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20/10/2015 10h:54 CET | Actualisé 20/10/2016 06h:12 CET

Au marché

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Il m'arrive quelquefois de faire le marché. Comme vous, je suppose. C'est une corvée désagréable car il faut toujours être sur le qui-vive. Il suffit d'une seconde d'inattention pour qu'on vous refile deux ou trois pommes de terre à moitié verdâtres. Et il s'agira toujours des plus grosses.

Mais dire que je ne trouve aucun plaisir à accomplir cette tâche ce serait mentir. Car j'ai ma façon, à moi, de faire mes emplettes.

D'abord, je ne prends jamais de couffin qui ferait connaître mes intentions et donnerait immédiatement l'avantage au commerçant. Ensuite, mon regard, toujours oblique, effleure, sans insister, les étals. J'essaie de deviner laquelle de ses tomates mon prédateur va chercher à me fourguer afin de prévenir son geste à temps.

Avec la même discrétion mon œil prend connaissance de l'état des bananes comme accrochées à des cimaises. Puis je prends un malin plaisir à contempler la poussière de l'allée marchande ou à regarder vaguement le ciel, question de faire perdre pied à l'ennemi.

Ma démarche, entre les étals, est toujours celle du crabe allant de biais en biais avec de brusques moments d'arrêt devant un marchand de pastèques ou de melons.

Toutes ces précautions, je les sais vaines. Je suis certain que, parmi mes achats, figurent au moins deux pommes de terre de semence, une tomate au cœur pourri et un ver ou deux dans les poires.

Aussi, sur le chemin du retour, j'évite de vérifier le contenu de mes sachets. Tout ce qu'il me semble approprié de faire est de m'apprêter, à affronter la colère de ma femme.

-"Celui qui t'a vendu ça a dû se marrer ! Il t'a pris pour un imbécile ! Parfaitement mon cher, pour un imbécile".

Ce qu'elles sont impitoyables, les femmes, tout de même !

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