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08/07/2015 07h:17 CET | Actualisé 08/07/2016 06h:12 CET

L'Algérie et les maths... négligence ou incompétence?

Pire qu'une imagerie d'Épinal quand il faut "visualiser" la mise en capilotade de l'enseignement mathématique en Algérie, car aujourd'hui et sans jeux de mots, le topo incontestablement sarcastique, est malheureusement plus ce que vrai. Faut-il répéter que notre Pays vit un problème de promotion de la matière scientifique dans ses écoles.... maths en tête.

Pixabay/geralt

Pire qu'une imagerie d'Épinal quand il faut "visualiser" la mise en capilotade de l'enseignement mathématique en Algérie, car aujourd'hui et sans jeux de mots, le topo incontestablement sarcastique, est malheureusement plus ce que vrai. Faut-il répéter que notre Pays vit un problème de promotion de la matière scientifique dans ses écoles.... maths en tête.

Voilà...! Ce que la communauté scientifique appelle les 55e olympiades internationales des mathématiques, celles qui s'installent déjà depuis le 4 juillet 2015, sous le haut Patronage du Roi de la Thaïlande.

En effet, cette compétition hautement scientifique, destinée aux élèves des lycées de 114 pays et à laquelle participe une délégation Algérienne de 6 compétiteurs, s'achèvera le 16 juillet prochain avec, bien entendu, le dévoilement de la fameuse classification mondiale pour l'année 2015.

Utile de mentionner que la dite manifestation qui a vu le jour en 1959, en Roumanie précisément, vise en premier lieu, à promouvoir les mathématiques, encourager l'émergence d'une sélection internationale formée d'élèves des lycées et collèges du monde, mais surtout, connaître la performance des systèmes scolaires des pays participants.

Fait exceptionnel, notre pays qui a fui les rencontres depuis 1997 où il s'est classé à la dernière place en Argentine, a voulu "re-tester" ses compétences en 2009, à l'occasion des rencontres de Bremen (Allemagne).

Mais l'insulte fut suprême, dit-on, dans une ère goguenarde ,de surcroît , car l'Algérie qui était le premier pays arabo-musulman ou berbéro-musulman (on a le choix) , à avoir rejoint ce rendez-vous en 1977 , a fini par résumer toute l'humiliation planétaire en se faisant reléguer... tenez-vous bien! À la 104e place, parmi les 104 délégations participantes.

Donc Il fallait déjà sauter illico, vers une conclusion qui laisse entendre que le malentendu entre les Maths et l'Algérie, est devenu tellement ancien, ayant arrivé aussi, à porter un coup sévère à la logique de l'instruction dont l'école forme, en inaliénable, son point d'orgue. Toutes les épithètes ne peuvent décrire ce vieux quiproquo avec le savoir dans une république donnant l'image d'une contrée n'ayant guère connu ni la science ni les maths.

Égarées plus ce que perdues, les écoles Algériennes qui sont devenues une sorte d'auberge espagnole, car non fiables pour les compétitions et ne donnant pas naissance à de bonnes sélections nationales en calcul -dans la mesure où elles injectent une sorte de prédominance de matières abrutissantes anti-math comme anti-science- se sont retrouvées, par voie de conséquence, éjectées d'un système mondialement standardisé.

Exemple... En juillet 2007, le pays ne s'est pas inscrit pour la 48e olympiades mondiales à Hanoï (Vietnam), car un ministre profane, charriant plus d'insolence que d'enchantement , n'avait pas jugé nécessaire d'y envoyer les élevés!. Voilà! On craquait déjà sous le poids du pourrissement, du moment que, depuis l'année 1988, le sacrilège a tenu garnison au sein de ce ministère de l'Éducation nationale comme dans ses satellites rentiers et néophytes et les expériences Algériennes dans les compétitions mathématiques, le démontrent sans ambages.

Ces expériences nous emmènent à l'année phare de 1977 quand on était, comme on avait souligné , le seul pays musulman à avoir participé (Et c'est bien...) mais notre aventure, nous avait valus, la dernière place parmi les 20 délégations.

Absence de 5 années, et vînt ensuite la participation de 1982 où l'Algérie arriva encore parmi les derniers, mais fut sauvée du point extrême, par le Koweït qui la remplace au bas de la liste. En 1983 le classement donne à l'Algérie l'ordre 30 sur les 32 pays qui postulaient.

En 1987 c'est la place 36 sur 42 pays. En 1988 c'est la place 36 sur 49 pays (le meilleur score). En 1990 avec la venue de Benmohamed, le ministre qui ne cessait de crier au loup, le credo de la catastrophe fut amorcé. Sur les 54 pays qui participaient, notre pays arrache la 54e position.

En 1991 c'est le numéro 53 sur les 56 équipes participantes. En 1993 L'Algérie donna enfin au Math de très mauvaises performances. Sur Les 73 pays qui avaient postulé aux internationales d'Istanbul, en Turquie, nos élèves arrivèrent les 73e, en compagnie du Turkménistan.

Absence de 5 années et c'est suite à la honte de 1997 que la République du nationalisme de la marche-arrière, décide divorcer avec la planète pour une durée de 12 ans, après avoir été qualifiée de dernier pays au monde en matière de compétences mathématiques.

Ici, il est important de mentionner que jusqu'à ce jour, nous ne concourons dans aucune matière et aucune présence dans les olympiades des sciences physiques, de l'informatique, des sciences de la terre, de la Biologie, de la linguistique, de la chimie, de la philosophie... n'a été signalée.

On se rappelle de la démagogie ayant couronné notre petite participation aux olympiades panafricaines organisées en Tunisie en 2005 (14 pays) où on a été largement devancé par la Tunisie, l'Afrique du Sud, le Bénin, le Cameroun, la Côte d'Ivoire et le Zimbabwe, même si sur le plan individuel, le jeune Bouakkaz Adriane sauva la face par une seule médaille d'or.

Aujourd'hui la situation de la participation doit être immédiatement corrigée et on attend impatiemment de quoi va accoucher les compétitions en Thaïlande. Bonnes ou mauvaises, cela doit se faire dans le lancement d'une étude où il sera enfin judicieux de se demander, en terme de bilans, pourquoi l'Algérie avait, depuis 1977, misé sur les dernières positions et fini par faire en 1997 les pires résultats internationaux des mathématiques en décrochant la 82e place sur les 82 pays participants, ensuite en 2009 avec la 104e place, loin derrière un pays comme le Guatemala, la Bolivie, l'Albanie et le Koweït.

Que valaient donc les notes attribuées aux Baccalauréat et au cycle secondaire en général, si elles n'ont pas une concordance au niveau international. À partir de ce fait, il s'avère judicieux de conclure que la projection d'un avenir meilleur dans lequel l'éducation technologique jouera un rôle primordial, doit être une préoccupation majeure des hautes sphères du gouvernement algérien... et qu'on cesse de plaisanter.

C'est dans cet ordre d'idées, que tous les observateurs se sont encore aperçus de la performance calamiteuse des élèves algériens de la huitième année, point médian de l'instruction scolaire. Dans un autre registre, les études de la Trends in International Mathematics And Sciences Study, sur la performance des systèmes scolaires, les jeunes algériens ne sont pas évaluables, car l'Algérie évalue autrement puisqu'elle enseigne autrement et toute seule.

Le non évaluable cède la place à une évaluation dogmatico-religieuse nous venant en parallèle, à travers certains journaux moyenâgeux et débridés à la longueur des 4 saisons, lesquels en voulant jouer au sholastime, s'attellent à injecter du poison dans les écoles, en s'accaparant d'une manière populiste, mercantile et idéologique, toute la vie scolaire.

Ces journaux de caniveau abondent dans des sens contraires à la scientificité et veulent qu'on ne mise pas sur l'éducation pour soulever l'économie algérienne. Ainsi, ils ne ratent pas l'occasion pour s'en prendre aux milieux des cercles spécialisés l'accusant de courants occidentalisés.

Ces derniers ayant compris la raison d'être de l'école, décrient le fait de valoriser des sciences socio-humaines dingo-aliénées, au détriment des sciences tout court. Le dosage de l'enseignement par des matières qui congèlent l'esprit, illustre aujourd'hui et en partie, le foyer du déséquilibre technologique qui commence à prendre forme en Algérie, la poussant au 104e rang mondial, dans une compétition de 104 pays.

Mais pour apprendre de ce que font les autres on peut faire une petite analogie avec les États-Unies là où on répète à satiété... De la philosophie... ça ne suffit pas, en s'inscrivant carrément dans la méthodologie de Platon qui avait écrit sur le fronton de son académie "Celui qui ignore la géométrie n'entre pas Ici".

Il s'agit d'une phrase hautement symbolique, qui orne justement la devise à laquelle souscrit pleinement l'administration américaine, une administration, au vu des scores obtenus dans le système d'enseignement américain, corrige au fur et mesure, après avoir été plongée dans l'inquiétude sur le futur de la compétitivité économique des américains.

En effet, à la lecture des études menées par l'Organisation de Coopération et de Développement Économique (OCDE) -à ne pas confondre avec l'OSCE- les pontes de l'enseignement et des affaires se sont trouvés à un moment donné , surtout en 2008-2009, complètement chavirés par les piètres résultats obtenus.

La vraie vérité nous conduit, d'ailleurs, vers les mathématiques ou les élèves Étasuniens sont manifestement tombés de Charybde en Scylla, voir relégués vers une position déclassée par rapport aux autres pays industrialisés.

Ainsi, selon le rapport de l'OCDE, Les USA se sont placés dans le 24e rang, loin derrière des pays comme Singapour, le Japon, la Finlande et la Corée du Sud. Une telle donnée est revenue 8 ans, après qu'un grand économiste de la Stanford University de la Californie, Eric Hanushek, nous fit découvrir en 2006 la retombée que pourrait avoir une pareille "performance", sur l'économie en général.

En effet, Hanushek confirmait déjà ce que reproduit l'OCDE sur certains pays défaillants en mathématiques, que tout échec peut représenter dans un calcul relatif, un manque à gagner d'un demi-point du taux de croissance par année. La situation est d'autant plus grave que malgré le fait de bien composer avec des impératifs de sécurité nationale, les États-Unis se sont rendus compte, qu'ils ne doivent pas lâcher l'importation des cerveaux de l'étranger pour booster l'apport en génie.

Or dans ce chapitre, un coup d'œil sur cette question démontre que les actions entreprises ont pris naissance suite à des déclarations faites à la fin de 2005 par un certain Victor Johnson, directeur adjoint de l'association internationale des enseignants (Association Of International Educators) lesquelles portent sur la menace que pourrait constituer le déficit des études universitaires en génie, en sciences et en mathématiques, dans les collèges américains.

Les États-Unis voyaient déjà d'un mauvais œil, l'offensive que mènent les pays de l'Asie en matière d'enseignement technologique. Pour répliquer à ce grand démarrage extrême-oriental, les agences fédérales concernées, placées sous l'autorité de la Maison Blanche, mobilisent un armée d'analystes afin de stimuler l'intérêt de cette grande jeunesse américaine pour le génie et les sciences .

Cependant, elles continuent de constater à regret, que du côté de la nouvelle population hispanophone, en forte croissance démographique, la motivation laisse à désirer: seulement 2,4 jeunes sur 100, de 18 a 24 ans, obtiennent un diplôme universitaire dans ces disciplines contre 6,3 pour les Blancs, quant aux jeunes issus des communautés venant des pays de l'Asie et îles du pacifique, ils fournissent 14,7... Une belle démonstration.

LIRE AUSSI:La 55e édition de l'Olympiade de Maths s'est déroulée du 6 au 13 juillet 2014 en Afrique du Sud.

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