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13/05/2015 13h:02 CET | Actualisé 13/05/2016 06h:12 CET

Violence conjugale: Reconnaître les signes

Hibr/Flickr

Vous savez, cette dame dont on apprend que le conjoint est arrêté pour voies de fait sur sa personne? Il avait déjà été condamné à 5 ans, après avoir été reconnu coupable de gestes de violence conjugale. Je crois qu'il convient de vous faire part de quelques statistiques dont on vous parle rarement à propos des homicides conjugaux:

  • L'homicide conjugal ne survient pas sous un ciel bleu. Il y a toujours des signes précurseurs, mais leur portée est généralement sous-estimée.
  • Une forte majorité des homicides conjugaux sont commis par de jeunes hommes contre de jeunes femmes âgées de 15 à 34 ans. Plus on vieillit, et plus le risque baisse, mais aucune femme n'est à l'abri.
  • Les femmes autochtones, pauvres, handicapées, sont encore plus à risque que les autres mais, je le répète, aucune femme n'est à l'abri.
  • Environ la moitié des hommes qui tuent leur conjointe ont un passé "documenté" de violence conjugale, c'est-à-dire que plusieurs ont déjà un dossier criminel pour des actes de violence conjugale. Il existe des cas où des hommes ont été faussement accusés, mais si vous rencontrez un homme qui a été "faussement accusé" de violence conjugale, soyez particulièrement alerte aux signes de violence, de contrôle, de jalousie, etc. Il est probable qu'il soit véritablement coupable. Quelqu'un qui est dans le déni ne risque pas d'améliorer son comportement.
  • Les trois quarts de ces hommes, environ, ont un dossier criminel, toutes catégories confondues.
  • La plupart de ces hommes ont de sérieux problèmes financiers. Si vous constatez qu'il pose des gestes de violence, les problèmes financiers devraient vous pousser à agir plus vite.
  • Un homme violent qui est déprimé et a des tendances suicidaires est encore plus à risque de passer à l'acte. Si vous voulez le sauver, commencez par vous-même!
  • Une forte proportion d'entre eux ont fait du mal à l'animal de compagnie, ou menacé de lui en faire, même menacé de le tuer si la femme le quittait. Si c'est votre cas, trouvez un refuge pour votre animal et foutez le camp, ça urge!
  • La plupart des hommes qui menacent de tuer leur conjointe ne passeront pas nécessairement à l'acte, mais pratiquement tous ceux qui l'ont fait ont d'abord menacé celle-ci. Si c'est votre cas, sachez qu'une menace est déjà un crime et que vous pouvez demander la protection de la police: foutez le camp!
  • Le fait qu'il y ait une arme à feu à la maison en situation de violence conjugale augmente le risque que cela se termine en bain de sang. Ne demandez pas bêtement qu'il soit soumis à une interdiction d'en posséder une. Dans environ 70% des meurtres conjugaux commis à l'aide d'une arme à feu, l'arme à feu était possédée illégalement. Plusieurs étaient même sous le coup d'une interdiction formelle d'en posséder une. Encore une fois, foutez le camp!
  • Il n'y a aucune arme à feu à la maison? L'arme la plus fréquemment utilisée dans les homicides conjugaux est le couteau. Et il n'est pas exceptionnel que les mains et les poings soient l'arme du crime. Évitez les faux sentiments de sécurité.
  • Vous croyez que votre façon d'agir est inappropriée et est à l'origine de ses comportements violents? Vous avez vous-même utilisé de la violence à son égard? Il est possible que votre comportement favorise l'escalade de la violence plutôt que la résolution de conflit. Vous aurez tout le temps de travailler des stratégies d'affirmation positive de vous-même et de résolution de conflit... à condition de rester en vie! L'escalade de la violence a trop souvent une issue fatale, et c'est parfois la femme qui en vient à tuer son (sa) conjoint(e). Ce n'est pas le temps de vous demander si c'est votre faute, c'est le temps d'aller chercher de l'aide! Foutez le camp!
  • Vous avez vous-même un dossier criminel? C'es un autre facteur de risque. Environ la moitié des femmes qui sont tuées par leur conjoint ont un dossier criminel. Certains policiers sont spécialisés en violence conjugale. Peu importe la gravité des erreurs que vous avez commises, vous avez le droit d'être protégée.

Vous lisez ce texte et hésitez? Vous vous demandez si ce que vous vivez est de la violence? Vous n'avez aucun des facteurs de risques mentionnés ci-haut, mais ressentez néanmoins un doute? Rappelez-vous qu'aucune femme n'est à l'abri. Et si vous ressentez de la peur, vous devez absolument être à l'écoute de ce sentiment!

La première étape est de comprendre et de nommer ce qu'on vit. Ensuite, il faut trouver les ressources.

Les dessins animés contre les violences conjugales

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