du FMI.

Il apparaît ainsi que l'entérination de l'exploitation du Gaz de schiste pose un certain nombre de questions auxquelles les Algériens aimeraient bien avoir des explications, notamment au niveau de l'évaluation des risques et au réel apport que pourrait apporter cette exploitation.

Néanmoins, elle apporte également un certain nombre de réponses sur la manière dont est géré ce pays et donne donc un aperçu sur ce qui attend les Algériens pour la suite du quatrième mandat.