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15/04/2016 06h:20 CET | Actualisé 15/04/2017 06h:12 CET

Hommage à Ahmed Brahim

FETHI BELAID/AFP

HOMMAGE - "Camarade", c'est ainsi que Ahmed Brahim appelait Yassine Brahim quand ils étaient ensemble au gouvernement le lendemain de la révolution.

Ahmed Brahim nous quitte aujourd'hui mais son impressionnant parcours de militant en faveur de la démocratie et d'une société équitable restera vivant dans la mémoire collective politique de notre pays.

Grâce à mon ami Anouar Moalla, j'ai eu le privilège de l'interviewer lors de l'émission hebdomadaire Cartes sur Tables sur les ondes de RTCI. Jovial et d'un abord des plus aisés, il dégageait la sincérité et le sens des responsabilités grâce à un discours patriotique, mesuré et jamais dans l'opportunisme politique. Pour lui rendre l'hommage qu'il lui sied, je n'ai trouvé mieux que de solliciter mon ami Mohamed Khenissi, militant historique de gauche et ami d'enfance de Sid Ahmed dont il partage l'amour de leur ville natale Zarzis.

"REVERENCE:

Ahmed Brahim n'est plus! Paix à son âme! Sincères condoléances à sa famille, ses camarades et ses amis!

La Tunisie perd avec lui l'un de ses enfants les plus honnêtes et les plus courageux, alliant une grande modestie et une simplicité rares, dans sa vie de tous les jours et dans ses relations sociales.

Un militant de gauche de la première heure, infatigable, au sein de l'UGET, de l'UGTT et bien sûr au sein du Parti communiste tunisien (PCT), puis de la Moubadra, puis du Ettajdid, EL Qotb et El Massar. Une vie bien remplie tant au niveau professionnel à l'Université de Tunis (enseignement et recherche) qu'aux niveaux politique et journalistique.

Il a dédié son engagement à la Tunisie qu'il "a aimé et chérie comme personne", dirait Mohamed Sghaier Ouled Ahmed qui l'a précédé vers la tombe. Ahmed Brahim n'a jamais eu peur de s'engager, de s'impliquer et de se mouiller en prenant des positions politiques courageuses, sans chercher à plaire.

Il s'est présenté avec toute la détermination contre Ben Ali lors des élections présidentielles de 2009, sans pour autant avoir d'illusions sur la régularité de ces élections que tout le monde sait tronquées et truquées!

Il n'a pas ensuite hésité, en plein feu de la révolution de faire partie du gouvernement Ghannouchi pour ne pas laisser les commandes du pays entre les seules mains des collaborateurs de Ben Ali et pour lui éviter une situation chaotique non maîtrisable. Il croyait dur à la pérennité et la continuité nécessaires de l'État et à la transition pacifique vers la démocratie. On peut ne pas partager ce point de vue, mais on ne peut pas ne pas avoir de l'estime pour son courage à le faire.

Il a ensuite été élu à la Constituante où il n'a pas manqué de laisser son empreinte dans ses travaux et en forçant le respect de tous par son franc-parler, mais aussi par son respect pour sa fonction.

Et, pour couronner sa carrière politique, il a donné l'exemple en cédant la place aux jeunes à la tête de son parti. Peu de chefs de partis ou même d'associations en sont capables!

En partant, Ahmed Brahim laisse l'image d'un militant intrépide, intègre et désintéressé et d'un fils du peuple très lié aux gens simples. Il mérite vraiment qu'on lui tire la révérence!"

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