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18/01/2016 09h:16 CET | Actualisé 18/01/2017 06h:12 CET

Une résurrection : la notion de trahison (Première partie)

Les soupçons et les accusations de "trahison", de même que l'épithète de "traître", tous deux associés à l'adjectif "politique", abondent dans l'histoire politique postrévolutionnaire de la Tunisie.

En effet, ces deux termes sont devenus largement utilisés dans le jargon populaire tunisien.

Certains se sont même permis de dresser une liste de ce qu'ils qualifient de "Traîtres de la Révolution", tandis qu'un camp adversaire pointe du doigt les "Traîtres révolutionnaires". Et dans tous ces cas, la trahison est intimement liée aux protagonistes politiques.

Cependant, dans les écrits des auteurs, ces expressions demeurent peu abordées pendant ladite période. Et pour cause, leur définition est un pari périlleux.

Pour les mêmes raisons, et ne disposant pas d'outils linguistiques et terminologiques suffisants, nous n'allons pas nous risquer à en esquisser des définitions contemporaines précises. Nous nous contenterons d'exemplifier ces notions sans, toutefois, prétendre accomplir une tâche parfaite, minutieuse et assez complète.

Nous énoncerons seulement que, dans sa conception simple, la trahison peut être définie comme la rupture du lien basé sur la fidélité, la loyauté ou la confiance, qui lie deux sujets. Cette notion est fondée sur un rapport à trois entre le traître, le trahi et la partie à laquelle profite la trahison.

Dans notre article, aussi bien le traître que le bénéficiaire de la trahison sont des acteurs politiques. Tandis que le peuple et le citoyen-électeur vont endosser, à tour de rôle, le costume du trahi.

C'est, alors, que commence notre fable...

Cinq ans se sont écoulés depuis que la protestation populaire en Tunisie a porté, le 14 janvier 2011, le coup fatal à la dictature. Les petites victoires comme les désillusions de la Révolution et la sale facture de la première Troïka au pouvoir (2011-2014) ont fourni de grandes leçons au peuple tunisien. Ce peuple qui, depuis, est très impatient de goûter aux bonheurs de la liberté et de la démocratie... Et les 612 milles chômeurs tunisiens au bonheur du travail (chiffre de l'Institut National de la Statistique, pour l'année 2015).

Ce sont, désormais, les enseignements politiques de l'implosion de l'actuel parti au pouvoir, Nidaa Tounes, qui sont les plus intéressants pour les Tunisiens.

On a, souvent, cru que le règne d'une nouvelle majorité, idéologiquement homogène, se fait pacifiquement. Mais, ce qui est arrivé à Nidaa Tounes démontre bien que ceci n'est qu'un simple postulat.

Depuis les dernières élections, ce parti politique était dans un état de mort clinique, avant d'exploser. L'onde de choc a touché l'ensemble de la classe politique tunisienne. Les cartes sont, ainsi, rebattues et tous les partis réajustent leurs stratégies.

Cette chute de Nidaa Tounes a mis en évidence le hiatus et l'inadéquation entre les promesses électorales et la gouverne politique, l'absence de visions stratégiques et, surtout, la discontinuité entre les hauts dirigeants du parti au pouvoir. En effet, ce mouvement a été, entre autres, miné par une rupture consommée entre le clan du secrétaire général démissionnaire, Mohsen Marzouk, et celui de Hafedh Caïd Essebsi, "le fils du Président".

Et comme le malheur des uns fait le bonheur des autres, c'est le moment choisi par les anciens CPRistes (le CPR, ancien parti de Moncef Marzouki) et les fidèles de Marzouki pour organiser leur congrès constitutif et annoncer la création de leur nouveau parti "Mouvement Tunisie Volonté" (MTV), en arabe "Harak Tounes Al Irada".

C'est la suite des événements qui nous interrogent...

Nidaa Tounes : la débandade

Très fragilisé, le parti au pouvoir organisait son Congrès consensuel, à Sousse, les 9 et 10 janvier 2016. Ce grand meeting partisan avait eu recours à un accessoire spécial : la touche du Maître islamiste.

Rached Ghannouchi a été, en effet, invité à participer à cet événement clé pour la nouvelle vie de Nidaa Tounes "version 2.0". Et il a même prononcé un discours!

La présence de Ghannouchi peut sembler paradoxale, voire même embarrassante pour certains, quand on sait que Nidaa Tounes a été créé, à l'origine, pour contrer la montée en puissance et la "surdomination" politique d'Ennahdha.

Des politiciens et "militants" pro-islamistes ont, sitôt, qualifié la présence et le discours de leur guide suprême, au congrès du parti au pouvoir, comme "une généreuse main tendue par les islamistes à leurs 'adversaires' afin d'échapper à une guerre civile et à un bain de sang. C'est aussi l'expression d'une volonté affirmée de bâtir ensemble une Tunisie libre, inclusive et démocratique".

Par contre, dans l'autre camp, la présence du "Cheikh" divise la toile, les partisans nidaïstes et, évidemment, les laïcs.

Photos à l'appui, les internautes et blogueurs s'en sont donné à cœur joie, sur les réseaux sociaux, pour se moquer des Nidaaïstes. On y voyait des militants Nidaaïstes qui ont, toujours, stigmatisé et dénoncé les islamistes et qui ont, plus particulièrement, accusé Ennahdha de parrainer le terrorisme, accueillir à bras ouvert Ghannouchi, dans leurs propre congrès. "La belle hypocrisie de Nidaa Tounes !", s'insurgeaient-ils.

Mais, qu'en est-il des adhérents qui ont voté Nidaa, principalement pour supprimer Ennahdha de la vie politique?

Désormais, ils ont réalisé leur rêve de "toucher" leur "bourreau". En effet, pour immortaliser ce moment historique, ils ont pris la pose et fait plusieurs "selfies" avec Rached Ghannouchi. Et on a vu, à Sousse, la même fureur de la foule que pour les statues de cire au musée Madame Tussauds, à Londres !

Certains ont, cependant, relativisé le tollé provoqué par cette présence. Ils ont essayé de mettre les choses dans leur contexte. Il s'agit, pour eux, du tout premier "grand événement" du nouveau Nidaa Tounes (post-scission) et de la nouvelle année politique. Et, donc, il fallait marquer les esprits par un grand "rassemblement" populaire inaugural à la fois "national" et "unificateur".

Ce raisonnement est valide mais manque de précision. À vrai dire, la présence de Rached Ghannouchi au meeting de Nidaa est tout à fait logique dans la mesure où il s'agit du dirigeant d'un "parti allié et ami".

Malheureusement, ce n'est pas l'avis de tous les Nidaaïstes. Il en est ainsi de Fathi Jamoussi, membre du bureau exécutif de Nidaa Tounes, qui a immédiatement annoncé, sur sa page Facebook, sa démission du parti. Il a, précisément, dénoncé l'accueil réservé à Rached Ghannouchi alors que, selon ses dires, il avait "soutenu les ligues de protection de la Révolution", durant le règne de la Troïka.

Ces Nidaaïstes qui n'ont pas apprécié la présence de "Cheikh Rached" ne doivent s'en prendre qu'à eux-mêmes. Car c'est eux qui ont cautionné cette alliance. Et c'est, aussi, eux qui ont exclus leurs frères d'armes opposés à ce "mariage contre nature", de leur parti.

De leur coté, les progressistes et les ultra-laïcs ont perçu ce comportement comme une "haute trahison".

Outre la qualité des invités non-adhérents, et en dépit des réactions mitigées du public et de la classe politique, c'est le discours qui a marqué l'assistance.

Invité à s'exprimer à l'ouverture des travaux du congrès de Sousse, Rached Ghannouchi avait, alors, comparé la Tunisie à "une colombe" (tout comme le logo d'Ennahdha) "dont les deux ailes sont Ennahdha et Nidaa". Son discours a été parfait et il a été même acclamé!

Ghannouchi insinue, donc, une alliance indéfectible et une synchronisation parfaite entre les deux seuls partis "capables" d'assurer l'envol du pays.

Ces propos ont tellement vexé le chef de la troisième force politique du pays (l'UPL) Slim Riahi, présent lui aussi au congrès de Sousse, qu'il a carrément annulé son allocution ; et ce, contrairement au secrétaire général du parti Afek Tounes, Faouzi Abderrahmen.

Un autre fait très marquant, lors du dernier meeting de Nidaa Tounes, a été la présence du Président de la République, Béji Caïd Essebsi, en personne. Et son intervention durant le congrès de son "ancien" parti suscite, encore, des questionnements.

Pour la deuxième fois en moins d'un mois, Béji Caïd Essebsi a mis de côté son costume de Président de la République dans l'objectif de sauver "son" parti. Il faut rappeler, alors, que l'article 76 de la Constitution de la République Tunisienne du 27 janvier 2014 dispose, dans son deuxième paragraphe, que "le Président de la République ne peut cumuler ses fonctions avec aucune autre responsabilité partisane".

Au-delà de ce fait divers, il y a un certain nombre de remarques importantes à faire.

Commençons, donc, par le commencement.

Durant leur campagne électorale, en 2014, les Nidaaïstes ont pu compter sur des relais politiques (progressistes et laïcs), sur des amis intimes et sur des fidèles. Mais ils ont, surtout, été soutenus par un allié de poids et un avocat infatigable: la communauté des intellectuels et spécialistes.

Ladite communauté avait milité, énergiquement, pour convaincre les indécis. Les abstentionnistes endurcis et les citoyens les plus sceptiques ont, cependant, eu le toupet de refuser leur ''offre''.

Le troupeau d'experts, derrière la propagande du "Vote utile", en fait "pro-Nidaa", a été partial et tendancieux. Le temps s'est chargé de démontrer que ces experts avaient totalement tort.

Néanmoins, tout se calcule et tout se paie. Peut-être qu'une fois les élections remportées, les marchands de vote seraient devenus les péripatéticiennes du pouvoir en place... comme au temps de Ben Ali. Et peut-être que certains autres ont été "récompensés". En tout cas, les moins ''gâtés'' d'entre eux ont pu, à la limite, exprimer leur fierté d'avoir réussi à anéantir politiquement Ennahdha. Du moins, c'est ce qu'ils ont cru à l'annonce des résultats définitifs des élections de 2014.

Les prêcheurs du "Vote utile", partageaient, tous, la même vision: conserver une Tunisie francophone dans le giron laïque et républicain, coûte que coûte. Leur instrument privilégié était Nidaa Tounes car il représentait, pour eux, une sérieuse alternative. Cette manœuvre avait, malheureusement, nécessité que les autres partis laïcs et démocrates soient, tous, sacrifiés.

Pour eux, l'alternative à promouvoir était, apparemment, très simple."Voter Nidaa Tounes c'est sauver la Tunisie. Voter Marzouki et/ou les islamistes, c'est le collapse", prévenaient-ils. Et, dans tous les cas, il était hors de question de voter "Islamiste".

Ils étaient probablement fascinés par "la méthode" Nidaa Tounes, pendant la période préélectorale.

Profitant du bilan catastrophique de la Troïka et d'un discours nettement anti-islamiste, Nidaa Tounes, était alors passé en tête des sondages. Mais, les Nidaaïstes veillaient. Pour eux, leur dirigeant "historique" (né en 1926) devait encore soigner son habillement et son image. Ils le voulaient être une parfaite copie de Habib Bourguiba, l'ancien président déchu par Ben Ali.

Accompagné de ses ténors, Essebsi avait donc sillonné presque toute la Tunisie. Et certains discours du leader Nidaaïste avaient été opportunément remaniés, à la dernière minute. Car, en politique, les petites erreurs peuvent entraîner de grands écarts. Et il était, bien entendu, hors de question de laisser voter "Marzouki" et "Ennahdha" dans les élections présidentielles et législatives.

Par des discours émotionnels et exaltés, Béji Caïd Essebsi n'hésitait pas à crier fort, à son potentiel électorat, que "si Bourguiba était vivant, il voterait pour moi".

Il tenait à s'affirmer à la fois face à son public et aux médias. Et, des fois, il en faisait beaucoup trop pour fasciner les gens et les journalistes présents. Comme, par exemple lorsqu'il utilisait des lunettes identiques à celles de Bourguiba, lors des meetings. Certes, c'était une vraie comédie, mais quand même assez formidable!

Monsieur le Président, quelle impression cela fait-il d'être la réincarnation d'un "mythe"?

Depuis la Révolution et surtout après les dernières élections de 2014, beaucoup de Tunisiens ont cru que le temps de la trahison politique et celle des valeurs démocratiques est révolu. Ils pensaient, aussi, qu'il n'y aura plus de place pour une opposition factice qui se rallie à l'autoritarisme du pouvoir. C'est là où les électeurs tunisiens se sont trompés. Ce n'est qu'un constat objectif, au vue des récents événements politiques... en optant pour Essebsi et Nidaa, ils étaient soit candides, soit aveuglement optimistes. Ils n'étaient pas bien conscients des risques, notamment celui d'exclure tous les autres courants démocrates.

En fin de compte, ils ont quasiment reproduit la même fourberie que ceux qui ont justifié leur vote en faveur d'Ennahdha, en 2011, comme étant un choix fondé sur la foi. Pour eux Essebsi serait un "Bourguiba bis".

Pour paraphraser un auteur -Christopher Duggan- et reprendre un titre du Figaro: "Ils y ont cru. Une histoire de la Tunisie d'Essebsi... Le Duce Essebsi oui, l'islamise non".

Le fait que des Tunisiens aient été irrités par le bilan négatif de la Troïka ou de détester Ennahdha est bien légitime. Mais cela ne constitue, en aucun cas, une justification suffisante de leur vote. Un an après les élections, on peut s'interroger sur le bien-fondé de leur choix...

Un proverbe juif dit "attendons pour voir, avec le temps ils vont se dévoiler". Ce dicton est très juste en politique.

Moins de deux mois depuis sa victoire électorale et bien avant son implosion, Nidaa Tounes avait officialisé le rapprochement avec Ennahdha et l'entrée de ce mouvement dans le gouvernement, au nez et à la barbe de leurs partisans les plus hostiles aux islamistes et des ultra-laïcs. Pour certains leaders Nidaaïstes il s'agissait même d' "un scénario exemplaire".

Aujourd'hui, bien des électeurs qui avaient donné leurs voix à Nidaa Tounes parce qu'il s'était présenté comme la seule vraie alternative "anti-Ennahdha", en sont pétrifiés. Ils sont sans voix face à ce changement de cap de leur leader idolâtré et à la cacophonie Nidaaïste. Ils avaient voté "Utile", avant de réaliser que leur vote était, en fin de compte, "Futile" et "Inutile".

Ces mêmes électeurs pensaient, aussi, que voter Nidaa Tounes constituait le meilleur rempart contre le terrorisme. Mais, à cause de la lenteur de l'action politique, combien d'attentats terroristes avons-nous eu, depuis le courant mandat Essebsi-Nidaa, et la coalition gouvernementale?

Les Nidaïstes les plus exaspérés commencent à soupçonner Essebsi d'être, au fond, un Nahdhaoui convaincu. Les Nahdhaouis, eux, en sont impressionnés et ne l'oublieront pas. Ils peuvent savourer le "deal politique du siècle": l'alliance Nidaa/Ennahdha récemment officialisée.

Essebsi est peut-être un homme d'expérience qui se prétend "bourguibiste" avec des idéaux modérés et centristes. Mais, aujourd'hui, on a l'impression qu'il est devenu un dévot de "Cheikh Rached", et un dévot de la présence d'Ennahdha sur la scène politique.

Nous avons là, en effet, un drôle de cocktail laïc-islamiste. Sous l'égide du président de la République, Ennahdha devient l'antichambre du pouvoir. Et les deux vieux leaders que tout oppose -Essebsi et Ghannouchi- s'apprécient tant. Peut-être que chacun est pour l'autre un allié précieux. Mais, pour Ghannouchi, beaucoup plus que pour Essebsi, le président serait le parfait relai de la politique des islamistes en Tunisie, et bien plus encore.

Bien évidemment tout est hypothétique. Mais, voilà donc un chef d'État "laïc" trop proche des "islamistes". C'est le monde à l'envers!

On doit reconnaître, cependant, que tout est possible en politique. L'entente entre Essebsi et Ghannouchi est aujourd'hui, plus que jamais, parfaite. Et le rapport entre ces deux guides suprêmes nous rappelle, étrangement, le rapport Messi-Ronaldo, dans le football international.

C'est-à-dire que seuls les fans et les admirateurs s'entretuent, alors que les deux gloires se respectent mutuellement. Idem pour les deux grands leaders tunisiens ; Essebsi et Ghannouchi discutent "mariage" aux grand dam des deux familles contestataires.

En 2016, le couple Nidaa-Ennahdha passera de la phase de "cohabitation forcée" à un "partenariat symbiotique".

Fini, donc, le temps où Ghannouchi qualifiait les Nidaïstes comme étant "plus dangereux que les salafistes" (plus exactement, "Nida Tounes est plus dangereux que les salafistes", avait-t-il déclaré aux ondes de la radio Shems FM, le 4 octobre 2012). Et fini le temps où Essebsi considérait que "Nidaa et Ennahdha sont deux lignes parallèles qui ne se rencontrent jamais", durant sa campagne électorale.

Apparemment, il n'y a jamais eu de véritable guerre pour que la hache soit enterrée entre ces deux partis antinomiques. C'était, probablement, du bluff électoraliste.

Quoiqu'il en soit, pour beaucoup de tunisiens, cette "cohabitation" harmonieuse entre Nidaa Tounes et Ennahdha inquiète. On craint que cette alliance écrase, progressivement, toute possibilité d'opposition politique et se transforme en dictature.

Les membres de Nidaa Tounes relativisent ces doutes et rétorquent que tant la civilité de l'Etat n'est pas atteinte, leur groupe ne manifestera aucun rejet par rapport aux différents partis politiques du pays. Décidément, seuls les fous ne changent pas d'avis.

Nidaa Tounes connait, actuellement, un vaste remaniement sur fond de scission profonde après un conflit ouvert entre le camp de son secrétaire général Mohsen Marzouk et le camp du "fils du président" Hafedh Caïd Essebsi taxé de "président parallèle" de Nidaa. Un conflit que la presse jaune, jadis inféodée au régime Ben Ali, tentait de relativiser... "Une guéguerre intestine interne", écrivait-on dans un journal. Finalement, Marzouk et plusieurs députés Nidaaïstes (42 au total) ont présenté leur démission définitive et constitueront un ou plusieurs nouveaux partis.

Interrogés sur leur départ, ces nombreux scissionnistes avaient considéré que Nidaa Tounes était devenu un "parti familial" et surtout "le parti du Père et du Fils du président". En démissionnant en bloc, ils dénoncent ainsi le fait que "Nidaa a trahi ses votants et qu'Essebsi en est impuissant". Et ils estiment que leur démission est survenue afin de "répondre aux électeurs qui ont cru au projet originel de Nidaa Tounes", dans le cadre d'un nouveau mouvement politique.

Les citoyens tunisiens, eux, sont impatients de voir la suite du feuilleton Nidaaïste "Mohsen m'a tuer".

En effet, le titre d'un film est parfois le meilleur raccourci pour résumer, en quelques mots, une situation bien complexe. Certains Tunisiens préféreront plutôt "Hafedh, Mohsen et Ridha: les trois assassins". Nous y reviendrons.

Mais qui est, donc, Mohsen Marzouk ?

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