LES BLOGS
29/06/2015 06h:45 CET | Actualisé 28/06/2016 06h:12 CET

Dhou L'Qernaïn en Algérie

www.bani-3abs.net

Lorsque, par la Volonté de Dieu, Dhou l'Qarnaïn ذو القرنين (Alexandre le Grand, si vous préférez) s'éveilla, à Babylone, de son demi sommeil de plus de deux mille ans, il se sentit en pleine forme.

Il se mit sur son séant, se tâta, puis, constatant qu'il ne rêvait pas, il siffla son cheval qui arriva, naseaux fumants auprès de son maître.

Celui-ci lui parla dans le creux de l'oreille: "Dis-moi, mon brave!", lui dit-il, "te souviens-tu de cet endroit où, toi qui étais muet, as poussé ce hennissement terrible après t'être abreuvé à l'eau d'une rivière que nous nous apprêtions à traverser pour une nouvelle conquête?".

  • "Oh oui!, maître", répondit le magnifique destrier blanc.
  • "Serais-tu prêt à y retourner et à défier une nouvelle fois le destin, comme nous l'avons toujours fait, toi et moi?".
  • "Bien sûr, Seigneur", répliqua le fidèle compagnon. "J'irais au bout du monde avec toi!".
  • "Alors réveille tout le monde, mon brave! Nous partons sur le champ!".

Le cheval poussa un hennissement terrifiant, se cabra et, de ses sabots, fit trembler la terre. Les fondations de tous les Temples de Babylone en furent ébranlées. Les Prêtres, au grand complet, accoururent.

"Prenez ce bélier", leur dit Alexandre. "Égorgez-le! Je vous donne une heure, pas une minute de plus, pour décrypter son foie et ses autres viscères. Je veux savoir si, cette fois-ci, les augures nous sont favorables".

Au bout d'une heure, comme convenu, le Grand Prêtre revint faire son rapport.

"Vénérable Maître", dit-il, "cette fois-ci tout est OK. Tu peux y aller!".

Il crut bon d'ajouter ce bout de phrase qui fit sourire le grand conquérant: "Va", lui dit-il, "3ala Barakati Allah".

L'armée d'Alexandre quitta promptement Babylone. Les soldats étaient en pleine forme quoi qu'un peu ramollis par un repos de plus de deux mille ans.

On brûla les étapes. Les cavaliers poussaient leurs montures à fond. Ils se hâtaient fiévreusement vers cette frontière maudite qui leur avait fait rebrousser chemin, les obligeant à rentrer chez eux lui la tête basse. Pour chaque soldat, c'était une affaire personnelle. Un compte à régler.

Alexandre arriva enfin aux abords de cette frontière qui l'avait naguère humilié. Il donna une tape à son cheval qui, d'un seul bond, sauta par-dessus le ruisseau dont l'eau l'avait rendu fou, deux mille ans et quelque plus tôt.

L'armée s'ébranla derrière son chef, décidée à réduire en cendres quiconque lui opposerait la moindre velléité de résistance. Destination: Alger, dont quelqu'un, se faisant appeler Momo, fraîchement débarqué au paradis, avait fait une description élogieuse et précise au Conquérant.

La cavalerie s'engage sur l'autoroute Est-Ouest. Alexandre peste contre les malfaçons de la chaussée qui estropient les montures et retardent l'armée. Il se promet de demander des comptes aux maîtres de l'ouvrage.

De temps à autre il scrute le ciel et lorsque, d'aventure, il y aperçoit, ailes déployées, il donne ordre aux archers de l'arroser de flèches pour s'assurer qu'il ne s'agit pas d'un drone.

Alger, prise par les hauteurs, ne résiste pas. Traversant la Casbah en dilettante, Alexandre tombe sous son charme et comprend pourquoi son compagnon de promenade sur les bords du Kawthar a autant de nostalgie pour sa ville.

Le Conquérant installe son campement à Qa3 Essour. Il donne aussitôt ordre à ses généraux de rechercher tous ceux qui, de près ou de loin, ont été mêlés à la construction de cette route abominable où il avait perdu presque la moitié de ses chevaux de bataille. On les met dans des sacs lestés de gravats et on les jette à la mer.

"J'espère que les poissons ne bouderont pas ces cochons" dit Alexandre à l'un de ses lieutenants.

Ordre est ensuite donné aux officiers de battre le pavé de la ville de regrouper toutes les personnes prises en flagrant délit d'oisiveté.

"Ma Tehhachmouche" (Vous n'avez pas honte), dit le grand chef, dans un discours prononcé intégralement en arabe parlé, lorsqu'il réunit la jeunesse d'Alger à la place des Martyrs.

"Vous vous adossez contre les murs et attendez qu'il vous tombe du ciel des perdreaux. Vous avez donc rasé vos moustaches et baissé vos pantalons? Yallah! Secouez vos puces et grouillez-vous. Nous allons libérer l'Afrique!".

Un hourrah extraordinaire accueille le discours d'Alexandre. Chacun court chez soi pour ramener de quoi se battre. Du jour au lendemain l'armée de Dhou L'Qarneïn s'accroît de dizaines de milliers de soldats vigoureux juchés sur leurs chevaux racés, armés de pied en cape. Tous les mulets, tous les ânes de la région sont réquisitionnés pour assurer un approvisionnement de l'armée en campagne.

"C'est tout à fait jouable", confie Alexandre à ses proches collaborateurs, "vu que l'espérance de vie est de 70 ans, voire plus... Nous partons demain à l'aube. Le sort en est jeté!".

C'est ainsi qu'au bout de cinq ans à peine l'Afrique est purgée de tous ses potentats. Les indus occupants voraces sont boutés hors de la terre africaine. Vingt mille nouvelles villes sont construites.

Dhou L'Qarnaïn déclare sa mission achevée lorsque, ayant établi son état-major à Soweto (en Afrique du Sud, ndlr), il fait construire, dans le plus grand secret, la première fusée africaine.

Le jour "J", le merveilleux joujou est placé sur son pas de tir. Alexandre le Grand, le cœur battant la chamade, suit le compte à rebours.

...Cinq, quatre, trois, deux, un, zéro...!

La fusée intergalactique "MANDELA" s'arrache de la planète Terre dans un éblouissement universel.

Retrouvez toutes les Kaci Story ICI.

Retrouvez les articles de HuffPost Algérie sur notre page Facebook.


Pour suivre les dernières actualités en direct, cliquez ici.