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19/01/2018 06h:55 CET | Actualisé 19/01/2018 07h:45 CET

Africa Data Lab: "Le marché marocain de la data souffre d'une pénurie de compétences"

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ENTREPRISE - Quels sont les challenges rencontrés par les jeunes entrepreneurs au Maroc? Après un premier retour d'expérience avec Ahmed Guessous, fondateur d'une imprimerie spécialisée dans le secteur publicitaire, et avec Abdelhak Laraki, fondateur d'IEB, bureau d'étude en BTP, retour sur l'expérience de deux jeunes entrepreneurs, Ghita Ammor et Mohammed Lahlou, co-fondateurs d'Africa Data Lab, spécialisé en formation Data.

- Parlez-nous de votre parcours...

Ghita: Nous avons tous les deux effectué nos études au Maroc, avant d'obtenir nos diplômes en France (en génie informatique pour Mohammed, et mathématiques/informatique pour moi). Nous avons ensuite travaillé quelques années en tant que consultants Big Data/Data analytics dans des entreprises leaders en France. Depuis quelques mois, nous avons décidé de quitter le monde du conseil pour fonder Africa Data Lab, et amener notre expérience et expertise au marché marocain!

- Pourquoi être rentré au Maroc? Comment se passe le retour?

Mohammed: Le marché marocain de la data est peu structuré et souffre d'une pénurie criante de compétences. Nous sommes rentrés parce que nous voulions apporter notre pierre au développement de notre pays, à un moment ou le digital et la data sont nécessaires à toute entreprise qui souhaite accélérer son développement.

Nous sommes agréablement surpris de voir que beaucoup d'initiatives dans la digitalisation sont en train d'être lancées. Le côté administratif nous faisait peur, mais nous avons rencontré des personnes de bonne volonté, et n'avons pas eu pour l'instant de soucis de ce côté-là! Enfin, se rapprocher de la famille est aussi un facteur important.

- La formation professionnelle est au cœur de la stratégie nationale pour les 3 prochaines années. Quelle est votre vue sur cela?

Ghita: Des subventions sont mises en place pour soutenir cette stratégie, avec des aides pouvant aller jusqu'à 70% du prix de la formation. Néanmoins, un nombre infime ds personnes en profitent. Nous sommes d'ailleurs en train de négocier des partenariats avec l'OFPPT et l'ANAPEC.

- Pourquoi la formation en data en particulier?

Ghita: Aujourd'hui, tous les secteurs sont impactés par une révolution digitale globale (banques, industrie, services publics). C'est une opportunité de création d'emplois extraordinaires, et dans des métiers d'avenir.

D'un point de vue data, il n'existe que des masters spécialisés, qui restent très théoriques. Aucune formation n'existe pour des personnes "on-the-job" (travaillant déjà). C'est ce déficit que nous voulons combler, en accompagnant les entreprises dans la formation de leurs salariés dans le secteur de la data, et en orientant les jeunes étudiants, ou demandeurs d'emplois vers ces métiers-là, où la demande existe !

- Quel retour d'expérience faites-vous sur votre aventure entrepreneuriale?

Mohammed: Aucun regret! Etrangement, être constamment derrière un bureau ne nous manque pas (rires). C'est passionnant, et nous avons eu beaucoup de retours positifs du marché. Nous avions peur que les décideurs ne nous trouvent pas forcément crédibles. Mais finalement, c'est un secteur jeune et les décideurs marocains sont très sensibles à notre expérience, qui est introuvable sur le marché.

- Des conseils aux jeunes, comme vous, qui souhaiteraient aussi suivre le même chemin?

Ghita: Il faut aller au bout de ses rêves, et les concrétiser! Être bien entouré est primordial, que ce soit des amis avec des expériences diverses, des experts qui vous soutiennent, des ex-collègues qui vous conseillent. Dans notre cas, nous avons eu la chance d'avoir des personnes qui nous ont donné l'opportunité de leur prouver notre valeur, avec un premier projet. Ce sont eux qui nous ont mis le pied à l'étrier.

Mohammed: Pour conclure, il faut rêver, et il faut surtout être prêt à gérer le doute, et l'incertitude. Il faut aussi se remettre en question de manière permanente, et sortir de sa zone de confort! Bon courage à tous!

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