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28/02/2018 10h:13 CET | Actualisé 28/02/2018 10h:13 CET

"Les gardiens de l'identité culturelle" entre passivité et indifférence!

Anis Mahrsi

Le Palais Husseinite "Dar el Bey" ou encore le palais beylical, est l'un des principaux monuments construits par les Husseinites en Tunisie, un pilier de l'identité de Hammam-lif.

Et pourtant, cet endroit historique délaissé, dans un état déplorable, lamentable est aujourd'hui menacé d'effondrement!

C'est là-bas que les rois résidaient jusqu'à l'abrogation de la monarchie en Tunisie en 1957 et les Beys Husseinites y logeaient en hiver vu les bienfaits des bains de Hammam-Lif.

Les autorités locales et régionales ont essayé d'y évacuer les familles qui l'ont squatté. La dernière tentative a eu lieu le 1er novembre 2017 mais ceux qui l'ont squatté depuis des années ont refusé de sortir et ont tout fait pour empêcher leur évacuation .

La passivité de la société civile et du ministère des Affaires culturelles, qui ont pris les choses à la légère et la question de la restauration du Palais continuent de se poser sans aboutir à une action concrète et à une exécution sérieuse!

D'ailleurs, selon certaines indiscrétions, la volonté d'investisseurs privés ne manquent par pour le restaurer et y implanter un projet à la fois touristique, historique et culturel, mais l'avancement est toujours bloqué par les procédures et la situation judiciaire du Palais.

Pendant ce temps, ce monument est devenu un abri pour les SDF, une demeure sans identité, sans mémoire historique et culturelle!

Cette richesse abandonné risque au fil du temps de perdre ses spécificités.

Il est urgent aujourd'hui que les autorités réagissent au plus vite, d'abord pour protéger ceux qui le squattent de toute catastrophe liée à un éventuel effondrement du Palais et ensuite pour le restaurer.

Cet endroit historique prends l'aspect d'une ruine. La fierté et le symbole de la banlieue sud est laissé à une indifférence des citoyens même de la ville censés le protéger.

À l'époque Hammam-Lif était une référence et une destination touristique, un symbole du régime beylical.

Aujourd'hui cette identité est en voie de disparition. D'ailleurs, ce n'est pas le seul endroit qui a été pris à Hammam-Lif: le Casino, la Sirène, El Hammam el Souri sont autant de lieux oubliés de la mémoire de la ville; et ce sans compter la mer, qui faisait jadis notre fierté et qui est aujourd'hui polluée et classée parmi les zones de baignade interdite.

Les jeunes de Hammam-lif vont-ils se pencher sur ce dossier? Sera-t- il un enjeu du scrutin municipale? L'évocation de ce dossier déclenchera-t-elle des perspectives nouvelles?

On verra.

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