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10/04/2016 15h:57 CET | Actualisé 11/04/2017 06h:12 CET

Zaha Hadid, la grande dame de l'architecture

Marika Jacquemart-Bouaoudia

Le 31 mars 2016, suite à une bronchite et une hospitalisation à Miami/Floride, Zaha Mohammad Hadid, née à Bagdad en 1950, âgée seulement de 65 ans est décédée, hélas, d'une crise cardiaque durant son traitement.

Dame Zaha Hadid, anoblie par la reine d'Angleterre en 2012, était incontestablement l'architecte la plus géniale de notre époque. Son architecture est un condensé de déconstruction, de volumes élégants, libres, élancés et fluides, d'entrelacs ou plutôt d'arabesques qui s'harmonisent très bien avec ses origines irakiennes.

Elle fit des études de mathématiques à l'Université américaine de Beyrouth, puis des études d'architecte à la "Architectural Association" de Londres où elle enseignera plus tard. Après avoir travaillé chez Rem Koolhaas à Rotterdam, elle a ouvert son propre cabinet d'architecture en 1979 à Londres.

En 1983 elle a été remarquée dans le monde de l'architecture avec le premier prix du concours d'architecture un club privé au-dessus de Hong Kong obtenu pour son œuvre jamais réalisée "Peak".

En 1988, Philip Johnson, le grand architecte américain l'invite à participer à l'exposition "Architecture deconstructive" au MoMA de New York. Elle expose ses dessins pour "Peak" à côté de ses professeurs Rem Koolhaas et Bernard Tschumi. En 1993, Zaha Hadid reçoit la chance de construire sur le Campus Vitra à Weil-Am-Rhein, près de Bâle, sa première œuvre, la caserne des pompiers : une sculpture architecturale audacieuse faite de parois éclatées et d'une plaque de béton en porte à faux recouvrant le bâtiment.

Zaha Hadid, une architecte futuriste et visionnaire, peut-on lire dans la presse, durant ces jours douloureux suite à son décès brutale, a enchaîné succès sur succès depuis qu'elle devint célèbre.

Secondée par son partenaire d'affaires Patrick Schumacher. De l'arrêt de tramway à Strasbourg et du tremplin de saut à skis d'Innsbruck en 2001, du Centre d'Art Contemporain de Cincinnati (qui lui valut le prix Pritzker en 2004), du MAXXI de Rome, du musée Riverside de Glasgow, des opéras de Guangzhou/Chine, de Cardiff/Angleterre et de Dubaï, du centre Heydar Aliyev de Bakou, du pont Cheikh Zahed à Abou Dabi, du Dongdaemun Design Plaza à Séoul.......etc, à ses œuvres récentes et en cours, le talent de Zaha Hadid et sa grande maîtrise artistique n'est pas à démontrer.

Au détriment, peut-être, d'un intérêt pour l'aspect contextuel et urbanistique. Elle dessinait tout jusqu'à ses vêtements et exerçait son métier avec passion en s'intéressant aux relations entre l'architecture, les paysages et la géologie et en utilisant des technologies innovantes. Ce qui, dit son cabinet de Londres, se traduisait par des formes architecturales inattendues et dynamiques.

Dame Zaha Hadid était en déplacement à Miami où elle devait construire un silo à voitures et un immeuble à côté du Musée d'Art Perez d'Herzog et De Meuron.

Elle est la première femme à avoir reçu le prix Pritzker, et également la première dame à avoir remporté la médaille d'or royale pour l'architecture en 2016. Classée par le magazine Forbes en 2008 à la 69ème place des femmes les plus puissantes du monde, elle fut professeur dans plusieurs universités prestigieuses dont Harvard et Yale aux USA et l'Université des Arts Appliqués à Vienne.

Elle laisse un souvenir d'une personne de caractère, bouillonnante, talentueuse, innovante, mais aussi très généreuse, à l'écoute des autres, d'une belle intelligence gardée tout au long de sa carrière malgré la charge de travail, ainsi décrite, dans un quotidien helvétique, par l'architecte suisse Bernard Tschumi, basé à New York, qui fut un ancien collègue.

Elle laisse un vide dans le monde de l'architecture auquel elle a apporté sa grande liberté de conception. Elle nous a quittés bien trop tôt.

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