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01/02/2017 13h:42 CET | Actualisé 02/02/2018 06h:12 CET

Le grand retour du Maroc à l'Union africaine, fruit d'un soft power à la marocaine

INTERNATIONAL - Le 28e Sommet de l'UA, tenu à Addis-Abeba hier et avant-hier, s'inscrit comme un moment particulièrement important dans l'histoire contemporaine du royaume, qui vient de signer son grand retour dans sa famille institutionnelle africaine.

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INTERNATIONAL - Le 28e Sommet de l'UA, tenu à Addis-Abeba hier et avant-hier, s'inscrit comme un moment particulièrement important dans l'histoire contemporaine du royaume, qui vient de signer son grand retour dans sa famille institutionnelle africaine.

Le Maroc est officiellement membre de l'Union africaine. C'est le résultat du large consensus qu'a permis un groupe de 39 pays africains mobilisés derrière le Maroc. Ce groupe a imposé la réintégration du royaume sans passer par le vote qui aurait été, de toutes les manières, très majoritairement en faveur du Maroc.

Il faut dire qu'il s'agit là d'un extraordinaire retournement de situation. Pendant 3 décennies, la doctrine diplomatique chérifienne n'a pas bougé par rapport à un point essentiel: l'existence du front Polisario dans les instances africaines. Rabat refusait catégoriquement de siéger aux côtés de ce qu'il considère être un "Etat fantomatique sans présence réelle sur le terrain". Une position élevée au rang de doxa au Maroc, tellement "l'humiliation" de 1984, quand Hassan II a vu le Front Polisario débarquer dans la défunte OUA, ne passait pas.

Le fruit d'une diplomatie douce à la marocaine

Mais depuis beaucoup d'eau fraîche a coulé dans les marécages africains. En accédant au pouvoir en 1999, Mohammed VI se rend vite compte de la situation inextricable dans laquelle se trouve le royaume. Le plan Baker proposé par l'ancien secrétaire d'Etat américain James Baker met le Maroc au pied du mur et la majorité des pays africains n'ont que des relations confidentielles avec Rabat. Le roi est conscient qu'il faut reprendre rapidement l'initiative.

Il multiplie les voyages en Afrique subsaharienne. Plus de 24 pays visités en une cinquantaine de périples et un succès certain. Mohammed VI se met patiemment et fermement à détricoter l'influence de la diplomatie algérienne. Dans la foulée, le royaume chérifien tisse sa toile économique, déploie son baldaquin spirituel et partage son savoir-faire sécuritaire.

Sur le plan économique, les banques, les assurances et sociétés immobilières marocaines mettent le cap sur l'Afrique prenant des longueurs d'avance. Sur le plan spirituel, le "commandeur des croyants" veille à la formation des prédicateurs et des prêcheurs africains, faisant la promotion d'un islam tolérant et médian. Sur le plan humanitaire, les avions marocains convoient des centaines de tonnes d'aide et érigent des hôpitaux de campagne. Une nouvelle diplomatie à multiples visages voit le jour et s'affirme: décomplexée et résolument offensive.

Le retour du Maroc au sein de l'Union africaine est un événement qui marquera l'histoire contemporaine du continent africain. En effet, "la réintégration du Maroc au sein de sa famille institutionnelle, la principale organisation multilatérale africaine qu'est l'Union africaine va renforcer le rôle central que joue le Maroc entre l'Afrique et l'Europe grâce à l'utilisation et la mobilisation d'un ensemble de fonds, car au cours des quinze dernières années, le roi Mohammed VI a érigé l'Afrique en une priorité stratégique pour le Maroc.

Citons à cet égard les multiples visites officielles du souverain et de délégations de haut niveau composées d'hommes d'affaires et couronnées par la conclusion d'accords bilatéraux dans le domaine du commerce et des investissements avec les pays africains en vue de mettre en place des mécanismes pour faciliter l'échange et la création de joint-ventures.

Le Royaume a tenu aussi à renforcer sa présence et ses relations avec plusieurs organisations régionales telles que l'UEMOA, COMESSA, CEMAC et la CEDEAO ainsi que le NEPAD. Il s'agit aussi de l'élargissement de son influence dans d'autres régions en particulier l'Afrique anglophone et lusophone à travers le renforcement de ses représentations diplomatiques et l'échange de visites officielles.

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