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18/04/2016 09h:13 CET | Actualisé 17/04/2017 06h:12 CET

Homosexualité en Tunisie: Osons un mea culpa

Facebook/Shams

Savez vous pourquoi en tant qu'homosexuels tunisiens, on est encore loin d'être pris au sérieux dans notre pays?

Car la majorité des homosexuels tunisiens se cachent encore derrière un faux profil. Certains renvoient à travers les réseaux sociaux une image caricaturale de l'homosexualité en mettant en avant dans leur profil des photos sexuées d'eux (ou pas) le torse nu, leur fesses, ou encore leurs parties intimes.

Car les homosexuels qui sont dans le domaine artistique et politique en Tunisie ont encore peur de la réaction de "l'opinion publique", ils ne s'assument pas publiquement. Ces personnes qui peuvent renvoyer une image positive des homosexuels, qui contrairement aux préjugés ne sont pas des marginaux, des ratés mais sont des artistes, des politiques... refusent même de soutenir ouvertement les droits des homosexuels. Quand, ils osent le faire, leurs commentaires dans les médias restent très timides, entourés d'énormément de précautions linguistiques dénotant de leur gêne.

Car dans nos films et nos feuilletons, on continue à caricaturaliser les homosexuels. C'est ainsi, ils les représentent comme des hommes efféminés, qui ne servent qu'à amuser la galerie.

J'invite nos scénaristes, nos réalisateurs à creuser un peu, certes c'est plus difficile car ça demande plus d'efforts pour eux de s'éloigner des images toutes prêtes, des clichés simplistes mais ça sera tellement plus intéressant humainement et artistiquement d'essayer d'enquêter sur ce thème.

Ils se rendront compte du calvaire des homosexuels sous nos cieux où chaque jour est un combat pour la survie pour certains dans une société oppressante, hypocrite à l'image d'Ahmed Landolsi qui préfère une homosexualité souterraine avec les cortèges de dangers qui vont avec qu'affronter les choses, voir la réalité en face. Une réalité qui montre que l'homosexualité est ancrée dans nos sociétés, une donnée historique, qu'elle n'est pas l'émanation d'une perversion occidentale, ni un signe des dépravation des mœurs. Non, on ne devient pas forcément homosexuel parce qu'on est élevé dans les jupons des femmes.

Car les association qui défendent les homosexuels en Tunisie refusent de briser l'omerta préférant "la clandestinité", les réunions top secrètes, contrairement à l'ONG Shams qui a fait le choix de rendre ses réunions publiques et a préféré affronter tout le monde en posant publiquement le débat. D'autant plus que ce choix de la discrétion n'a pas été efficace, inutile de s'entêter à aménager une société qui nous ne aménage pas, qui nous malmène, qui refuse de nous voir. Ce forcing, cette médiatisation sont certes périlleux pour certains mais il vaut mieux risquer notre sécurité que de demeurer dans un vase clos, militant entre nous, entre des personnes convaincues par la justesse de notre cause mais méconnus et opprimés ailleurs pendant des années encore.

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