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06/03/2018 10h:46 CET | Actualisé 06/03/2018 10h:46 CET

La Tunisie de retour sur le marché financier

Doucefleur via Getty Images

Au cours de la deuxième moitié du mois de mars, la Tunisie s'apprête à sortir sur le marché financier pour procéder à une émission obligataire de 1 milliard de dollars.

Une sortie qualifiée d'incontournable afin de mobiliser les ressources nécessaires aux besoins du budget de l'État, combler le retard du décaissements de la 3ème tranche du FMI et renforcer le stock de nos avoirs en devise.

C'est aussi un grand moment de vérité et un immense défi pour le gouvernement afin d'évaluer sa capacité à attirer les investisseurs et un énorme challenge pour la Banque Centrale qui va orchestrer cette sortie et particulièrement pour son gouverneur fraîchement nommé.

Un pari de taille, qui n'est pas appuyé par certains analystes, mais qu'on espère gagnant et qu'il se concrétisera par la levée de la somme due et surtout par l'obtention d'un taux d'intérêt non prohibitif puisque, contrairement à la majorité des précédents emprunts obligataires, celui de 2018 va se faire uniquement sur le risque tunisien, c'est à dire, sans aucune garantie étrangère.

En effet, depuis 2011 la Tunisie a multiplié les émissions pour répondre aux exigences de la révolution. Ces émissions se résument essentiellement par des:

  • Placements privés effectués par le Qatar
  • Garanties octroyées par l'agence japonaise de coopération internationale (JICA)
  • Garanties octroyées par l'État américain
  • Sorties en solo sur le marché financier

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Au vu des deux sorties basées uniquement sur le risque tunisien, celle de 2015, a été "réussie" malgré les innombrables objections qui l'ont accompagné, par contre celle de 2017 a été moins fructueuse vu que l'émission a été clôturée à une somme de (850 millions d'euros), bien inférieure à celle initialement annoncée de 1 milliard d'euros.

Paramètre important qu'il faut prendre en considération lors de cette sortie, est le rating de la Tunisie auprès des agences de notations vu qu'il s'agit d'un indicateur fondamental qui reflète le tableau de bord économique et financier du pays et qui est très prisé par l'ensembles des investisseurs.

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Théoriquement, la Tunisie n'est pas bien placée pour espérer des conditions meilleures que celles de 2015 ou 2017, mais la progression du processus démocratique, l'amélioration du climat des affaires, les prémices d'une relance économique et un bon lobbying peuvent nous réserver une sortie prometteuse.

Il faut noter aussi qu'une délégation de Moody's a été dépêchée en Tunisie courant février et leurs conclusions devront voir le jour prochainement et pèseront incontestablement dans le choix des obligations tunisiennes.

NB: La Grèce qui a touché le fond du gouffre vient de reconquérir le marché financier en février 2018 via l'émission d'un emprunt obligataire de 3.5 milliards d'euro, remboursable sur sept ans, à un taux de 3,5%.

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