27/10/2014 18h:18 CET | Actualisé 27/12/2014 06h:12 CET

Maroc: L'inflation des salaires

ÉCONOMIE - Nos entreprises souffrent de la crise: confiance en berne, visibilité réduite, peu d'emplois créés... Pourtant, à lire les enquêtes de salaires des cadres, ceux-ci ne connaîtraient pas la crise.

ÉCONOMIE - Nos entreprises souffrent de la crise: confiance en berne, visibilité réduite, peu d'emplois créés... Pourtant, à lire les enquêtes de salaires des cadres, ceux-ci ne connaîtraient pas la crise.

Certains postes affichent des taux de croissance annuelle supérieurs à 5% sur les dernières années, voire à deux chiffres. Sur certains postes, les niveaux de salaires marocains approcheraient même ceux de plusieurs pays d'Europe du sud.

Tout à fait curieux dans un pays que certains estampillent "low-cost" et qui cherche à concourir dans la grande bataille mondialisée pour attirer des IDE et prendre des parts de marché dans les secteurs manufacturiers.

Pénurie de compétences et environnement ultra-concurrentiel

Ce paradoxe (si c'en est un) peut s'expliquer par le contexte tout à fait particulier qu'est le nôtre: les entreprises font à la fois face à une pénurie de compétences et de talents, entretenant les prétentions salariales élevées de nombreux managers, voire de jeunes diplômés, et elles opèrent dans un environnement ultra-concurrentiel sur leurs viviers de recrutement habituels.

Si la problématique du coût de la masse salariale se pose avec acuité dans les services, là où le coût d'une journée de travail impacte l'équilibre d'un modèle économique, c'est moins le cas dans le secteur industriel, plus capitalistique, et dont le coût des actifs industriels dilue celui des salaires.

Le manager marocain constitue un mouton à cinq pattes qui se monnaye de plus en plus sur certaines places fortes étrangères (Dubaï, Londres...).

On ne le dira jamais assez, le Maroc s'est ouvert aux quatre vents de la mondialisation. Cela se ressent particulièrement sur le "marché" du cadre, ultra concurrentiel. Reste aux entreprises marocaines à développer des approches suffisamment attractives pour remporter cette guerre ouverte des talents.

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