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03/05/2015 15h:56 CET | Actualisé 03/05/2016 06h:12 CET

Arrogance de la bêtise contre humilité de l'intelligence, la pyramide inversée*

Dans leur superbe, les sociétés somnolentes comme la notre, réduites à un tube digestif, ont longtemps cherché à se faire prendre pour plus qu'elles ne sont. Au moindre geste chatouilleux, elles se hérissaient comme des porcs-épics et gonflaient leurs plumes comme des coqs de combat. Il en a été ainsi des décennies durant sans qu'elles ne rendent compte, jusqu'à présent, qu'elles sont en train de régresser à un rythme effarant.

Alors, ne nous payons plus de mots, il faut seulement dire ce qui est. Plus rien ne compte en comparaison. Il faut se dire, par exemple, que pour ce qui est de jouer les matamores, nous autres Algériens n'avons pas pris de leçons. Les événements, il n'en manque pas de nos jours, se sont chargés de nous rabattre le caquet. Ils nous astreignent désormais à cette vertu, la modestie, que nous avions le plus méprisée jusqu'à présent. Il aura fallu que les problèmes, les vrais, se posent objectivement en très grand nombre ; problèmes que nous ne pouvons, aujourd'hui, aborder qu'en toute humilité. Et ces problèmes sont ce qu'ils sont. Les grands airs nombrilistes, lénifiants, et les rodomontades éperdument ressassées par les hommes du sérail politique ne les impressionnent pas, ne les intimident plus.

Comprendre, par exemple, est en passe de devenir un exercice constant d'humilité. Il y a d'ailleurs tant à comprendre qu'on se sent très vite petit. Comprendre ainsi que quand on répare une "batterie", on ne tape pas dessus à coup de clé anglaise. Comprendre que ceux qui crient le plus fort, ici même ou ailleurs, sont, la plupart du temps, ceux qui ne comprennent rien à la situation. Comprendre que la résolution des problèmes requiert du calme, que le démontage de leur mécanisme est méticuleux. Comprendre enfin que résoudre un problème, quelle qu'en soit la complexité, ne peut aller que contre les pantalonnades tant national-islamistes qu' antinationales.

Or les gens se plaisent, non à ce qu'on leur dise ce qui est, mais ce qu'elles espèrent. Ce qui est ? Cela pose évidemment problème, et les problèmes sont toujours importuns, malvenus, indésirables. Des décennies durant, paradoxalement, le seul problème était qu'il n'y ait « pas de problème ». Quoiqu'il arrivât, même une inondation, il ne se passait rien, rien qui tirât à conséquence. Dès qu'il y avait problème, il fallait surtout dire qu'il n'y en avait pas.

Jusqu'à Octobre 1988 donc, il n'y avait « pas de problèmes ». On se gardait bien de les poser, ou même de les effleurer. Pour peu qu'un problème surgissait, on soufflait dans une trompette. On en appelait au peuple contre « la main étrangère ». Se raidir, se serrer les rangs. Quand ce n'était pas les rangs, c'était la ceinture. Il en allait ainsi des problèmes comme de la grippe saisonnière : on attendait que le patient en réchappe. Quoique démagogiques et populistes jusqu'à l'overdose, les discours-trompettes étaient des potions « magiques » et on attendait que le bon peuple s'en tire, même si ce n'était pas toujours à bon compte. Quiconque montrait du doigt un problème, si infime soit-il, attirait le regard sur lui, non sur ce qui n'allait pas. Quiconque émettait un doute passait pour un réactionnaire ou un contre-révolutionnaire, quand ce n'était pas tout bonnement un pro sioniste ou un «hizb frança ».

Pensez donc, quand on est un « bon citoyen » (2), on ne considère que ce qui va. On vous pardonnait, à la rigueur, d'être voleur, escroc, charlatan, alcoolique, corrompu, corrupteur, prévaricateur, maitre-chanteur, criminel, trafiquant, opiomane, pédophile ou homosexuel dans la vie, on vous pardonnait, à la limite, d'avoir commis une intelligence avec un nationalisme étranger, mais on ne vous pardonnait jamais de voir clair. Et ça continue ainsi, du moins jusqu'à ce début du mois de mai 2015. Pour tout politicien au pouvoir, tout allait, ou plutôt tout devait aller pour le mieux dans la meilleure des Algérie(s) possible(s). Tel a été en tout cas, des décennies durant, le rôle de l'Etat-ex parti unique post indépendance des années 1960-70-80. Et tel est le rôle inchangé de ce même parti, toujours au pouvoir, et de ses organisations satellites durant les années 1990-2000- 2010 (3).

Toute défaite vient du mensonge

Aujourd'hui comment ne pas s'élever contre une telle attitude, considérée ici et là et à juste titre comme des plus délétères, des plus néfastes ? Comment ne pas tenir malgré tout à vivre les yeux grands ouverts ? Les problèmes sont certes nombreux dans notre pays, mais comment peuvent-ils nous effrayer puisqu'ils sont là pour être résolus ? N'est-ce pas le signe que nous sommes des vivants ? Nos gouvernants savent-ils seulement que poser les problèmes, les vrais, c'est de l'optimisme, du courage en soi ? Que c'est les cacher qui est lâche ? Eh oui, le plus grand mal qu'aient pu faire les hommes d'Etat durant les cinquante-deux années d'indépendance est de nous avoir insufflé un faux optimisme : béat, truqué, officiel. De cet optimisme là, mystificateur et trompeur à volonté, l'Algérie, à présent dernière ou avant dernière dans presque tous les classements mondiaux, est en train de "crever" à petit feu.

Etre vaincu par d'autres entités -notamment sportives- ou, à la limite, par nous-mêmes n'est pourtant pas mortel, pour peu qu'on n'ait pas le culot de croire, comme lors de la dernière coupe du monde au Brésil, qu'on est vainqueur. Admettre que nous nous sommes laissés vaincre par notre propre manque de vigilance, par notre propre indolence, donc par nous mêmes, n'est pas mortel aussi, pour peu qu'on ne croit pas que nous sommes redevenus vigilants, actifs, dynamiques. Suffisamment du moins. Car alors on se laisse vivre. On met les pieds sous la table. La véritable défaite commence là ! (4).

Or toute défaite, il va sans dire, vient du mensonge. Dès qu'on ment, c'est qu'on est battu. Faut-il souligner, au risque de se répéter, que c'est parce qu'on a menti aux Algériens, on leur a menti sans scrupules, sans vergogne, sans limites, que le pays a dégringolé de manière aussi fulgurante en l'espace de cinq décennies à peine ? Et le drame, c'est que ça continue de plus belle, tout particulièrement depuis l'outrancière campagne électorale pour le quatrième mandat qui a tout de même permis -est-ce un miracle ?- de débusquer les vrais imposteurs, les vrais ennemis de notre pays. Plus qu'une dénudation pathétique donc, une véritable tragédie à ciel ouvert ! Mais en fait, à qui cette campagne a-t-elle réellement profité ? La question reste pendante, néanmoins elle sonne déjà comme une réponse informulée...

Rarement les hommes du sérail politique ont menti à jet continu comme de nos jours

Tout cela prouve à tout le moins l'existence d'un paramètre tangible, aussi constant qu'une constante nationale : rarement les hommes du sérail politique ont menti à jet continu comme de nos jours. Ils ont commencé à mentir dès les premières années de l'indépendance, du temps du sinistre Etat-ex. parti unique qui, bien entendu, n'a absolument rien à voir avec le FLN canal historique, l'authentique. Et, mine de rien, ces hommes là continuent de mentir comme ils l'ont toujours fait durant ces cinquante-deux dernières années. Un demi-siècle de mensonge, de supercherie et d'imposture, vous vous rendez compte ? Leur art consistait et consiste toujours, à travers l'actuel clan présidentiel, à affirmer le contraire de ce qui est. Ou de dire la chose et de faire malgré tout son contraire.

Ces hommes du sérail politique n'ont d'ailleurs jamais lésiné sur les moyens mis en œuvre en se dotant de tous les instruments possibles de propagande national-islamiste et baathiste, instruments surtout télévisuels, à l'image des deux chaines EnNahar TV et Echorouk TV, pour manifestement propager leur fiel à l'encontre des opposants démocrates et républicains au chef actuel de l'Etat ainsi qu'aux contradicteurs du système prédateur dont il est, qu'on le veuille ou non, l'un des principaux, sinon le principal rouage. Maitres maquilleurs, ils ont passé le plus clair de leur temps à travestir la réalité. En estimant, mordicus, que celle-ci n'avait d'autre possibilité que de venir au devant de leurs désirs.

Dans une telle optique tout écart, si profond fut-il, entre l'intention et les actes, ne pouvait apparaitre que comme un fâcheux accident de parcours. Un accident dont la responsabilité, bien entendu, ne pouvait incomber à aucun degré à un membre lui-même, en tant que sujet, de la « bonne volonté » » de tous. A qui donc allait-on imputer la faute, puisqu'il est dit que toute faute implique un auteur, un coupable ? Pensez donc, à une « mauvaise volonté » de la réalité elle-même. En d'autres termes et suivant les mots d'un député radical vichyste, à qui l'histoire a eu bien raison de faire un sort, « s'il arrive parfois que nos prévisions soient démenties par un événement donné, eh bien, c'est l'événement qui a tort ! »

Les homme du sérail politique pensent peut-être que seul un peuple dopé par l'argent dit de « la paix sociale » est susceptible de faire face ... C'est archi-faux ! Un moment vient toujours où les coureurs dopés s'effondrent. Les hommes politiques mésestiment les Algériens s'ils croient que la vérité les aurait fait affaler par terre...

L'islamisme, négation de l'islam authentique de nos aïeux

Mais à présent aucun homme politique, excepté quelques uns, dans l'opposition, n'ose avouer où nous en sommes vraiment. Pire, au sein de la deuxième catégorie en question, il en est, principalement ceux qui ont les mains encore rouges du sang des milliers d'enfants, de vieillards et de martyrs de l'Algérie républicaine qui, tels des perroquets, des épouvantails ou des marionnettes d'exhibition (5), en sont encore -quel culot !- à suggérer l'interrogation « qui tue qui » dans ce pays.

Or la seule issue crédible pour tous les Algériens est de faire au moins le bilan réel, objectif, de ce qui a été, de ce qui est : précisément à l'heure où, du matin au soir, nous passons plus de temps sur les trottoirs des grandes avenues, dans les salons de thé, dans les jardins publics, dans les mosquées, dans les stades, dans les cimetières, etc., qu'à nos postes de travail.

Nous saurons alors quelles sont les grossières erreurs qui ont été commises depuis 1962 et qui, fatalement, nous ont valu tous les retards multisectoriels cumulés que nous connaissons à présent, erreurs qu'il ne faudrait surtout plus jamais (re) commettre. Et, du même coup, nous saurons aussi de quel pied repartir. Ce ne sera peut-être pas grandiose au début. Mais de cette façon là, nous saurons, entre autres vérités historiques enfin réhabilitées, d'où nous venons, qui nous sommes réellement et où nous allons. Encore qu'il faille préalablement repartir d'un principe cardinal, un principe qu'on ne doit plus continuer de contourner indéfiniment : loin d'être seulement et seulement la négation de la démocratie pluraliste, l'islamisme, radical ou non, est d'abord et avant tout la négation de l'islam authentique, celui de nos aïeux (6).

Il va sans dire, à ce titre, que cet islamisme là, doctrine ô combien belliciste et délétère, phagocyte tout ce qu'il touche, telle une métastase ; et, par la même, empêche la société de vivre sainement, sans entraves idéologiques. Quant aux autres avatars que sont l'étatisme, le démocratisme, l'économisme, pour ne citer que les plus criants, ce sont non seulement les enfants illégitimes de la République, mais, par leur caractère informel on ne peut plus pervers et ravageur pour l'économie formelle, ce sont surtout les ennemis irréductibles, inavoués, de l'Etat de droit, et j'en passe....

Pour que cela change donc, il nous faudrait d'autres hommes d'Etat que phraseurs. Trop d'entre eux nous ont, des décennies durant, saoulés de leur baratin démagogique, de leur populisme anachronique, obsolète. Nous n'avons que faire des ministres de l'emphase, du geste et de l'esbroufe. Nous sommes las de l'amphigouri et de la gesticulation.

Nous ne regardons, pour l'heure, que ce qui nous sied, que ce qui nous plait

A force d'aveuglement et d'endormissement, d'individualisme et d'indifférence, la plupart de nos compatriotes en sont arrivés à perdre de vue cette vérité axiomatique : il n'est pas de peuple qui ne progresse. Ou il fait pousser plus de blé, où il fabrique plus de véhicules. De ce surplus, lorsque c'est notamment le cas mais hélas rarement chez nous, tout « homme d'Etat » s'empare afin de chanter ses louanges personnelles. N'est-ce pas sous sa direction que ce succès a été obtenu ? Du moment qu'il est à la tète du gouvernement, ou qu'il en fait partie, toute prouesse réalisée par un citoyen lambda est son œuvre. Prenez le cas de nos athlètes médaillés olympiques : notre homme d'Etat s'en targue d'autant mieux qu'il évite de publier ce que font les voisins immédiats. Qui sait si la comparaison ne tournerait pas à son désavantage... Son renom en pâtirait. Tout homme d'Etat a tendance à imposer des œillères à ses contemporains !

En fait nous ne regardons, pour l'heure, que ce qui nous sied, que ce qui nous plait. En revanche, il nous déplait de constater que d'autres peuples, ne serait-ce que dans la périphérie méditerranéenne immédiate, sont en train d'avancer plus vite que nous. Ils avaient du retard par rapport à nous, certes. Ils l'ont encore dans certains domaines, c'est encore vrai. Mais ce retard, ils sont en train le combler à grandes enjambées. Il faut dire qu'ils ne sont pas, comme le notre, en butte permanente, d'une part aux récurrentes manifestations de l'intégrisme religieux qui a cette inclination consubstantielle à annihiler tout ce qui bouge, tout ce qui vit, de la façon la plus mortifère qui soit ; et, d'autre part aux inconséquences criardes observées quant à son traitement « nolens, volens » (ne voulant pas, voulant) par les pouvoirs publics. Ces autres peuples ne sont pas en butte à cette frange pommée, déviante de la population que d'aucuns s'évertuent à surfaire au point de la présenter aujourd'hui comme « un mouvement réellement enraciné dans les milieux populaires ».

Ce qu'il faut voir par contre, c'est que les Atlas que nous imprimons, ou plutôt que les autres conçoivent et impriment, sont en passe d'être périmés. Notre géographie est statique alors que celles des autres peuples sont en mouvement. Chaque peuple, sur la carte, devrait être affecté de son coefficient de progression, sinon la carte ne veut rien dire. Et même, elle est trompeuse car elle étale tout sur un même papier. La carte du monde nous abuse en ce qu'elle ne différencie les peuples que par le terrain qu'ils occupent.

Les nations qui s'enferment dans leurs frontières se rabougrissent, s'asphyxient

Autre défaut : les cartes omettent de signaler quels points du monde sont en ébullition: bien entendu au sens travail et dynamisme du terme. On nous dira qu'il ya des organismes spécialisés dans ce genre d'analyse, je le concède. Mais pour autant, cela devrait-il justifier l'apathie et l'inertie qui nous inhibent, voire qui s'insinuent à tout instant jusque dans notre trop molle "spiritualité"?

Or le meilleur moyen de défendre sa place, quel que soit l'Atlas sur lequel on figure, c'est de ne plus se laisser aller au fatalisme qui consiste à énoncer, entre autres assertions, que les Etats-Unis sont les maitres du monde, qu'il faut donc se plier à leur volonté de faire de l'Algérie un ersatz, pour ne pas dire un clonage « urbi et orbi » de l'Arabie Saoudite ou du Qatar.

Sauf pour des raisons d'ordre sécuritaire, les nations qui se soumettent à cette logique et s'enferment dans leurs frontières s'asphyxient. Les grands courants novateurs trouvent leurs voies en dehors d'elles. Ces nations s'étiolent, se rabougrissent. Elles sont finalement, telle la notre, laissées pour compte. Les tenants fossilisés du national-islamisme et de l'ultra-conservatisme, qu'ils ne comptent pas que nous les suivions. L'avenir est aux ouvertures. Scientifique, technique et technologique s'entend. Rien de ce qui est cloisonné à contre-sens et contre toute attente formelle ne résistera longtemps.

Il ne faut donc pas être grand clerc pour deviner que nos islamo-conservateurs sont des candidats potentiels au suicide : ce sont des tristes, des sans-espoirs. Ils ne font pas à l'Etat républicain, à leur pays, la confiance de croire que, quoiqu'il advienne, il subsistera. Ils pensent, pire encore, ils se persuadent qu'il ne survivra pas à la destruction des structures, institutions et infrastructures, destruction dont ils figurent, comme durant les années 1990, parmi les tout premiers instigateurs ; et bien évidemment parmi les tout premiers bénéficiaires. Au fond, ils ne croient pas en leur pays. Ils ne tiennent qu'à leur portefeuille. Comme on fait son lit, on se couche. Nos national-islamistes et ultraconservateurs, c'est de notoriété publique, ne font leur lit qu'en portefeuille !

Notre conduite a été celle de mercantis

Cela dit, va-t-on en rester là, à contre-courant de la coulée mondialiste, à ne toujours pas vouloir réaliser que nous nous sommes demeurés statiques, passifs et indifférents au point d'être devenus, sans nous en rendre compte, nos propres ennemis ? Qu'à ce titre la seule relation que nous ayons pu envisager jusque là entre nous et avec autrui, ne pouvait être qu'une relation asociale, voire de méfiance et d'affrontement ? A quoi bon continuer de tripatouiller la vérité, elle finit toujours par éclater.

Il faut donc l'admettre même si cela fait mal : notre conduite a été celle de mercantis. Nous n'avons cherché qu'à esquiver notre dette historique, dont le règlement, une fois l'indépendance acquise, devait pourtant aller de soi : dette morale, dette spirituelle en plus d'être une dette politique, envers ceux et celles qui, par centaines de milliers, se sont sacrifiés pour que nous puissions à présent vivre libres. Aucune générosité, aucune noblesse, aucune éthique, aucune probité, aucune pédagogie du respect le plus élémentaire : nous avons rabioté sur tout !

Ce que nous récoltons à présent n'est, conséquence prévisible, rien de plus que ce que nous avons laissé semer des décennies durant, autrement dit la monnaie de notre pièce. Et c'est d'une affliction incommensurable ! Oui, nous avons été et demeurons, par notre conduite inconsidérée, par notre démarche suicidaire, les auteurs et les victimes de notre propre défaite, de cette malédiction (7) dont nous nous plaignons d'être frappés chaque fois que les choses tournent au pire !

En définitive, serait-ce trop demander que nombre de nos compatriotes, qui se sont laissés entraîner dans les voies de l'assistance, de la paresse, de l'inertie, de la roublardise, de l'imprévoyance, de l'incivilité, de l'incivisme prédateur, de la violence prosélyte et de l'intolérance, voire de la fraude, du trafic en tout genre, de la corruption et du charlatanisme comme moyens d'expression, s'engagent au plus vite dans celles du retour à une sagesse qui ne saurait être ni une vile docilité, ni un compromis douteux qui aliènerait irréversiblement l'avenir républicain du pays ? On ne voit pas en tout cas, d'autre moyen pour eux de regagner leur dignité, leur propre estime. Et, ce qui est encore plus important que ne l'imaginent la plupart d'entre nous, l'estime de la communauté internationale.

Autrement dit, et toute l'urgence est là, les Algériens d'aujourd'hui se doivent résolument d'agir. Ils se doivent de ne plus permettre que les Algériens de demain soient forcés d'inscrire au compte pertes et profits, tète baissée et sans discussion, la plus grande humiliation de son histoire que le pays ait connu.

Les Algériens se doivent d'agir afin que l'Algérie de demain n'ait plus à subir l'opprobre en se présentant avec une pyramide des valeurs inversée. Afin qu'elle puisse se réinsérer en douceur dans la mondialité, avec une pyramide des valeurs remise en place, réhabilitée dans ses fondements socioculturels les plus authentiques. Une Algérie qui, à travers son algérianité enfin recouvrée, inspirera de nouveau le plus grand respect aux quatre points cardinaux.

(*) Pyramide des valeurs s'entend.

(2) Encore faudrait-il que le mot citoyen existe dans la langue arabe, ce qui n'est pas le cas, à fortiori pour le statut sociopolitique qu'il est censé désigner.

(3) Ce parti s'avère être aujourd'hui, l'antithèse même du FLN canal historique d'avant l'indépendance

(4) Particulièrement celle auréolée d'une politique de réconciliation nationale factice, rédhibitoire, dont à présent nous subissons les effets désastreux, et de son corollaire au plan économique, à savoir le marché informel qui, sans état d'âme, saigne l'économie du pays comme on saigne un être humain.

(5) Or derrière chaque marionnette, il y a un marionnettiste

(6) Il s'agit bien entendu de l'islam de nos aïeux qui le pratiquaient dans une totale sérénité, sans pharisaïsme ni prosélytisme outrancier.

(7) C'est à se demander si cette malédiction qui nous poursuit depuis 1962 et même avant n'est pas plutôt d'ordre génétique.

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