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01/06/2014 14h:46 CET | Actualisé 01/08/2014 06h:12 CET

Raymonde Peschard: Elle est morte pour l'Algérie son pays

Raymonde Peschard est tombée au champ d'honneur le 26 novembre 1957, à une vingtaine de kilomètres au nord-ouest de Medjana (Bordj Bou Arréridj), à Draa Errih, sur un chaînon des monts des Bibans, le djebel Tafertas. Elle venait d'avoir 30 ans. Elle est née le 15 septembre 1927 à Saint Eugène (aujourd'hui Bologhine) dans la banlieue d'Alger.

Capturée, elle assista à l'exécution sommaire de ses compagnons d'armes, Rachid Belhocine, médecin, Arezki Oukmanou et Redjouani, étudiants en mathématiques. Ne pouvant supporter de les voir massacrés, elle trouva "le courage de déverser sur les soldats un flot d'injures, les traitant de sauvages, de barbares et de nazis", témoigne Djoudi Attoumi, officier de l'ALN dans la wilaya III, dans son livre "Avoir vingt ans au maquis". Elle fut à son tour lâchement assassinée d'une balle tirée, à bout portant dans la nuque, par un officier sur ordre du colonel Georges Buis, descendant des envahisseurs de 1830.

Dans un communiqué lu à la radio et diffusé par la presse algéroise des colons, le ministre-résident, Robert Lacoste, présenta sa mort comme un titre de gloire pour la France coloniale.

Descendante d'immigrés européens, Raymonde Peschard est morte pour la libération de son pays, l'Algérie. Elle était dotée d'un capital politique acquis au cours des luttes quotidiennes, menées aux côtés de ses frères musulmans, contre l'ordre colonial cruel, sanglant, insultant, raciste, injurieux et dédaigneux qui nia longtemps son déclin.

Raymonde Peschard est enterrée au cimetière de Constantine, auprès de son oncle paternel, Edouard. Pour perpétuer son souvenir, la République algérienne reconnaissante a donné son nom à une grande artère de la ville de Constantine.